Le transport en commun régulier continue sa glissade à Shawinigan, alors que les besoins augmentent pour le transport adapté.

Le transport adapté devient un enjeu à Shawinigan

La popularité du transport adapté prend de l'ampleur d'année en année à Shawinigan, forçant la Ville à répartir différemment l'aide financière qu'elle attribue annuellement à sa Régie de transport en commun.
La popularité du transport adapté prend de l'ampleur d'année en année à Shawinigan, forçant la Ville à répartir différemment l'aide financière qu'elle attribue annuellement à sa Régie de transport en commun.
Le président de l'organisme, Jean-Yves Tremblay, assure que la situation est suivie de près, surtout que l'entente avec Taxi Bellemare prévoit une banque limitée à 6000 heures par année pour cette clientèle.
Depuis 2014, le nombre de transports adaptés augmente sans cesse. En 2016, 31 429 passages ont été recensés, en hausse de 5,7 % par rapport à 2015 et de 10,4 % comparativement à 2014. On connaît la chanson: la population vieillit à Shawinigan, ce qui se répercute sur le nombre de personnes qui peuvent bénéficier du transport adapté, en raison de contraintes physiques ou de problèmes de santé.
En fait, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, la proportion de la population âgée de plus de 65 ans à Shawinigan est passée de 18 % à 26 % entre 2001 et 2015.
M. Tremblay explique qu'une personne qui, par exemple, ne peut marcher une longue distance pour atteindre un arrêt d'autobus ou qui éprouve des problèmes respiratoires peut se qualifier pour le transport adapté, avec un billet d'un médecin. Avec l'augmentation de cette population, il faut établir des priorités d'accès. Par exemple, un transport pour un problème de santé l'emportera toujours sur une sortie pour du magasinage.
Avec l'augmentation de la clientèle, la hausse des coûts moyens pour le transport d'une personne et une banque d'heures disponibles sous pression, la Régie de transport en commun de la Mauricie se questionne pour continuer à répondre à la demande à un prix raisonnable.
«Il faut vraiment analyser de très près les besoins de la clientèle», reconnaît M. Tremblay.
Dans son dernier budget, la Ville de Shawinigan a encore augmenté sa contribution pour le transport adapté, la faisant passer de 87 647 $ à 104 382 $ pour 2017. Par rapport à 2015, la hausse de l'aide municipale atteint même un ronflant 69 %, puisqu'elle s'établissait alors à 61 620 $.
Les autres municipalités desservies par le transport adapté de Shawinigan ont également dû mettre la main dans leurs poches. En effet, Saint-Mathieu-du-Parc, Charette, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Boniface ont subi des hausses de contribution variant entre 23 % et 29 % depuis deux ans.
Tendance inverse
Pour le transport régulier, la tendance s'inverse. Le nombre de passages a encore subi une baisse en 2016, où un nouveau plancher historique de 246 479 personnes a été atteint. Il s'agit d'un recul de 3 % par rapport à 2015, d'une quatrième diminution consécutive et d'une douzième baisse depuis la fusion. En fait, depuis 2002, le nombre de passages réguliers a fondu de 54 % à la Régie de transport en commun de Shawinigan.
En 2015, un mois de décembre exceptionnel en raison d'une promotion avait ralenti la saignée, mais cet engouement n'était pas au rendez-vous cette année. En 2016, des hausses de clientèle ont été observées en avril, en août et en novembre, mais tous les autres mois ont encaissé des reculs.
«Ce n'est pas catastrophique, mais nos fonds diminuent», convient M. Tremblay. Les tarifs pour le transport régulier ne subiront pourtant aucune hausse en 2017.
Si la Ville de Shawinigan a décidé d'augmenter sa contribution au transport adapté, elle l'a réduite pour les autobus. Sa quote-part est passée de 712 623 $ en 2016 à 669 861 $ cette année, une baisse de 6 %. Pourtant, la RTCS a légèrement haussé son budget en 2017, alors qu'il s'établit à 1 884 150 $ pour le transport régulier, soit un peu plus de 12 000 $ de plus qu'en 2016.
La RTCS n'a pourtant pas lésiné sur les nouveautés au cours des dernières années, offrant notamment un service Wi-Fi aux utilisateurs. Le projet de carte à puces pour le paiement chemine toujours et devrait normalement aboutir en 2017.
Le président de la RTCS mentionne que l'efficacité des parcours est toujours analysée. À court terme, il ne s'attend toutefois pas à des bouleversements comparables à ceux de 2006, lorsqu'un circuit avait été éliminé et que l'Accès-bus avait fait son entrée.
«À ce moment, on avait payé 40 000 $ pour une étude», rappelle-t-il. «On n'a pas cet argent. Mais c'est sûr qu'on se questionne.»
Parlant d'Accès-bus, ce service est toujours prisé, avec 8848 transports l'an dernier, en hausse de près de 14 % par rapport à 2015.