Les autocollants dénonçant le projet de loi 3 font déjà partie du paysage de plusieurs villes et on fait leur apparition depuis peu à Trois-Rivières.

«Les autocollants sont là pour rester»

Depuis quelques jours, les policiers de Trois-Rivières se promènent avec des autocollants portant la mention «On n'a rien volé (nous)», sur leur veste pare-balles et sur leur véhicule. Un moyen de pression qui fait suite à une directive provinciale de la Coalition syndicale pour la libre négociation. Ce geste vise à dénoncer le projet de loi 3 visant à favoriser la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal.
La méthode utilisée par le syndicat ne fait pas l'affaire de la Ville de Trois-Rivières qui lui a fait parvenir une lettre mardi l'obligeant à retirer les autocollants dans la prochaine semaine.
«On n'est pas en désaccord qu'ils soient contre cette loi-là, cependant ils ne doivent pas se servir des équipements de la Ville pour faire passer le message, ils doivent trouver une autre manière», explique Yvan Toutant, porte-parole de la Ville de Trois-Rivières. «Ce n'est pas une négociation entre la Ville et le syndicat. Les ententes sont signées en bonne et due forme. C'est un accroc aux différentes conventions qui sont signées lorsqu'il y a manifestation et que nous n'en sommes pas responsables», ajoutant au passage que la situation de Trois-Rivières n'est pas aussi dramatique que dans d'autres villes québécoises. Si la Ville se bute à un refus d'obtempérer, M. Toutant mentionne que la Ville s'assurera de faire retirer les autocollants et refilera la facture au syndicat.
Du côté du syndicat, on s'explique mal cette réaction de la Ville et on n'a nullement l'intention de plier l'échine. «Les autocollants sont là pour rester», tranche Serge Mailloux, vice-président du syndicat des policiers de Trois-Rivières. «À Trois-Rivières, jusqu'à date, ça allait bien. Je ne comprends pas. S'ils veulent qu'on aille plus loin, on va aller plus loin. Mais c'est pas le but, on veut pas partir en guerre contre la Ville.»
Il ajoute que le moyen utilisé n'est pas «hyper dur». «Dans certaines villes, les employés sont rentrés au travail en pantalons de combat mais nous, nous n'en sommes pas là. Par contre, si la Ville commence à vouloir nous faire du trouble, on va changer de vitesse.»
Son incompréhension est d'autant plus grande que, selon lui, la grogne face au projet de loi dans sa forme actuelle est généralisée dans le milieu municipal. «Je ne comprends pas leur position parce qu'entre les branches on avait entendu que la Ville de Trois-Rivières faisait partie des villes qui n'en veulent pas. [...] Si on commence à se tirer des roches, on va passer à côté du but visé.»
Selon M. Mailloux, l'initiative ne sera pas limitée au syndicat des policiers. «Les autres services de la Ville devraient emboîter le pas sous peu.»
Les chauffeurs d'autobus avaient manifesté pour souligner leur désaccord face au projet de loi. Ils avaient par la suite vu leur paie amputée de 15 minutes par la Société de transport de Trois-Rivières.
Un mouvement provincial
La Coalition syndicale pour la libre négociation déplore par le biais des autocollants que les conditions de travail des employés municipaux ont été négociées de bonne foi avec les Municipalités et qu'il est inadmissible de présenter ces conditions comme étant illégitimes. Dans un communiqué publié la semaine dernière, la Coalition mentionnait également que le projet de loi 3 dévaste la rémunération globale des employés qui ont fait des compromis salariaux au bénéfice d'un meilleur régime de retraite. Le projet de loi impose uniformément des contraintes radicales à 170 régimes de retraite différents.
La Coalition est composée du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec) et de son conseil provincial du secteur municipal de même que de son secteur du transport terrestre, de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), de la Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA), de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, de l'Association des pompiers de Montréal, du Regroupement des associations de pompiers du Québec ainsi que du Syndicat des pompiers et pompières du Québec - FTQ.