Legault défend son candidat dans Trois-Rivières

Un troisième chef de parti était de passage vendredi en région et François Legault en a profité pour présenter ses candidats en Mauricie et au Centre-du-Québec. Deux fois plutôt qu'une, le chef de la Coalition avenir Québec a dû défendre son jeune candidat dans Trois-Rivières, Diego Brunelle Diaz.
En premier lieu, le chef de la CAQ a dû expliquer pourquoi son candidat dans Trois-Rivières a été vu il y a quelques jours à peine dans l'entourage du libéral Pierre-Michel Auger alors que ce dernier annonçait sa candidature dans Champlain. Puis, M. Legault a été confronté à une embarrassante question d'un journaliste qui lui rapportait que M. Brunelle Diaz, 22 ans, avait été impliqué dans une altercation, côté public, lors d'une récente partie du Viking, au Colisée de Trois-Rivières.
François Legault a tenté de répondre lui-même aux questions en blaguant. Il a d'abord fait remarquer que tout le monde à la CAQ provenait d'un autre parti, à commencer par lui qui a fait du porte-à-porte avec Donald Martel pour le Parti québécois. Quant à la bataille, il a fait remarquer qu'il avait déjà, lui aussi, décoché quelques coups à des adversaires sur la glace lors d'une partie de hockey. Toutefois, M. Brunelle Diaz était dans les gradins, une nuance qui a semblé échapper au chef caquiste.
Le jeune candidat a tenu à s'approcher du micro pour répondre lui-même aux allégations. S'il n'a pas nié avoir été témoin d'une bataille, il a assuré que c'est plutôt un ami qui a été impliqué et que, personnellement, il n'a jamais été expulsé du Colisée. «Je veux préciser que je n'ai jamais été sorti par rapport à ça. Je le certifie. Allez voir et posez les questions. Ce n'est pas moi qui s'est battu, je n'ai rien fait. En toute confiance, vraiment», a déclaré le candidat. (Vérifications faites, rien ne contredit la version de M. Brunelle Diaz.) Ce dernier est agent d'immeuble, ex-propriétaire du Caron et Guay (maintenant le Viking).
Le candidat de la CAQ dans Maskinongé est Martin Poisson. M. Poisson est vice-président en vente et techniques marketing pour le groupe Jensen. Il est également représentant technique au service à la clientèle pour les Systèmes Greetex.
Dans Saint-Maurice, les couleurs de la CAQ seront défendues par Stéphane Mongeau, une belle prise pour ce parti, a insisté M. Legault, qui pourra compter sur un avocat fiscaliste dans ses rangs. M. Mongeau est l'ex-président de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan. Par ailleurs, Sylvain Gauthier, un technicien ambulancier, se présente pour cette formation dans Laviolette. C'est aussi un ex-employé de Bombardier transport et aéronautique. Andrew D'Amours, consultant en gestion - qui s'était présenté pour la CAQ dans Trois-Rivières, en 2012, sera de retour mais dans Champlain cette fois.
Quant au député sortant, dans Nicolet-Bécancour, Donald Martel, il avait déjà fait savoir qu'il sera à nouveau sur les rangs. On a aussi présenté André Lamontagne, propriétaire d'une entreprise spécialisée dans la remise à neuf d'hélicoptères, comme candidat dans Johnson ainsi que Sébastien Schneeberger, député sortant de Drummond-Bois-Francs.
Charte des contribuables
Accueilli par une poignée de partisans enthousiastes à l'hippodrome de Trois-Rivières, François Legault est apparu en pleine forme, accompagné de son épouse avec qui il célébrait, vendredi, 22 ans de mariage. On sait que le chef caquiste joue son va-tout dans cette campagne et il n'en fait pas un mystère.
D'entrée de jeu, M. Legault a mis l'accent sur les chiffres du chômage très élevés en Mauricie lors de son passage en janvier (9,2 %) , tout en soulignant l'augmentation de 0,3 % au niveau provincial.
«On peut penser que c'est le cas aussi ici. On a de gros défis à relever en Mauricie. On a besoin d'un plan et tant qu'à avoir un Projet Saint-Laurent, autant avoir l'original, plutôt qu'une copie, a-t-il lancé en référence aux annonces à saveur maritime de Philippe Couillard.
François Legault n'a d'ailleurs pas manqué de relever que Trois-Rivières était sur la bonne voie avec son technoparc en bordure du fleuve et de la rivière Saint-Maurice, près d'un développement résidentiel de prestige, ce qui correspond exactement aux idées qu'il a élaborées dans son récent livre.
M. Legault s'est souvent référé à son cadre financier et son engagement de réduire de 1000 $ les taxes des familles, en abolissant la taxe scolaire et la taxe santé. «Aujourd'hui, on vient dire aux gens de la Mauricie et du Centre-du-Québec qu'il n'y aura pas non plus de compensation du côté des tarifs, comme on l'a vu par le passé. Le premier projet de loi, ce sera une charte des contribuables où on va s'engager à ce que les impôts, les taxes et les augmentations de tarifs soient plafonnés à l'inflation.
Concrètement, ça veut dire que l'augmentation injustifiée annoncée par Pauline Marois, pour les tarifs de garderie sera effacée par un gouvernement de la CAQ. Nous, au lieu de passer à 8 $ ou 9 $, ça passera de 7,10 $ puis à 7,20 $. Même chose avec Hydro-Québec qui nous annonce en pleine campagne électorale une augmentation de 4,3 % d'augmentation de tarif à partir du 1er avril.»
François Legault insiste toujours sur l'urgence d'agir et sur l'avenir qui est loin d'être rose au Québec. Il en a donné comme preuve la nouvelle perte de 26 000 emplois en février dernier. «Les chiffres de Statistique Canada le disent noir sur blanc, depuis un an, il s'est perdu 50 000 emplois à temps plein. C'est vrai qu'il s'en est créé 47 000 mais à temps partiel. Même en incluant ces emplois au net, il ne s'est créé aucun nouvel emploi en un an. Il faut agir! Il faut une équipe qui s'occupe d'économie» a-t-il lancé.
Le chef caquiste a reconnu par ailleurs qu'il y a une vraie bataille en Mauricie, («on n'a qu'à regarder les derniers résultats») et que tout comme les chefs des autres formations politiques, on le reverra souvent dans la région.