Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, est venu rassurer les intervenants régionaux en affirmant que les services de laboratoire offerts au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières allaient y demeurer.

Les services de laboratoire resteront à Trois-Rivières

Le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières et l'Agence de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont poussé un grand soupir de soulagement, mardi après avoir appris de la bouche du ministre de la Santé, Réjean Hébert, que les services de laboratoire offerts au CHRTR allaient demeurer à Trois-Rivières et non pas être transférés vers Sherbrooke.
«Les inquiétudes qui ont été soulevées ne sont pas avérées. Il n'est pas question de changer quoi que ce soit dans la procédure des laboratoires pour la Mauricie et le Centre-du-Québec», a lancé le ministre de la Santé aux médias, à la sortie d'une rencontre en compagnie du ministre régional, Yves-François Blanchet, de la présidente du conseil d'administration du CHRTR, Christiane Bonfanti, et du président et directeur général de l'Agence de santé Mauricie et Centre-du-Québec, Gaétan Lamy.
Ainsi, le ministre est venu calmer la tempête qui avait été déclenchée par la sortie publique des médecins Christian Carrier et André Poirier qui craignaient que les activités d'analyse effectuées à Trois-Rivières soient réduites de 28 % en raison d'une réorganisation administrative reliée au projet Optilab.
Le scénario de ce projet, qui vise à améliorer la performance des laboratoires au Québec, prévoyait le transfert vers Sherbrooke de certaines activités des CSSS de Drummond et d'Arthabaska-et-de-l'Érable présentement traitées à Trois-Rivières. Même le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, avait dénoncé les intention du ministère.
Or, même si toutes ces inquiétudes ont été soulevées en raison d'un rapport effectué dans le cadre du projet d'Optilab, le ministre Hébert a assuré, hier, n'avoir jamais eu l'intention de transférer des services trifluviens vers Sherbrooke.
«Il n'y avait pas eu de décision de prise quant au plan d'action et la suite à donner à Optilab. Ce que je peux vous dire, c'est qu'il n'a jamais été dans mon intention de transférer quoi que ce soit de Trois-Rivières», a-t-il mentionné tout en vantant les mérites de l'établissement trifluvien.
«Le CHRTR est un établissement bien géré et bien gouverné. (La visite) a permis d'entendre les préoccupations du CHRTR et j'ai aussi réaffirmé le rôle important que le CHRTR joue au niveau régional. L'organisation des laboratoires à Trois-Rivières est un modèle. Il n'est pas pertinent et pas opportun de changer quoi que ce soit.»
En ce qui concerne certains tests de laboratoires «surspécialisés», ils continueront d'être transférés vers Montréal ou Sherbrooke, comme c'était déjà le cas.
Quant aux craintes émises publiquement par le président de la FMSQ, le ministre Hébert a simplement rappelé qu'il n'avait pas eu l'intention de transférer des services vers son comté. «Je laisse au docteur Barrette les informations qu'il a transmises.»
Ironiquement, cette visite du ministre survient au même moment où six associations de médecins s'unissent dans une même sortie publique pour demander au ministre de la Santé de retarder l'exécution de son plan Optilab.
La lettre, publiée dans Le Nouvelliste mercredi matin, est signée par l'Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, l'Association des pathologistes du Québec, l'Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec, l'Association des médecins biochimistes du Québec, l'Association des médecins généticiens du Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
La présidente du C.A. soulagée
Aux côtés du ministre de la Santé, le ministre régional Yves-François Blanchet était également tout sourire en cette semaine fort chargée pour son territoire. «Je suis très content que tout le monde soit apaisé et satisfait», a-t-il mentionné avant d'imager la situation bien à sa façon. «J'ai un peu l'impression qu'il y a un patient tout à fait en santé qui a eu l'impression d'être convoqué à l'hôpital. Il a exprimé des inquiétudes et son docteur est venu lui dire qu'il n'avait pas à s'inquiéter.»
Pour sa part, bien entourée des ministres, la présidente du conseil d'administration du CHRTR, Christiane Bonfanti, a indiqué avoir apprécié cette visite des représentants du gouvernement Marois. «Nous sommes tout à fait soulagés car nous avions des inquiétudes à partir des informations que nous détenions. Nous avons pu être rassurés», a-t-elle fait savoir aux médias.
Par ailleurs, le ministre Hébert effectuera une nouvelle annonce en lien avec le CHRTR, vendredi. Questionné à savoir s'il s'agissait d'une annonce liée à un service d'hémodynamie, il a simplement glissé «on verra», avec un large sourire.