Les rodéos et autres compétitions animales sont suffisamment encadrés et présentent des pratiques vétérinaires exemplaires, croit le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Laurent Lessard, responsable de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.

Les rodéos sont suffisamment encadrés

Les rodéos et autres compétitions animales sont suffisamment encadrés et présentent des pratiques vétérinaires exemplaires. C'est du moins l'avis du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Laurent Lessard, responsable de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal.
Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, Laurent Lessard<strong></strong>
Questionné jeudi par le journal Le Soleil, le ministre Lessard s'est ainsi porté, en quelques sortes, à la défense de la pratique qui est actuellement attaquée devant la justice par une demande d'injonction visant à interdire la tenue du rodéo urbain à Montréal dans le cadre du 375e anniversaire de la ville. Le jugement qui sera rendu dans cette affaire pourrait faire jurisprudence en ce qui concerne les activités de rodéo au Québec et la cause est activement suivie par toute l'organisation du Festival western de Saint-Tite, qui ne cache pas y jouer sa survie.
«Les rodéos sont encadrés par des pratiques vétérinaires exemplaires. Ils ont des codes. On pense pour l'instant que l'encadrement est suffisant», a déclaré le ministre au Soleil.
Dans cette affaire, le demandeur, le professeur en droit Alain Roy de l'Université de Montréal, estime que le rodéo et les compétitions qui l'entourent vont à l'encontre de la Loi sur le bien-être et la sécurité animale et que le gouvernement aurait eu toute la latitude d'exclure ces activités de la législation, comme il l'a fait avec les activités d'enseignement, de recherche ainsi que les pratiques agricoles. M. Roy estime que l'argumentaire de la préservation de la culture et de la sauvegarde de retombées économiques pour une région ne peut primer sur l'établissement des règles de droit qui sont incluses dans cette nouvelle loi, adoptée en décembre 2015.
Le ministre Lessard indique que toute la réglementation qui doit découler de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal n'a pas encore été mise en place. Les usines à chiots ont été le premier enjeu auquel Québec s'est attardé, dit-il.
«Ça n'empêche pas quelqu'un de vouloir tester la loi, constate le ministre. (...) Si la loi ou les tribunaux donnent des orientations différentes, on verra. Mais, pour l'instant, on est plus à bâtir les règlements qu'à penser que les rodéos ne font pas les choses correctement.»
«C'est encourageant», Pascal Lafrenière
Appelé à réagir aux propos du ministre Lessard, le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, s'est dit encouragé de voir cet appui ministériel venir défendre ce que l'organisation prône depuis le début. «C'est encourageant car, pour nous, c'est un enjeu primordial. C'est un appui tangible qui prouve que notre façon de faire, elle est reconnue. Ce que ça me dit, c'est que la pensée que nous avons que nous faisons les choses correctement, elle est aussi reconnue», mentionne Pascal Lafrenière.
Rappelons par ailleurs qu'une pétition a été mise en ligne sur la page Facebook de Wildtime Productions, qui chapeaute l'organisation des rodéos de Saint-Tite. La compagnie a invité les amateurs de rodéo ainsi que ceux qui souhaitent ajouter leur voix à l'organisation pour la défense de ces événements à signer la pétition en ligne.
La demande d'injonction déposée par le professeur Alain Roy sera débattue en Cour supérieure du côté de Montréal le 16 juin prochain. Le Festival western de Saint-Tite, qui organise le rodéo urbain du 375e anniversaire de Montréal, y sera représenté par ses avocats.
Avec la collaboration du journal Le Soleil