De gauche à droite: Pierre Montreuil, responsable des communications, le Père Yoland Ouellet, recteur du sanctuaire, et Simon Bournival, coordonnateur du Festival de l'Assomption.

Le tourisme religieux rapporte en Mauricie

Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a bel et bien un impact économique sur la Mauricie. À lui seul, le Festival de l'Assomption de la Vierge Marie génère des retombées de 2 millions $.
Le recteur du sanctuaire, le Père Yoland Ouellet, a dévoilé, mardi, les résultats d'une étude menée l'été dernier par le professeur François de Grandpré du département d'études en loisirs, culture et tourisme de l'UQTR selon laquelle pas moins de 35 000 visites quotidiennes ont été dénombrées durant le Festival, l'an dernier.
De ces visiteurs, 53 % proviennent de l'extérieur de la Mauricie et 11 % sont même de l'extérieur du Canada, notamment de la diaspora haïtienne qui vit aux États-Unis et plus particulièrement en Floride où le sanctuaire a fait de la promotion.
L'étude démontre aussi que 23 % de ces personnes ont fait au moins une nuitée dans la région.
«Le sanctuaire et son festival se démarquent avantageusement des autres attractions touristiques de la Mauricie et du Québec», écrit le professeur De Grandpré dans son rapport. Ce dernier rappelle qu'une étude commandée par la Ville de Trois-Rivières en 2002-2003 avait permis de comparer dix événements touristiques de la ville. Or, la Neuvaine du sanctuaire se démarquait déjà par son nombre de visiteurs.
Le professeur De Grandpré estime même que le sanctuaire se distingue des autres sanctuaires du Québec «entre autres par ce qui semble être lié au dynamisme de sa programmation», écrit-il.
«Par rapport aux autres sanctuaires du Québec, on est observé actuellement, quelque chose de rare, par l'Oratoire qui est venu voir un peu notre nouvelle formule», indique le Père Ouellet. «À Sainte-Anne-de-Beaupré, ils sont un peu plus timides à nous dire leurs impressions. Ils ont leur air d'aller peut-être, mais ils ont leur diminution aussi qu'ils pourront peut-être questionner. Aller rejoindre les nouvelles générations, c'est le défi des sanctuaires. Ce sont les 30 à 60 ans qu'on voit beaucoup moins», fait-il valoir.
En 2010, le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, aux prises avec une diminution progressive de sa clientèle, avait décidé de prendre le taureau par les cornes. La traditionnelle neuvaine, instaurée au début du siècle dernier, a donc cédé sa place au Festival de l'Assomption qui vise les jeunes et les familles. Quatre ans plus tard, «il y a eu un petit peu plus de 18 à 64 ans que de 65 ans et plus», se réjouit le recteur. «C'est un pas vers la réussite», dit-il.
Des travaux dispendieux
Même si la mission première du sanctuaire est d'ordre spirituel, n'empêche que les autorités du sanctuaire ont besoin aussi d'argent pour entretenir la Basilique. Et «ce sont des années difficiles», reconnaît le Père Ouellet.
L'édifice, qui aura 50 ans cette année, a fait l'objet d'un récent bilan de santé, indique le recteur. «Il y a des infiltrations d'eau à quatre endroits. Autour des vitraux, le bois est en train de sécher et de tomber en genre de poudre. Il y a un travail majeur à faire au niveau des fenêtres et des vitraux. Le gouvernement ne pourra pas nous soutenir parce qu'on n'est pas classé historique», signale-t-il.
Le Père Ouellet estime néanmoins que l'État devrait soutenir non seulement le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap dans l'entretien des lieux, mais aussi les autres sanctuaires nationaux. «Ce n'est pas le revenu annuel avec petite quête, petit lampion qui va nous permettre d'assumer la grosse facture annuellement», fait-il valoir. Si rien ne se fait, il est clair qu'un SOS sera lancé. «C'est une grande basilique. Il y a une grande facture à prévoir», dit-il.
Malgré ses soucis, le sanctuaire a l'intention de célébrer ses 50 ans, les 15, 16 et 17 août prochains, soit à l'occasion du dernier week-end du Festival de l'Assomption qui se tiendra du 9 au 17 août sous le thème «La paix s.v.p.».
«On laisse de côté notre 7 au 15 août qu'on a connu pendant des décennies», indique le coordonnateur du Festival, Simon Bournival. En faisant cette modification mineure, c'est donc deux week-ends de festival qui se dérouleront au sanctuaire, une façon de plus d'attirer les nouvelles générations.