La résidence pour personnes âgées, le Belvédère, termine sa deuxième phase de construction. Une troisième est prévue.

Le taux d'inoccupation à la hausse

Tel que prévu, la région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières connaît à nouveau cette année une détente importante de son marché de résidences pour personnes âgées. Déjà, l'an dernier, le taux d'inoccupation des places dans ces résidences avait connu un certain relâchement, passant de 5,1 à 6,6 %. Or les derniers chiffres de la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) indiquent maintenant un taux d'inoccupation de 12,8 %, soit près du double. C'est beaucoup compte tenu que le taux d'inoccupation des places standards a peu varié au Québec en 2012 et qu'il se chiffrait à 8,4 % en février dernier, comparativement à 8,1 % à la même période en 2011. Seule la région du Saguenay connaît un taux d'inoccupation plus élevé que celui de Trois-Rivières avec 15,6 %.
Le plus étonnant est que ces derniers chiffres de la région trifluvienne ne tiennent pas encore compte de l'arrivée de deux résidences majeures, soit le Coin Saint-Paul et le Belvédère qui est venue augmenter de façon importante l'offre d'hébergement pour les personnes du troisième âge. Cette détente signalée par la SCHL s'est manifestée autant du côté des chambres que des appartements. La proportion de chambres individuelles inoccupées a progressé pour atteindre 9,5 % (comparativement à 5,6 % en 2011). Pour leur part, les appartements ont enregistré une détente plus marquée: le taux d'inoccupation des studios passant de 6,0 % à 12,6 % et celui des appartements d'une chambre, de 7,4 % à 13,9 %. Enfin, la proportion d'appartements de deux chambres inoccupés a quant à elle bondi de 8,4 % en 2011 à 20,0 % cette année. Pour ce qui est du loyer moyen des places standards, il est passé de 1308 $ en 2011 à 1415 $. Cette progression s'explique vraisemblablement par l'ajout récent de nouvelles résidences dans certains secteurs de la région.
L'autre facteur déjà identifié l'an dernier et qui expliquerait cette détente statistique est la baisse temporaire du nombre de personnes âgées de 75 ans, soit l'âge moyen où on entre en résidence. Ce creux statistique serait encore perceptible pour trois ans environ mais au terme duquel on devrait voir une baisse importante du taux d'inoccupation avec l'entrée en résidence des boomers... à la condition bien sûr qu'ils acceptent d'aller vivre dans ce type d'hébergement. Cette génération n'ayant jamais rien fait comme les autres, et ce, dans tous les domaines de la vie, on ne se risque pas à faire des prédictions du côté de la SCHL, sinon du bout des lèvres.
Marie-Élaine Denis, statisticienne, confirme que les résidences en fonction depuis quelques mois ne font pas partie de la dernière enquête de la SCHL, si bien qu'il serait étonnant qu'on rapporte à nouveau une hausse importante du taux d'inoccupation l'année prochaine, à la condition bien sûr qu'on pose l'hypothèse qu'il n'y aura pas de nouvelles constructions de grandes résidences dans la région de Trois-Rivières dans les prochaines années.
«Le taux d'inoccupation pourrait demeurer encore élevé pour deux ou trois ans, mais il devrait être stable, prédit-elle. Cela dit, il pourrait y avoir des agrandissements de résidences déjà construites mais seulement après avoir vu comment se déroule la location des premières phases. Il faudra vraiment faire de bonnes études de marché pour bien répondre à la demande des boomers. Ils sont une énigme. On ignore encore si les produits déjà sur le marché vont leur plaire. Chaque génération a ses particularités. Vraiment, il faudrait être devin pour le savoir. C'est dans 10 à 15 ans seulement qu'on sera au coeur de l'arrivée de cette génération sur le marché de l'hébergement et c'est évident qu'il y a des résidences qui vont mieux tirer leur épingle du jeu que d'autres», prévient-elle.
Mme Denis fait par ailleurs remarquer que l'ouverture d'une importante résidence pour personnes âgées dans le secteur de Shawinigan semble avoir bien répondu aux besoins. En 2012, le taux d'inoccupation n'est que de 3,9 % pour ce secteur.
Selon la SCHL, le taux d'attraction se chiffrait à 17,8 % au Québec dans le secteur des résidences pour les personnes âgées. Il s'agit d'un résultat identique à ceux des deux dernières années et qui découle d'une stabilité de la population cible ainsi que de la demande de ce même groupe.