Un dosimètre, vendu par l'Association pulmonaire du Québec, qui sert à mesurer du gaz radon.

Le radon doit être détecté dans les maisons

Alors qu'on apprenait cette semaine qu'une cinquantaine d'écoles primaires et secondaires du Québec (mais aucune de la région) enregistrent des concentrations de radon qui dépassent le seuil acceptable fixé par Santé Canada, l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie et Centre-du-Québec émettait mercredi un communiqué invitant les propriétaires à détecter ce gaz cancérigène dans les maisons privées, particulièrement au sous-sol et au rez-de-chaussée.
Une enquête réalisée par Santé Canada indique en effet que 10 % des résidences du Québec où le radon a été mesuré montraient une concentration en radon supérieure à la recommandation canadienne de 200 becquerels par mètre cube. Caroline Paquin, conseillère en communication à l'agence, confirme que ce pourcentage s'applique aussi aux résidences de la région.
La présence de ce gaz n'est pas innocente; si pour la majorité des gens le cancer du poumon est associé principalement à la cigarette, le radon vient en deuxième cause. Il est en fait la première cause de ce cancer chez les non-fumeurs.
Selon Santé Canada, près de 16 % des décès attribués au cancer du poumon sont associés au radon, donc à environ 940 décès par année au Québec. En fait, l'effet du radon sur les poumons est encore plus important chez les fumeurs.
L'exposition pendant des années à ce gaz accroît bien sûr le risque de développer un cancer du poumon. Tout est fonction du niveau de radon dans la maison, de la durée de l'exposition et du fait que les résidents soient fumeurs ou non. La combinaison de ces facteurs augmente fortement le risque de cancer du poumon.
La direction de la santé publique recommande donc à tous les propriétaires de mesurer la concentration du radon, un gaz inodore, incolore, sans saveur mais radioactif, présent naturellement dans le sol mais qui peut s'infiltrer insidieusement dans les résidences et les bâtiments par les fissures et les ouvertures au niveau des fondations.
Ce gaz a tendance à s'accumuler dans les pièces les plus basses de l'habitation. Pour détecter une concentration de radon, on doit utiliser un appareil conçu à cet effet, simplement appelé détecteur de radon. On recommande d'installer le détecteur l'hiver, pendant au moins trois mois dans la pièce la plus basse de la maison. Il ne faut pas se fier à un test effectué chez un voisin, même immédiat. Il faut aussi savoir que les concentrations de radon peuvent varier d'heure en heure, selon les saisons.
Cela dit, on peut faire le test soi-même, en se procurant un détecteur certifié, approuvé par Santé Canada. Ils sont disponibles auprès du CAA Québec, des entreprises accréditées pour la mesure du radon et dans certaines quincailleries ainsi qu'auprès de l'Association pulmonaire du Québec (www.pq.poumon.ca/radon) qui peut fournir une trousse de détection au coût d'environ 40 $, incluant l'analyse.
Enfin, il est aussi possible de faire appel à une firme spécialisée et accréditée, dont on trouve une liste sur le site Internet du ministère de la Santé dans l'onglet «santé publique, environnement».
En cas de découverte de radon en quantité supérieure à 200 Bq/mètre cube, il est recommandé d'effectuer les corrections nécessaires de préférence avec une firme accréditée pour les mesures d'atténuation des infiltrations. Parfois, de simples mesures comme l'apport d'air frais ou le colmatage des fissures des murs ou fondations sont suffisantes.