La chanteuse Céline Faucher a présenté son spectacle À la rencontre de Pauline Julien hier à la Maison de la culture.

Le tour de chant de Céline Faucher

Le spectacle a beau s'intituler À la rencontre de Pauline Julien, le tour de chant qu'a offert Céline Faucher à la Maison de la culture hier est davantage une incursion dans la chanson française et québécoise qu'une formule d'hommage où l'interprète imiterait Pauline Julien dans une approche pédagogique.
D'ailleurs, Céline Faucher se défend de vouloir imiter la grande chanteuse née à Trois-Rivières en 1928 et décédée il y a eu 10 ans le 1er octobre dernier. L'interprète montréalaise revisitait ses coups de coeur de la chanson à textes dans ses spectacles antérieurs quand, en 2005, elle a répondu à la demande de gens qui lui réclamaient un spectacle exclusivement composé de chansons de Paulien Julien.
 
Celle-ci en a écrit plusieurs, mais le répertoire qui l'a rendue chère au coeur de ses admirateurs était aussi composé de pièces écrites par Gilles Vigneault, Raymond Lévesque, Gilbert Langevin, Réjean Ducharme, Michel Tremblay, Gilles Richer et Boris Vian, pour ne nommer que ceux-là.
Donc, si Céline Faucher ne tente pas d'imiter Pauline Julien et ne livre pas un cours sur son histoire, c'est vraiment Céline Faucher que l'on voit sur la scène. Ce sont sa voix, ses intonations, ses gestes et ses émotions que l'on entend et ressent. Et si on n'a pas connu Pauline Julien, on découvre tout simplement une artiste (Céline Faucher) qui a choisi d'interpréter des chansons ayant déjà été chantées par Pauline Julien.
Les pièces interprétées hier tracent tout de même un bon portrait de la diversité de la personnalité artistique de Pauline Julien. Son côté d'activiste sociale, de revendicatrice, ressort à travers des chansons comme la très belle Mommy, Daddy, écrite par Gilles Richer et Marc Gélinas, ou La litanie des gens gentils, de sa plume.
Si la première évoque une hypothétique mort de la culture canadienne française, la seconde invite le peuple «né pour un petit pain» à parler, à dénoncer et cesser d'être «poli, gentil, ravi, soumis, endormi, aplati».
Céline Faucher dévoile aussi la Pauline Julien auteure-compositeure-interprète plus introspective (Au milieu de ma vie, peut-être à la veille de...), amoureuse (Urgence d'amour) ou insomniaque (Insomnie Blues). Elle expose aussi son côté comédienne avec des chansons comme Le voyage à Miami, de Luc Plamondon et François Cousineau ou de quelques textes signés Michel Tremblay.
En bout de ligne, Céline Faucher invite à un petit voyage dans le temps dans la zone Révolution tranquille. Les préoccupations véhiculées dans certaines pièces illustrent la prise de conscience collective identitaire propre à cette période, tandis que l'intégration du joual dans d'autres textes témoigne de la mutation dans l'aspect formel de l'expression culturelle québécoise.
Pour ce voyage dans le temps, Céline Faucher est accompagnée de l'excellent pianiste Marc-André Cuierrier, qui réussit à donner texture et personnalité à chaque chanson avec les notes de son piano, mais aussi avec les habiles harmonies de sa voix.