Le service de Multi-Boulot est gratuit pour les victimes de la pyrrhotite.

Les anges gardiens des victimes de la pyrrhotite

Devoir vider complètement son sous-sol et défaire tout l'aménagement paysager autour de la maison, pavé uni compris, en préparationà la démolition des fondations est une tâche longue et pénible à vivre.
Pas étonnant que les gens de Multi-Boulot, qui font ce travail gratuitement pour les victimes de la pyrrhotite, à Trois-Rivières, soient accueillis en amis, voire en sauveurs.
Luc Boucher, le chef des équipes de Multi-Boulot, s'attendait, au début, à entrer chez des gens déprimés face à leur situation. «Au contraire. On dirait que le choc est absorbé et quand on arrive, ils sont contents», dit-il.
«Il y a une dame qui s'est exclamée, en nous voyant arriver: Je vous aime! Je vous aime! On se fait gâter. Ils nous demandent si l'on veut de l'eau, des boissons gazeuses, des gâteaux ou des biscuits», raconte-t-il en riant. Et non, les équipes n'ont pas pris de poids malgré toutes ces gâteries, «pas après avoir sorti quelques réfrigérateurs», précise M. Boucher.
C'est que souvent, les victimes de la pyrrhotite n'ont ni le temps et encore moins l'énergie de vider complètement le sous-sol.«Ils se demandent comment on va faire pour tout vider. Mais on commence à être habitué. Nous, on le vide et ce n'est pas long», dit-il.
«On fait faire des évaluations après chaque cas de pyrrhotite où nous intervenons pour voir si le client est satisfait et voir si tout s'est bien passé et souvent, les gens vont marquer des mots sur l'évaluation comme: équipe merveilleuse; les meilleurs gars au monde; super efficaces et très gentils; respectueux; au-delà de mes attentes», raconte Mélanie Cossette, directrice générale de Multi-Boulot.
En prime, les victimes de la pyrrhotite ne paient pas pour obtenir ce service qui représente 7 heures de travail et le soutien de trois employés.
L'aide aux victimes de la pyrrhotite est en effet issue d'une entente entre la Ville de Trois-Rivières, l'entreprise sans but lucratif Multi-Boulot et ÉCOF-CDEC. C'est la Ville qui paie pour le service. Multi-Boulot offre les «bras» tandis qu'ÉCOF-CDEC fait la coordination et le lien entre les victimes et Multi-Boulot.
C'est Malka Roy, responsable du Centre de coordination et d'information sur la pyrrhotite, qui représente le tout premier contact des victimes avec le service d'aide Multi-Boulot. Mme Roy, qu'il faut contacter au 819 372-7482, a aussi pour mission d'aiguiller les victimes vers les étapes qu'elles devront franchir et les services auxquels elles peuvent recourir tout au long de leur épreuve.
«Multi-Boulot n'a pas le temps de gérer toutes les prises de rendez-vous. Ça passe par moi. Les gens m'appellent. J'évalue les besoins avec eux et en fonction de ça, on essaie d'y répondre», explique Mme Roy. Souvent, elle doit se déplacer chez les gens. On regarde, le sous-sol,le garage et l'extérieur. On regarde vraiment tout ce qui doit être fait avant les travaux. Je leur explique les services et on essaie d'évaluer si c'est mieux d'utiliser les services de Multi-Boulot avant les travaux ou après», explique-t-elle.
Étant donné que les gens ont droit à 7 heures gratuites de travaux, «beaucoup choisissent d'utiliser 3 h 30 avant les travaux et 3 h 30 après», ajoute Mme Roy.
Cette dernière estime que d'ici la fin de 2014, environ 150 propriétaires victimes de la pyrrhotite auront eu recours au service depuis 2012.
En 2012, 35 personnes ont fait appel au Centre de coordination, 51 en 2013 et 21 depuis le début de 2014. La prochaine vague de réparations est prévue pour le mois d'août et viendra gonfler ce nombre.
C'est le déplacement des meubles qui représente le service le plus utilisé. Des services d'emballage et de déballage ainsi que de ménage sont aussi offerts par Multi-Boulot.