L'intégrité de Philippe Couillard et la question nationale ont été les grands thèmes du débat de deux heures qui a été présenté jeudi soir sur les ondes de TVA.

L'intégrité de Couillard mise en cause

L'intégrité du chef libéral Philippe Couillard a été mise à mal jeudi soir par ses trois rivaux, lors du deuxième débat télévisé des chefs.
La question nationale, sur fond d'échéance référendaire, aura été l'autre grand thème de ce débat de deux heures, qui n'aura pas fait de grand perdant à quelques jours du vote du 7 avril.
Meneur dans la course, M. Couillard a été d'entrée de jeu la cible d'attaques successives et virulentes, tantôt sur ses rapports avec l'ancien directeur du CUSM, Arthur Porter, tantôt sur son choix de placer 600 000 $ dans un paradis fiscal quand il résidait en Arabie saoudite, ou encore sur le fait qu'il compte dans son équipe 18 candidats qui étaient ministres dans le gouvernement Charest et qui ont voté à 11 reprises contre la création d'une commission d'enquête sur la corruption dans l'industrie de la construction.
Sur la défensive, M. Couillard a dû défendre point par point ses positions et son intégrité personnelle. «Je condamne le salissage», a-t-il dit.
Sur le fait qu'il n'a pas payé un sou d'impôt durant ses quatre années de pratique médicale en Arabie saoudite, il a dit avoir toujours respecté les lois fiscales. La coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a reconnu que son geste était légal, mais peut-être pas moral. Elle a suggéré qu'il aurait pu préférer confier son argent à une caisse populaire plutôt que de la placer dans un paradis fiscal à Jersey, à l'abri du secret bancaire.
À propos du Dr Porter, accusé de fraude, M. Couillard a jugé que la chef péquiste Pauline Marois faisait du «salissage par association», un geste «inacceptable».
Mme Marois l'avait piqué au vif en alléguant que M. Couillard avait une association avec le Dr Porter quand il dirigeait le CUSM. Il a nié, disant que les dates ne concordaient pas. «Votre foulard blanc est fort taché», a-t-il dit à la chef péquiste. MM. Couillard et Porter s'étaient associés dans une entreprise qui finalement n'a jamais fonctionné.
Sur la question nationale, les échanges ont été vifs. Encore une fois sur la défensive, le chef libéral a lancé à ses rivaux qu'il était «aussi fier d'être Québécois que vous».
Il a soutenu à nouveau, comme il le fait depuis le début de la campagne, qu'avec la réélection du Parti québécois, il faudrait composer sans aucun doute avec un référendum sur la souveraineté. L'histoire du PQ, c'est «le piège référendaire», selon lui.
Or, «le monde veut rien savoir de c't'affaire-là», a-t-il commenté à propos de la souveraineté du Québec.
Mais contrairement à lui, Françoise David ne croit pas que Mme Marois tiendra un référendum si elle est réélue. Elle lui a d'ailleurs reproché de ne pas parler de son projet souverainiste à la population. «Vous ne faites pas rêver les Québécois du pays», a-t-elle dit.
La chef péquiste s'en est tenue à sa position sur la question, à savoir qu'il n'y aurait pas de référendum «tant que les Québécois ne seront pas prêts».
À ce propos, François Legault a reproché à Philippe Couillard de n'avoir qu'un seul objectif: «faire peur au monde».
À un moment, M. Legault et Mme Marois ont semblé se liguer pour estimer en choeur que M. Couillard ne portait aucun intérêt à la défense de la langue française.
«Je n'ai jamais vu un chef libéral si peu se soucier du français», a lancé M. Legault. «C'est catastrophique», a renchéri Mme Marois, se disant «estomaquée».
Aux yeux de M. Couillard, «le bilinguisme n'est pas une menace, mais un atout», a-t-il fait valoir, en s'engageant à renforcer l'apprentissage de l'anglais en sixième année.
Au sujet de la charte de la laïcité, chacun a réaffirmé ses positions respectives.
Le chef caquiste François Legault s'est attaqué à Mme Marois sur les nominations partisanes, selon lui trop nombreuses et injustifiables. Il a plaidé pour la fin du règne des «copains d'abord». Mme David a réclamé un processus de nomination indépendant.
Le débat diffusé à TVA était animé par Pierre Bruneau.