Les architectes réclament une politique nationale

Profitant de la campagne électorale en cours sur la scène provinciale, l'Ordre des architectes du Québec souhaite interpeller les différents candidats sur la nécessité de mettre sur pied une politique nationale de l'architecture afin de doter la province d'une «vision cohérente et ambitieuse» et «marquer un virage majeur en matière de qualité».
La présidente de l'Ordre, Nathalie Dion, sillonnera le Québec au cours des prochaines semaines dans le cadre d'une tournée de consultation auprès des acteurs de premier plan dans le domaine de l'architecture. Mardi, c'est à Trois-Rivières qu'elle a amorcé sa route où elle a notamment rencontré les représentants de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières ainsi que le maire Yves Lévesque.
En réclamant l'instauration d'une politique qui permettrait de «donner une vision commune» pour «un cadre bâti de qualité» à l'image du Québec, l'Ordre souhaite ainsi que la province devienne le premier endroit à adopter une telle mesure en Amérique du Nord. Ailleurs dans le monde, on retrouve déjà des politiques nationales en Écosse, en Norvège et aux Pays-Bas.
«Ça permettrait notamment d'harmoniser les interventions», souligne Mme Dion.
Avec cette politique, l'Ordre souhaite aussi permettre un meilleur soutien aux petites communautés au moment de procéder à la réfection de vieux bâtiments.
«Certaines municipalités n'ont pas nécessairement les moyens ni l'expertise pour pouvoir développer ou faire des projets de qualité», ajoute la présidente de l'Ordre.
Celle-ci rappelle d'ailleurs que le Québec regorge de bâtiments datant des années 70 et qui devront être rénovés dans un avenir rapproché. «Le patrimoine va être à rénover alors c'est important qu'on le fasse dans une perspective de long terme et de durabilité», souligne Mme Dion.
Architecte chez Beaudry et Palato inc. de Trois-Rivières, Hélène Beaudry a également noté l'importance d'une architecture de qualité sur la population.
«C'est reconnu que des projets de qualité, ça donne des gens qui travaillent mieux, sont plus heureux et plus productifs. Il y a un effet économique positif en bout de ligne.»