L'expérience a payé pour Lajoie et Blais

La tâche n'aura pas été facile, mais Steve Lajoie et Guillaume Blais sont de retour sur le haut du podium de la Classique internationale de canots de la Mauricie. Les deux vétérans ont eu le meilleur sur la jeunesse... et sur la météo.
Avant même le début de l'épreuve qui s'est amorcée samedi matin à La Tuque, on se doutait que Lajoie et Blais devraient en découdre avec Christophe Proulx et Samuel Frigon, tous deux âgés de 22 ans, et ce, jusqu'à l'arrivée, 190 km plus au sud à l'île Saint-Quentin de Trois-Rivières. C'est exactement ce qui s'est passé, alors que seulement trois minutes ont séparé les deux duos. Mais au final, le parcours aura été parfait pour les vainqueurs, eux qui faisaient équipe pour la première fois. Ils ont terminé au premier rang lors des trois manches de la Classique avec un chrono de 12 h 59 min 14,480 s.
«Comme nous sommes plus vieux, nous avons plus d'endurance et ça nous laisse une chance sur trois jours. On avait confiance qu'on pouvait gagner les trois manches, mais il fallait le réussir. On s'attendait à une grosse opposition et on l'a eue, mais nous en sommes sortis vainqueurs. On a fait les bons gestes au bon moment. Je pense qu'on avait une petite coche de plus sur eux», a analysé Lajoie après sa victoire, sa neuvième en Mauricie.
À chaque épreuve, le duo vainqueur a été en mesure d'améliorer son écart avec Proulx et Frigon de plus ou moins une minute. Lundi, les deux embarcations se suivaient jusqu'à l'arrivée à Trois-Rivières. Mais l'expérience a fait la différence pour créer l'écart de 30 secondes à l'arrivée.
«Lorsque nous sommes arrivés à la hauteur du Maïkan, il y a eu une vague de bateau. On a vu Christophe passer devant, mais nous avons réagi au même moment en sachant que nous allions pouvoir faire un bout sur celle-ci», a analysé Blais à propos du sprint final. Une opinion que partageait entièrement le canot adverse.
«La vague du bateau, c'est ce qui a fait la différence, a souligné Proulx. L'expérience des gars a paru. Ils sont de multiples champions, alors que nous sommes encore dans l'apprentissage au niveau de la Classique. C'est notre meilleure position à vie, alors on est bien content. On n'a pas été chanceux. J'ai eu des crampes à la première journée, et la deuxième, le froid nous a vraiment affectés. Les astres n'étaient peut-être pas alignés, mais on a beaucoup appris.»
«Chaque occasion qu'ils avaient de nous faire perdre un peu d'énergie, ils en profitaient, alors que nous, nous ne réussissions pas à faire de même», a ajouté Frigon au terme de l'épreuve.
Au terme de l'épreuve, le jeune duo ne savait pas s'il serait en mesure de tenter sa chance à nouveau l'année prochaine, puisque Christophe Proulx prévoyait prendre une année sabbatique.
«Si je décide de faire la Classique, c'est certain que Samuel va avoir mon appel.»
Un Pellerin sur le podium
En remportant la victoire lundi, Guillaume Blais a inscrit son nom sur la coupe McCormick pour une troisième année de suite, un tour du chapeau. Or, lors des deux dernières éditions, c'est en compagnie de Mathieu Pellerin qu'il s'était illustré. Ce dernier ayant pris une année de repos, c'était maintenant à Jimmy et Tommy de permettre à la famille de rester au sommet, eux qui se retrouvaient dans des canots séparés. Finalement, c'est Jimmy, en compagnie de Joël Lacroix, qui a franchi la ligne d'arrivée en troisième place. Tommy, en compagnie de Beneidet Schlimmer, s'est emparé de la sixième position.
La météo fait des siennes
Cette 84e Classique internationale de canots de la Mauricie n'aura pas été des plus clémentes pour les compétiteurs. Non seulement faisait-il froid, mais la pluie qui s'est abattue sur la région dimanche a causé bien des maux aux athlètes. Certains ont chaviré, d'autres ont frôlé l'hypothermie. Fort heureusement, la rivière était des plus calmes, et les vagues presque absentes.
«La météo, c'était vraiment difficile pour tout le monde. Dimanche, nous avons travaillé en groupe, ce qui nous permettait de nous reposer», a raconté Lacroix.
«Il faisait très froid. La deuxième journée, c'est la plus longue, et en plus, tu as fait cinq heures d'effort la veille. Au moins, lundi, comme on part plus tard et que ce n'est que d'une durée de trois heures, c'était plus facile», a conclu Lajoie.
Une équipe mixte dans le top 10
Après avoir frôlé le top 10 l'année dernière, le duo de Trevor Robinson et Edith MacHattie a fait encore mieux en 2017. Les deux Saskatchewanais ont pris la 10e place de la Classique avec un temps de 13 h 31 min 31,250 s, ce qui leur a valu la première place dans la catégorie.
Chez les seniors, Guy Rousseau et Joe Manns l'ont emporté avec le 13e temps parmi tous les compétiteurs, alors que les légendes américaines Bruce Barton et Salomon Carriere ont fait de même chez les vétérans. Finalement, dans la catégorie toute féminine, Gwen Hills et Virginie Lefebvre ont remporté la palme.
Résultats
• 1 Guillaume Blais / Steve Lajoie 12:59:14.480
• 2 Samuel Frigon / Christophe Proulx 13:02:05.980
• 3 Jimmy Pellerin / Joël Lacroix 13:05:54.750
• 4 Matthew Rudnitsky / Trevor Lefever 13:16:46.700
• 5 Kyle Stonehouse / Michael Davis 13:19:33.160
• 6 Tommy Pellerin / Beneidet Schlimmer 13:20:06.350
• 7 Shane Macdowell / Graham Smith 13:21:51.880
• 8 Weston Willoughby / Rich Lauth 13:25:05.430
• 9 Éric Gagnon / Pierre-Olivier Quesnel 13:27:42.310
• 10 Trevor Robinson / Edith MacHattie 13:31:31.250