L'UQTR s'apprête à mettre en place des mesures de compression de l'ordre de 2,48 M$.

Les étudiants passeront à la caisse à l'UQTR

Pour atteindre son équilibre budgétaire en 2014-2015, l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s'apprête à mettre en place des mesures de compression de l'ordre de 2,48 M$, tout en comptant sur des revenus supplémentaires d'un peu plus de 2 M$.
<p>Mathieu Roy, président de l'Association générale des étudiants de l'UQTR.</p>
<p>Johanne Giguère, vice-rectrice à l'administration et aux finances.</p>
Ainsi, ce sont près de 4,5 M$ additionnels que l'institution trifluvienne souhaite engranger, et les 10 120 étudiants projetés dès septembre devront apporter leur pierre à l'édifice. Selon le document de présentation déposé au conseil d'administration du 9 juin par la vice-rectrice à l'administration et aux finances, Johanne Giguère, et dont Le Nouvelliste a obtenu copie, c'est un effort de 685 000 $ qui sera demandé aux étudiants, soit en augmentation de certains frais, sinon en réduction de services.
Ainsi, l'institution universitaire prévoit l'ajout d'un nouveau montant de frais institutionnels obligatoires de 60 $ par tranche de trois crédits pour les étudiants qui effectueront des stages au courant de l'année 2014-2015. Cette décision permettra à l'université de recueillir une somme de 240 000 $.
L'Association générale des étudiants de l'UQTR (AGEUQTR) ne cache pas son mécontentement face à l'instauration de ces frais inédits. «Nous sommes fortement déçus, souligne Mathieu Roy, président de l'association. Cette situation attriste beaucoup l'AGEUQTR et affectera un grand nombre d'étudiants.»
L'université envisageait de prime abord d'instaurer des frais de 80 $ par tranche de trois crédits, mais à la suite des pourparlers avec l'association étudiante, ce montant a été réduit à 60 $. «Si l'an prochain le gouvernement assouplit ses mesures, on pourrait réviser nos dépenses, réviser nos revenus et peut-être offrir des nouveaux services», souligne Mme Giguère.
En contrepartie, l'AGEUQTR a suggéré à l'administration de majorer de 4 $ les frais généraux d'inscription, qui passeront de 45,03 $ à 49,03 $, une hausse d'un peu plus de 8 %, pour des revenus additionnels de 120 000 $. «Cette augmentation a été proposée par l'AGEUQTR. Nous préférions une solution qui touchait l'ensemble des étudiants au lieu de faire porter un trop lourd fardeau à une minorité. Ça va sûrement créer une certaine bisbille auprès de nos membres, croit M. Roy, mais avec les explications qu'on va leur donner, ils comprendront que c'était le bon choix à faire.»
Également, l'UQTR coupera une tranche de 325 000 $ de ses dépenses engagées au bureau du service aux étudiants et à la réussite étudiante, dont le mandat est d'aider et de soutenir le corps estudiantin dans ses projets d'études.
Cette résolution inquiète l'AGEUQTR. «La coupure est loin d'être rassurante. Elle va affecter l'ensemble des étudiants, mais particulièrement ceux qui sont en difficulté et qui ont des problèmes d'apprentissage. Advenant que des montants imprévus soit débloqués, l'AGEUQTR a demandé à l'université de les réinjecter prioritairement aux services aux étudiants.»
Comme elle ne sait pas exactement où la faux tombera, l'association craint que les services aux étudiants perdent en efficacité, entre autres en ce qui à trait aux soins de santé, au soutien psychologique et à l'aide à la recherche de bourses. «C'est énorme comme coupure», proteste M. Roy. À ce propos, l'administration veut remettre les étudiants en confiance. «Les coupures seront effectuées dans le support administratif. On ne touchera pas aux services essentiels. On va procéder par attrition de postes. Il n'y aura donc pas de fermeture de poste non vacant», insiste Mme Giguère.
D'autres mesures sur la table
Durant son année financière 2014-2015, l'UQTR souhaite instaurer d'autres compressions qui, si elles ne touchent pas directement les étudiants, auront un impact réel ou relatif sur l'ensemble de la communauté universitaire.
En outre, les frais indirects de recherche seront augmentés de 250 000 $, les frais de cours de l'Université du troisième âge seront bonifiés de 105 000 $ et le fonds de stationnement destiné au développement et à l'entretien du parc de stationnement transférera, sous forme de prêt sans intérêt, 500 000 $ vers le fonds de fonctionnement général de l'université. De plus, l'UQTR s'attend à utiliser au mieux 400 000 $ en prorogeant le moratoire sur le remplacement des ordinateurs destinés aux professeurs et aux chargés de cours, tout en réduisant de 250 000 $ ses débours en informatique.
Enfin, le bureau du rectorat tablera sur une réduction de ses dépenses de communication de 275 000 $, une diminution des frais généraux de représentation, de déplacements et de commandites (150 000 $), et rationalisera les parutions papier de la bibliothèque à hauteur de 200 000 $.
En somme, «notre travail ce n'est pas de faire des profits, notre travail c'est d'équilibrer notre budget, c'est-à-dire rendre des services à la hauteur du financement qu'on obtient», conclut Mme Giguère.