François Legault et sa conjointe Isabelle Brais.

Legault promet 7600 emplois à Bécancour... d'ici 4 ans!

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait un autre arrêt à Bécancour lundi, pour annoncer la création en quatre ans de 7600 emplois grâce à la mise en place d'une zone d'innovation dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour, «un endroit magnifique en bordure du fleuve, dit-il, abandonné par les libéraux et les péquistes.»
<p>Le chef de la CAQ, François Legault, était au parc portuaire de Trois-Rivières pour parler de sa stratégie maritime. On reconnaît ici les candidats Donald Martel dans Nicolet-Bécancour, François Legault et son épouse Isabelle Brais et derrière, les candidats Martin Poisson dans Maskinongé, Andrew D'Amour dans Champlain, Stéphane Mongeau dans Saint-Maurice et Stéphance Le Bouyonnec dans La Prairie.</p>
«C'est un projet où les entrepreneurs seront associés avec le Centre collégial de transfert de technologie du Cégep de Trois-Rivières. L'objectif en quatre ans est d'investir 170 M$ (argent provenant du réaménagement des crédits d'impôt aux entreprises) et de créer 7600 nouveaux emplois.»
Devant l'incrédulité générale provoquée par ce nombre d'emplois très ambitieux, (le parc compte 1500 emplois actuellement) M. Legault a assuré qu'avec 170 M$ on peut y arriver et que ce montant s'ajoutera au fonds de diversification économique qui restera en place.
Il compte par ailleurs mettre aussi à profit le parc industriel LaPrade, mais pour des industries plus importantes que celles qui s'y développent actuellement. «Nous, on pense qu'utilisés ainsi, les crédits d'impôt qui sont actuellement donnés à toutes sortes d'entreprises et qui ne créent pas de nouveaux emplois seront plus payants. Ici, dans quatre ans, on va se rasseoir et je m'attends à ce qu'il y ait 7600 emplois de plus», a martelé le chef caquiste qui, faut-il le rappeler, a aussi annoncé une zone d'innovation au technoparc de Trois-Rivières d'où devraient surgir autant d'emplois.
Plus tôt dans la journée, François Legault avait choisi Trois-Rivières pour dévoiler qu'un gouvernement de la CAQ s'engage à doter le Québec d'un réseau stratégique complet de pôles intermodaux compétitifs permettant d'absorber le trop-plein du port de Montréal, d'augmenter les échanges commerciaux et de développer l'économie des régions. Cette idée devrait générer des retombées importantes pour plusieurs ports, dont celui de Contrecoeur mais aussi pour les ports de Trois-Rivières et de Bécancour, a-t-il assuré.
Ce nouveau programme appelé Radisson sera doté d'une enveloppe de 75 M$ sur cinq ans, gérée par Investissement Québec. Il sera mis à la disposition des investisseurs afin de tirer un meilleur potentiel du fleuve, entre autres, en ayant recours à de plus petits bateaux: une idée qui n'est pas sans rappeler le cabotage qui se pratiquait sur le fleuve autrefois. François Legault a précisé qu'il s'agit là d'un élément central de sa stratégie maritime. Il estime que si les libéraux et péquistes n'y ont pas pensé avant, c'est que les libéraux avaient l'esprit au Nord et que les péquistes répugnaient à engager des discussions avec le fédéral à ce sujet.
Le chef caquiste ne pouvait choisir un meilleur endroit que le parc portuaire trifluvien pour son point de presse, alors qu'on pouvait apercevoir par la fenêtre derrière lui un énorme porte-conteneurs se frayant un passage à travers les glaces, en direction de Québec. François Legault a rappelé que la vocation du Saint-Laurent avait beaucoup évolué depuis 50 ans en tant que route qui relie le Québec à un réservoir de plus de 100 millions de consommateurs, concentrés autour des Grands Lacs, «ce qui représente un potentiel exceptionnel dont nous pourrions tirer davantage profit», a-t-il insisté.
Le chef de la CAQ a confié avoir parlé de son programme Radisson avec l'ex-premier ministre libéral Paul Martin, qui aurait trouvé l'idée excellente. Mais pas suffisamment semble-t-il pour que les armateurs y investissent spontanément leur propre argent puisque la CAQ prévoit leur donner un petit coup de pouce financier, histoire de mettre le projet en route.
Pour François Legault, l'avenir passe par le transport intermodal. Cependant, pour assurer son bon fonctionnement, il faut, dit-il, munir les installations portuaires de l'outillage de pointe requis pour charger et décharger rapidement, et en toute sécurité les marchandises et, surtout, il faut des voies d'accès pour favoriser la fluidité de la circulation. «Ici à Trois-Rivières, le projet Cap sur 2020 offre un bon exemple, car il permettra d'améliorer l'ensemble des installations portuaires et des accès routiers. L'autre exemple est à Montréal où les installations portuaires, dont on prévoit doubler la capacité d'accueil d'ici trois ans, sont la plaque tournante du transport de marchandises par conteneurs pour tout le nord-est de l'Amérique», de préciser le chef de la Coalition avenir Québec.
Ce dernier poursuit en soulignant qu'un gouvernement de la CAQ s'engage à appuyer un grand projet de pôle logistique de transport intermodal sur la rive sud, avec bateau, train et camion, selon ce que privilégie l'administration portuaire de Montréal. On parle d'un investissement qui totalisera des centaines de millions de dollars qui seront priorisés à l'intérieur du budget actuel d'immobilisations et qui, selon François Legault, créera 2000 emplois. Toutes ces annonces de la CAQ ont toutefois été occultées, hier, par le différend Legault-Couillard qui prend de plus en plus d'ampleur.