Les bottes Boulet, 75 ans plus tard

Trois générations ont su préserver l'authenticité et la compétitivité de G.A. Boulet à Saint-Tite. Au lendemain du 40e anniversaire du Festival western, les frères Guy, Louis et Pierre Boulet célèbrent cette année le 75e anniversaire de l'entreprise familiale, celle-là même qui est à l'origine du rendez-vous annuel des cow-boys dans la petite municipalité.
Le secret de la durabilité de G.A. Boulet, dans un domaine où l'Italie, le Mexique et la Chine font des ravages, réside en grande partie dans le procédé de fabrication utilisé pour tous ses produits, le procédé à trépointe Goodyear, indique l'actionnaire Guy Boulet.
Fondée en 1933 par Georges-Alidor Boulet, grand-père de l'actuelle députée de Laviolette et ministre des Transports Julie Boulet, l'entreprise de fabrication de chaussures comptait à l'origine six employés cadres et 25 à 30 ouvriers peu ou pas qualifiés.
L'entreprise a connu de douloureux moments, notamment après avoir fourni la Défense nationale pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'importation de chaussures d'autres pays touche également tous les fabricants du pays, qui luttent pour leur survie.
C'est la deuxième génération, formée de Roger, Robert et Reynald Boulet, qui orientera la production vers la botte western, celle-là même qui a permis à l'entreprise de survivre dans un contexte difficile.
«Quand l'Italie a commencé à attaquer le marché avec ses chaussures mode à petites semelles cimentées, ça a affecté les usines de chaussures au Canada qui ont essayé de s'ajuster. C'était très coûteux. Elles ont suivi un moment puis le Mexique et la Chine sont arrivés», raconte Guy Boulet.
«Ici, on utilise le procédé à trépointe Godyear, qui est plus complexe et plus ancien que ce qui est utilisé dans la chaussure en général. Dans le domaine western, ce sont des critères importants pour fabriquer de vraies bottes. C'est ce qui a permis à la compagnie de continuer à bien fonctionner», poursuit-il, expliquant qu'il en résulte des bottes durables qui se réparent bien lorsque une des deux semelles qui les composent s'use.
La Chine a maintenant commencé à utiliser ce même procédé.
Mais encore là, G.A. Boulet garde des cordes à son arc.
Depuis une quinzaine d'années, l'entreprise a entrepris un retour vers ses clients institutionnels, un autre marché qui peut parfois représenter la moitié de la production de Saint-Tite.
Le virage était rendu nécessaire lorsque la botte de cow-boy a cessé d'être un élément mode vers 1993.
Les services correctionnels du Québec, la Sûreté du Québec, plusieurs corps policiers municipaux ainsi que la Défense nationale et la Gendarmerie royale du Canada s'inscrivent maintenant au nombre des clients de G.A. Boulet.
Les étapes de production, pratiquement toutes artisanales, assurent aussi une flexibilité que n'ont pas les grandes chaînes de montage.
Près de 300 modèles sont déjà prêts à être livrés, mais des possibilités quasi infinies de couleurs, de matériaux et de finitions sont sur la table.
«Ça a été un avantage sur bien des compagnies américaines qui font parfois faire leur production en partie au Mexique ou directement en Chine», explique M. Boulet.
Sous la direction des trois frères, fils de Roger Boulet et petits-fils du fondateur, G.A. Boulet compte aujourd'hui près de 200 ­employés qui produisent chaque jour 800 ­paires de bottes, vendues entre 200­$ et plus de 700­$.
Elles sont exportées partout dans le monde.
La renommée de l'entreprise, qui a chaussé «90­% de tous les artistes venus au Festival western» y compris Kenny Rogers l'an dernier, n'est plus à faire.
Mais plusieurs ignorent encore que c'est le père et l'oncle des actuels actionnaires qui ont donné forme à ce qui est aujourd'hui l'un des plus gros événements du Québec en 1967.
À l'époque, en deux jours, le rodéo qu'ils avaient organisé avait accueilli 5000 à 6000 ­visiteurs.
L'an dernier, le Festival western en a accueillis 725­000 en 10 ­jours.
Aujourd'hui
- Journée Pur country avec spectacles de Manon Bédard (13h45) et Renée Martel (19h30)
- Soirée anniversaire du CJE Mékinac avec Éric Masson
- Spectacle du groupe Boulevard