Le chef libéral Philippe Couillard était de passage chez Qualitech, à Trois-Rivières; il en a profité pour discuter avec une étudiante, Jenny Saultry.

Les libéraux promettent de dynamiser les programmes

Jenny Saultry a volé la vedette mardi, lors de la visite du chef libéral Philippe Couillard, chez Qualitech, à l'occasion d'un point de presse qui portait sur la valorisation de la formation technique et professionnelle. Au moment où le chef libéral se préparait à remonter dans son car de campagne, il s'est arrêté parler à des étudiants au travail et plus particulièrement à une jeune fille, étudiante en première session. À l'issu de son point de presse, Philippe Couillard venait juste de déclarer qu'il fallait plus de jeunes femmes dans les métiers non traditionnels. Il a donc voulu savoir quel itinéraire avait suivi mademoiselle Saultry pour arriver au cours de carrosserie chez Qualitech.
«J'ai grandi dans un garage avec mon papa et dans ma famille, y'a jamais rien eu de vraiment impossible pour nous», a-t-elle expliqué. «Personne ne vous a dit: tu es une fille, tu ne peux faire ça?», a insisté Philippe Couillard. «Non, moi ma mère était dans l'armée», a répliqué en riant la jeune femme, impressionnée tout de même de voir tant de caméras tourner autour d'elle.
«Et quelle est votre ambition dans la vie?», a encore demandé M. Couillard. «Avoir mon propre garage», a répondu l'étudiante, comme si la chose allait de soi. «Formidable!», a répliqué le chef libéral, enchanté d'apprendre que la classe de Jenny comptait trois autres filles. «Notre force, c'est qu'on est minutieuses», a poursuivi l'étudiante avec aplomb avant de retourner à son examen qui consistait à vérifier le fonctionnement d'une fenêtre électrique.
Quelques minutes auparavant, Philippe Couillard avait rencontré la presse sur le thème de la formation et de l'essor économique du Québec, mais non sans au préalable avoir lancé aux autres chefs le défi de dévoiler leur situation financière, ainsi que celle de leur conjoint.
Le chef libéral était arrivé détendu, flanqué des candidats de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard et de Champlain, Pierre-Michel Auger, sans doute quelques minutes à peine après avoir pris connaissance du sondage Léger prédisant un gouvernement libéral majoritaire. C'est la deuxième fois que Philippe Couillard arrive en Mauricie précédé d'un sondage favorable aux libéraux: sondage qu'il ne commente pas, mais qui «vont dans le sens ce que qu'il sent sur le terrain».
Et à ce propos, le chef libéral n'a pas nié que la Mauricie était importante pour lui. On ne compte plus les passages qu'il y a faits, avant et pendant la campagne électorale. Et c'est encore en Mauricie qu'il devrait être dès le lendemain du dernier débat, vendredi. «Bien sûr la Mauricie est importante mais tout le Québec l'est», a-t-il confié, avant d'ajouter plus tard qu'il sent «une réponse très positive» dans la région.
Philippe Couillard était chez Qualitech pour présenter des mesures visant à dynamiser les programmes de formation professionnelle et technique et à assurer des établissements universitaires de qualité.
Rappelant sa promesse de créer 250 000 emplois d'ici cinq ans, il veut s'assurer que les Québécois ont les qualifications requises pour répondre aux exigences du marché du travail, ce qui n'est pas le cas actuellement, particulièrement dans la région.
«Un gouvernement libéral misera sur les formations professionnelles et techniques afin de bien préparer nos jeunes et d'offrir une formation continue aux travailleurs, a-t-il assuré. D'ici 2020, c'est 1,4 million de postes qui devront être comblés, dont 31,7 % exigeront minimalement une formation professionnelle ou technique et 40 % une formation universitaire», a-t-il rappelé.
Un gouvernement libéral s'inspirera du modèle allemand des écoles de métier afin d'intégrer davantage de stages en entreprise dans les programmes de formation professionnelle et technique. En Allemagne, la formation professionnelle est très valorisée, a insisté M. Couillard qui aimerait que ce soit aussi la cas au Québec. Les libéraux s'engagent aussi à assouplir les règles d'entrée pour les formations menant à des diplômes d'études professionnelles (DEP), à des attestations d'études collégiales (AEC) et à des diplômes d'études collégiales (DEC).
Dans la même veine, le PLQ veut également offrir davantage de parcours variés en formation professionnelle et collégiale (DEP, AEC, DEC) pour encourager plus de jeunes et d'adultes à se donner une bonne formation pour occuper un métier bien rémunéré. Il assouplira donc la bureaucratie pour les commissions scolaires et les cégeps afin qu'ils puissent offrir plus rapidement des formations répondant aux demandes du marché. M. Couillard a par ailleurs insisté sur la place qu'il faut faire aux filles dans les métiers non traditionnels.
Il a aussi abordé la question du financement des universités et l'importance de les accompagner tout en exigeant une gestion des deniers publics rigoureuse. Dans cette optique, il s'engage à favoriser une augmentation des revenus autonomes des universités en développant la commercialisation des brevets universitaires et en favorisant la culture philanthropique.
«Le Parti québécois a agi sournoisement avec les universités, mais aussi avec les étudiants québécois en leur cachant la véritable hausse péquiste des frais de scolarité. En diminuant le crédit d'impôt pour frais de scolarité ou d'examen de 20 % à 8 %, le Parti québécois laisse tomber les étudiants issus de la classe moyenne et à faibles revenus», a conclu Philippe Couillard.