Le pauvre Marvin Cüpper a encore fait les frais d'un bombardement en règle mardi soir lors du troisième match de la série entre les Cataractes et le Drakkar. Son brio a permis aux siens de s'en tirer avec un revers de 3-0 qui aurait facilement pu se traduire par un carnage.

Les Cataractes au bord du gouffre

La saison des Cataractes ne tient plus qu'à un fil. Mardi soir, les équipiers de Martin Bernard ont été poussés au bord du précipice par le Drakkar de Baie-Comeau, qui a contrôlé les échanges de la première à la dernière minute pour signer un gain de 3-0.
Péchant par indiscipline lors des deux premiers matchs à Baie-Comeau, les Cataractes n'ont pas retenu la leçon, offrant rien de moins que 10 avantages numériques à leurs puissants visiteurs! Au volume, Marvin Cüpper, qui va empester le caoutchouc lorsqu'il prendra l'avion pour retourner chez lui en Allemagne à la fin de la semaine, a fini par céder trois fois sur 53 tirs.
Cüpper a quand même permis à la foule décevante d'un peu plus de 2000 personnes de croire à une possible victoire pendant une grosse partie de la soirée. Il a été divin particulièrement en première période alors qu'il a fait face à un barrage de 25 tirs, n'étant battu que par un lancer parfait de Jérémy Grégoire au cours d'un double avantage numérique.
Le Drakkar a doublé son avance en début de deuxième période, alors que son quatrième trio s'est moqué du premier des Cataractes en allant chercher un autre filet. Cette fois, le but est venu de la palette de Robbie Graham qui a terminé un bel échange au cours d'un surnombre à trois contre un.
Cet écart de 2-0, le Drakkar l'a ensuite habilement préservé. Philippe Cadorette a dû se signaler devant Brandon Gignac sur une échappée de l'électrisant petit attaquant, mais pour le reste, il a vu ses coéquipiers défendre l'enclave comme si leur vie en dépendait, ce qui a laissé les locaux avec une poignée seulement de tirs dangereux.
La fin du match a été tumultueuse, après que le Trifluvien Francis Turbide ait marqué le troisième filet des siens. Bokondji Imama a notamment bondi au coeur d'une mêlée pour frapper d'un coup de poing Zach Taylor, qui ne l'a jamais vu venir. Taylor doit remercier les dieux du hockey qu'Imama ait raté son menton par quelques centimètres sinon, il se serait réveillé à l'hôpital.
«Je n'ai pas vu le geste d'Imama, mais je trouve que les officiels ont fait un excellent travail pour veiller à la sécurité des joueurs sur la glace. (Sébastien) Gauthier s'en est pris pour une troisième fois en deux matchs à Zykov... Ce sont des choses qui arrivent dans le hockey, les arbitres ont bien géré le match», soulignait Éric Veilleux.
Vous vous doutez bien que Martin Bernard n'avait pas la même lecture des événements. «Moi aussi, si j'avais eu droit à 10 jeux de puissance, j'aurais trouvé que les arbitres avaient bien géré le match! Le geste d'Imama était gratuit. On a eu un joueur (Evan Scott) qui a été suspendu pour un geste similaire il y a quelques jours. J'espère qu'on va punir le geste, pas la conséquence.»
Les officiels Nicolas Dutil et Dominic Bédard ont connu une soirée particulièrement éprouvante, mais Bernard a reconnu que son club ne pouvait se permettre autant de visites au cachot.
«C'est notre talon d'Achille en ce moment, nous en sommes conscients. Ce soir, nous n'avons pas réussi à nous ajuster à un arbitrage complètement différent de celui à Baie-Comeau. Il faut régler ça parce qu'à cinq contre cinq, on n'a pas si mal fait les choses. Offensivement, on a créé certains temps forts, même si ça n'a pas débouché en une grosse quantité de chances de marquer. On peut tout de même bâtir là-dessus.»
Bernard disait ne s'inquiéter nullement du moral de ses troupes, qui pourraient tomber en vacances dès ce soir. «On fait face à l'élimination depuis le début de la saison!»
Veilleux assurait pour sa part ne pas croire que cette série était terminée, malgré cette avance de 3-0. Plusieurs fois, le pilote du Drakkar a refusé de dire qu'il espérait en terminer au plus vite afin de bénéficier de quelques jours de repos avant la prochaine ronde.
«On ne pense pas à ce genre de choses. On y va un match à la fois. La quatrième, c'est toujours la plus difficile à aller chercher. Les Cataractes vont se battre pour leur survie, je suis certain qu'ils vont se débattre.»
Les hostilités reprennent ce soir à 19 h.