Maurice Richard

Le Rocket politique de Bécancour

Profession de son père Grégoire: boucher-épicier. Lui, sa carrière: politicien. Il est tombé dedans dans sa jeunesse, devenant même, à moins de 30 ans, le plus jeune maire au Canada en 1975. Pendant plus de quatre décennies, il n'est jamais sorti de la marmite de la politique... jusqu'au 5 avril 2012.
Depuis cette date, Maurice Richard est devenu haut fonctionnaire. Mais quelle que soit sa fonction, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour a toujours la même motivation: servir son milieu.
Celui qui demeure toujours au-dessus de l'épicerie familiale, à Sainte-Angèle, a lui-même été diplômé national des viandes. Deuxième d'une famille de 14 enfants aux origines acadiennes, il a aussi obtenu son diplôme d'investigation judiciaire, souhaitant être détective. Aujourd'hui, il monte encore ses dossiers en identifiant d'abord le «mobile» du promoteur.
Déjà très impliqué dans divers mouvements sociaux, Maurice Richard s'est particulièrement distingué au début des années 70 en se portant à la défense de citoyens vis-à-vis un conseil municipal plus ou moins favorable aux logements sociaux. Dès ce jour, la population l'a adopté comme porte-parole, et ce, pendant plus de 40 ans.
En effet, c'est en 1971 qu'il fait son entrée en politique, étant élu conseiller municipal à la Ville de Bécancour. Quatre ans plus tard, il en deviendra le maire. Ses dix années passées au poste de premier magistrat l'auront amené à travailler avec l'État québécois. Provenant d'une famille libérale, il tente alors sa chance au provincial et se fait élire comme député de Nicolet-Yamaska en 1985 dans un gouvernement dirigé par Robert Bourassa.
«C'est un chef en qui j'avais confiance», raconte celui qui parle de ses deux mandats à Québec comme «neuf ans d'université». Et durant cette période, il fut le premier à mettre sur pied le concept de caucus régional.
Son séjour à l'Assemblée nationale lui aura permis de vivre ses rencontres les plus mémorables alors qu'il représentait le Commonwealth, soit Lady Diana et Margaret Thatcher. À la suite de la victoire de son adversaire péquiste Michel Morin en 1995, Maurice Richard retrouve sa chaise de maire de Bécancour pour les dix-sept années suivantes. Au printemps 2012, à la surprise générale, il annonce son départ de la mairie pour la haute direction de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.
«J'ai été nommé à la bonne place», dira celui qui peut ainsi mettre à profit tout son réseau de contacts et sa vaste connaissance de l'appareil gouvernemental. Et c'est sans compter qu'il connaît le parc industriel comme le fond de sa poche, ayant été témoin de l'arrivée et du développement de toutes les entreprises qui s'y trouvent.
Et deux principes dictent sa manière de faire: comment on fait pour dire oui et s'occuper d'un dossier pendant qu'il est petit. Deux choses qu'il a en horreur: l'impolitesse et l'incompétence. Et pour éviter les peurs, il s'assure de travailler avec une bonne équipe.
Comme ce fut le cas pendant toutes ses années de vie publique, Maurice Richard continue de donner du temps à la communauté. Sa plus récente présidence d'honneur fut celle de la Grande guignolée des médias. Il en aura accumulé plusieurs au fil des ans, en plus d'être membre de plusieurs organismes.
«Je veux donner. En 2014, il faut être éveillé. Ce n'est pas tout le monde qui mange au déjeuner. Venant du monde de l'alimentation, je connais le prix d'une livre de beurre et d'une orange», confie-t-il.
Loin de courir après les hommages, ce partisan de la police de proximité apprécie surtout sa médaille de vigilance et loyauté de la Sûreté du Québec, lui qui a reçu plus d'une distinction.
Collectionneur de plumes qu'il utilise pour écrire abondamment à la main, Maurice Richard est aussi un artiste-peintre accompli. Déjà, dans son enfance, il aimait dessiner sur les sacs à papier brun de l'épicerie avant de les remettre aux clients.
Il a beau porter le même nom que le légendaire joueur du Canadien de Montréal, il n'a jamais pratiqué le hockey. Mais il fut arbitre pour plusieurs sports. Et son bon jugement est sans contredit reconnu, à voir toutes ces réélections.
Celui pour qui la retraite n'est qu'un mot dans le dictionnaire est nul doute le Rocket politique de Bécancour.
Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.