Les deux écrivains, Véronique Marcotte, à gauche et Patrick Senécal, au centre, ont eu recours à un metteur en scène, Olivier Loubry pour monter un spectacle littéraire qui en soit aussi un de variétés. Le résultat est Lèche ton livre, un spectacle littéraire présenté en grande première au Salon du livre de Trois-Rivières le 28 mars.

Lèche ton livre pour bousculer les conventions

Si le concept de lecture publique dans le cadre d'un salon du livre vous suggère une soirée empesée et statique, il est temps de vous mettre à jour. L'événement Lèche ton livre présenté le 28 mars dans le cadre du salon trifluvien bousculera tous les clichés pour le plus grand bien de la littérature.
Le concept est l'idée de la Trifluvienne d'origine Véronique Marcotte, auteure et metteure en scène. «L'an dernier, avec la maison d'édition L'Orphéon, on a fait une tournée au cours de laquelle les gens venaient nous dire l'importance que nos livres avaient eu pour eux. On ne pouvait pas arrêter ça là. À cause du plaisir qu'on avait à le faire mais aussi parce que je m'apercevais que les rencontres permettaient de démystifier les auteurs auprès du public. J'ai pensé à un spectacle où on pourrait poursuivre cette démystification en expliquant notre travail, en riant de nous-même. Je voulais un spectacle qui soit un prétexte pour présenter des extraits de mes livres et ceux de Patrick (Senécal).»
Les auteurs ont pensé à élaborer une histoire qui puisse offrir un lien et on a fait appel à Olivier Loubry pour agir comme metteur en scène. Le concept s'est étoffé pour inclure la musique de Charles Papasoff et Véronique Fontaine de même que la présence du comédien Rémi-Pierre Paquin.
La trame de base? Les deux auteurs, Marcotte et Senécal, viennent de mourir. Ils arrivent au Paradis où Dieu (Rémi-Pierre Paquin) doit décider s'ils méritent leur billet d'entrée. Des extraits de leurs oeuvres qu'ils livrent, souvent corsés et olé olé, viennent étayer leur dossier sur lequel le public devra trancher.L'aspect ludique n'échappe évidemment à personne. C'est le but.
«C'est un peu une façon de réinventer le spectacle littéraire, estime Olivier Loubry. Les deux conditions préalables que j'ai posées, c'était que ce soit accessible et ludique. Je ne voulais pas de ces soirées littéraires auxquelles j'ai déjà assisté et où je m'ennuyais parce que je ne comprenais rien. On a des auteurs qui ont une grande capacité d'auto-dérision et c'est une gang vraiment agréable.»
«Il y a beaucoup d'impro pour l'instant, explique Véronique Marcotte. Je ne suis pas une comédienne. Quand on est ensemble, on a quatre ans et demi d'âge mental. La musique est un personnage en soi, en définissant, par exemple, des traits de caractère de Dieu, dans l'ambiance musicale. Tout ça s'enchaîne assez naturellement. On veut que ce soit simple.»
Les intervenants sont assurément excités d'autant que la toute première de ce spectacle, la représentation trifluvienne du 28 mars, servira de laboratoire public.
«On veut avoir les réactions des gens, qu'ils nous disent ce qu'ils ont aimé, ce qu'ils ont moins aimé pour qu'on puisse s'ajuster. On aimerait en faire un événement itinérant qui va se promener au Québec dans toutes sortes de contextes parce que si c'est basé sur de la littérature, ça reste un spectacle de variétés.»
Le spectacle de quelque 110 minutes est ouvert à tous mais les auteurs tiennent à prévenir le public. «C'est un peu corsé, souligne Patrick Senécal. On a choisi des extraits qui sont parfois percutants, violents, à teneur sexuelle ou trash alors, il faut que les gens le sachent. Ainsi, on commence avec une première scène qui est une description d'une orgie. Ça peut ne pas nécessairement convenir à tout le monde. Mais il y a aussi des scènes très touchantes.»
Une des récompenses offertes au public, c'est que les deux auteurs vont non seulement présenter des extraits parmi ceux qui leur plaisent le plus dans leur propre oeuvre, mais ils vont aussi offrir des inédits dont des textes écrits à l'adolescence, testant ainsi sévèrement leur sens de l'auto-dérision.
Le spectacle débutera à 20 h, hors les murs du salon du livre puisque ce sera présenté à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture.