Jean-Claude Landry de Québec solidaire, Diego Brunelle de la Coalition avenir Québec, Alexis Deschênes du Parti québécois et Jean-Denis Girard du Parti libéral, tous candidats dans Trois-Rivières, ont participé au débat organisé par l'AGE de l'UQTR.

L'idéalisme chaudement applaudi

Il est d'usage de proclamer un gagnant à la suite d'un débat. Et s'il faut en désigner un pour celui organisé mardi par l'Association générale des étudiants de l'UQTR entre les quatre candidats de la circonscription de Trois-Rivières, le premier du genre à se tenir dans la région, on pourrait dire que l'idéalisme a triomphé.
En effet, seules deux interventions enflammées du candidat de Québec solidaire, Jean-Claude Landry, ont suscité des applaudissements nourris plutôt deux fois qu'une, et sensiblement pour la même raison, mais surtout pour son invitation aux étudiants à ne pas laisser au vestiaire leurs espoirs les plus profonds pour satisfaire les aspirations électoralistes des autres partis politiques.
«Ce n'est pas vrai qu'il faut absolument s'enfermer dans un bipartisme à la britannique qui nous fait passer de bonnet blanc à blanc bonnet. Il faut penser à long terme et aux alternatives. Et pour y arriver, il ne faut pas simplement penser en terme de gagner des élections. Vous pouvez contribuer à l'alternative et faire en sorte que des idées puissent se développer et prendre de l'ampleur. De vote stratégique en vote stratégique, on finit par perdre l'espoir», a-t-il lancé dans une envolée.
Cette intervention enflammée était faite après qu'en conclusion de débat, le candidat péquiste, Alexis Deschênes, ait fait un appel aux forces progressistes souverainistes en leur rappelant que dans le système actuel, si on n'a pas le pouvoir, on n'a pas non plus le pouvoir de changer les choses. «Le 7 avril prochain, il y aura une chaude bataille dans Trois-Rivières entre le Parti québécois et le Parti libéral du Québec. Je fais appel à vous. Si on s'unit, on va gagner et faire que Trois-Rivières ne sera pas représentée encore par un député libéral», a-t-il déclaré.
Plus tôt en début de débat, alors que l'animateur Mathieu Roy, président de l'AGE, demandait aux candidats comment ils s'y prendraient pour améliorer le taux de participation des étudiants aux élections, M. Landry a encore obtenu de chauds applaudissements en disant qu'à son avis, il ne suffisait pas seulement de présenter des candidats jeunes pour combattre le cynisme ambiant qui perdure depuis 40 ans, mais qu'il fallait plutôt adopter un système électoral à la proportionnelle qui ferait que contrairement aux dernières élections, 68 % des électeurs n'auraient pas vu leur vote être ignoré.
«Il faut réformer le système et réserver 50 postes pour des députés élus à la proportionnelle. Le PQ était pour ça mais c'est disparu de son programme», a-t-il rappelé.
Dans l'ensemble, le débat n'a pas connu vraiment de moment fort. Tous les candidats possédaient bien la plateforme de leur parti respectif et ont été capables de répondre aux questions sur l'accessibilité aux études, (Alexis Deschênes a dû défendre la position de son parti sur la question des frais de scolarité), le financement des universités, l'exode des jeunes, le développement durable et la privatisation des soins de santé (Jean-Denis Girard a réalisé que le concept des super-cliniques n'était pas bien compris).
La question la plus amusante de l'animateur était la suivante: «Vous êtes élu le 7 avril, qui appelez-vous le lendemain matin, la rectrice ou le président de l'AGE?» Tous les candidats ont répondu qu'ils appelleront la rectrice... pour réclamer une réunion avec l'AGE.
Le mot de la fin est revenu au caquiste Diego Brunelle qui a lancé: «Si vous pensez que ça va bien au niveau de la santé et de l'éducation, qu'on ne paie pas assez de taxes et d'impôts, et que c'est bien comme ça, alors ne votez pas pour moi, votez pour le Parti libéral.»