Jean Fournier, président du Syndicat des professeurs du Cégep de Trois-Rivières.

L'éducation supérieure presque absente de la campagne, selon les syndicats d'enseignants

Le syndicat des enseignants et enseignantes du Collège Shawinigan et celui du Cégep de Trois-Rivières, de même que la CSN ont uni leurs voix, mercredi, afin de dénoncer la quasi-absence du thème de l'éducation, en particulier de l'éducation supérieure, dans les débats préélectoraux, tant dans la région qu'au national.
Les trois organismes lancent «un cri du coeur» afin que les différentes formations politiques se préoccupent de l'enseignement supérieur.
«Nous sommes profondément indignés, troublés par le fait que nos leaders politiques n'osent pas parler de ce qui est, à nos yeux, un enjeu fondamental», dit Jean Fournier, président du Syndicat des professeurs du Cégep de Trois-Rivières.
Les syndicats avertissent les candidats qu'ils «devront inscrire à leur agenda politique la nécessité de se préoccuper davantage de l'éducation, particulièrement de l'enseignement supérieur», plaide-t-il.
Les syndicats se préoccupent principalement de l'accessibilité et de la gratuité. Les cégeps viennent présentement en tête de liste de la fréquentation post-secondaire chez les moins de 24 ans au Canada», indique M. Fournier.
Les syndicats plaident la nécessité de soutenir l'enseignement supérieur, notamment l'enseignement collégial. «Pas moins de 88 % des nouveaux emplois créés d'ici 2021 nécessiteront une formation technique de niveau collégial», illustre M. Fournier.
«Il faut parler d'accès à l'éducation», ajoute-t-il.
Luc Vandal, président du syndicat des enseignant(e)s du Collège Shawinigan, estime que les Cégeps représentent un moteur économique très important.
«Dans une ville comme Shawinigan, c'est un important employeur», dit-il.
Paul Lavergne, président du Conseil central du Coeur-du-Québec de la CSN, signale que pas moins de 33 000 enseignants de niveau collégial sont membres de la CSN.
«Les jeunes, quand ils finissent dans un cégep, vont travailler près de leur cégep», mentionne M. Vandal en signalant qu'il s'agit donc d'un formidable outil de rétention.
«Le réseau collégial fait vivre les régions, appuie les régions», renchérit Paul Lavergne. «C'est un énorme partenaire dans tout ce qui est économique pour une région», dit-il, notamment pour répondre aux besoins des entreprises.
«Nous avons des collègues dans les départements techniques, particulièrement chez nous, qui disaient: "j'ai 10 finissants et 100 offres d'emplois''», illustre M. Fournier, un indicateur comme quoi le réseau a besoinde soutien, rappellent les syndicats.
«Ici, ce sont plus de 6000 étudiants et étudiantes que nos deux cégeps rejoignent», souligne M. Fournier et «c'est plus de 600 professeurs», ajoute-t-il.
Finalement, les syndicats ont tenu à remettre en question la décision du ministère de l'Enseignement supérieur d'ajouter un cours d'histoire au cégep. Cela, disent-ils, se fera au détriment de cours complémentaires déjà offerts.