Le père Sarrasin, Jules Baribeau, est décédé.

Le Père Sarrasin n'est plus

Figure emblématique du Festival de la galette de sarrasin de Louiseville, Jules «Bill» Baribeau, alias le Père Sarrasin, n'est plus.
M. Baribeau s'est éteint mercredi, à l'âge de 79 ans, des suites d'une longue maladie, à la résidence Avellin-Dalcourt où il habitait depuis six ans. Il allait avoir 80 ans en janvier.
La Ville de Louiseville et son Festival auront bénéficié de son grand dynamisme dès le début du Festival de la galette de sarrasin, il y a 39 ans.
«On aurait aimé l'avoir pour le 40e anniversaire, indique l'ancien président du Festival, Yvon Picotte.
Vêtu de sa chemise à carreaux, de ses pantalons bruns retenus par des bretelles garnies des macarons des meunières, arborant un nez rouge distinctif, le Père Sarrasin fut un ambassadeur coloré et apprécié de son organisation et de sa communauté. Et ce n'était pas son seul costume, tient à préciser M. Picotte.
M. Baribeau était notamment fort impliqué dans les Chevaliers de Colomb. Avec Yvon Picotte, il avait réussi à réunir une dizaine d'autobus remplis de Chevaliers de Colomb des quatre coins du Québec, en 1991, pour aller ramasser, en moins de deux jours, les débris laissés par la tornade de Maskinongé.
Homme de foi, il avait assidûment travaillé pour la conservation de l'église de Louiseville, rappelle M. Picotte. Il avait aussi trouvé moyen de raviver le culte à saint Antoine, patron de cette église, en organisant les Mardis de saint Antoine et en s'impliquant chaque année dans la Marche du pardon.
«Il était de toutes les batailles. C'est un monument qui nous quitte», résume M. Picotte.
Plus que simple acteur d'un personnage amusant, Jules Baribeau a en effet oeuvré activement au développement de sa région à sa façon.
«Il est allé une douzaine de fois en Belgique» et les Belges sont souvent venus à Louiseville à leur tour, raconte sa fille, Chantal.
C'est que le Père Sarrasin était fasciné par les confréries belges dont la mission est de mettre en valeur les divers produits de leur terroir, notamment leurs célèbres macarons et leur lapin à la bière.
Jules Baribeau a donc su importer cette idée, en 1997, en lançant la Confrérie des sarrasins, à Louiseville, un groupe qui existe toujours après 20 ans et dont l'objectif est de promouvoir le sarrasin, son festival et sa région. On a vu naître, par la suite, d'autres confréries, celle de la Nouvelle-France pour promouvoir les bières brassées localement, de la truite mouchetée, de la Nouvelle-France et des Côtes de glace du Québec, pour en citer quelques-unes. Un pendant de la Confrérie des sarrasins, les Dames de Gerlaise, a aussi vu le jour en 2004.
En 2005, toujours sous l'impulsion de Jules Baribeau, un grand rassemblement de confréries, chacune avec ses longues toges colorées et ses chapeaux spectaculaires, avait enjolivé le centre-ville de Louiseville en présence de la Gouverneure générale du Canada.
M. Baribeau, dont on se souviendra aussi pour sa jolie voix de ténor dont il faisait profiter les foules à l'occasion, aura même laissé sa marque en Belgique puisqu'on y trouve maintenant, à Silenrieux, le restaurant-brasserie L'Père Sarrasin. Chantal Baribeau a eu l'occasion de montrer la page Facebook de cette entreprise à son père avant son décès, ce qui lui avait bien fait plaisir, dit-elle.
Cette dernière rappelle qu'il y a quatre ans, sa mère était décédée, elle aussi, à la veille du Festival de la galette. «C'est comme s'il avait attendu ça», souligne-t-elle, songeuse.
Jules Baribeau laisse dans le deuil, outre sa fille Chantal, son fils Stéphane et deux petits-enfants.
La date des funérailles n'a pas été choisie encore. Mme Baribeau explique qu'elles ne se tiendront pas durant le Festival parce qu'il y a beaucoup trop de gens et peu de places de stationnement.
Yvon Picotte indique qu'une minute de silence sera prise au cours du Festival, en sa mémoire et qu'un hommage conjoint lui sera rendu plus tard par la mairie, les Chevaliers de Colomb, les Confréries et le Festival.
Jules Baribeau a été policier municipal à Louiseville entre les années 1960 et 1980.
Il avait contribué au démarrage du Festival de la galette notamment avec Madeleine Bélanger et Roland Bellemare. Assez rapidement, le personnage du Père Sarrasin s'est imposé. «Au début, il se collait une barbe», raconte sa fille. La barbe est finalement devenue partie prenante de sa personne de tous les jours et le Père Sarrasin est devenu assez important pour son milieu pour avoir droit à une statue de son vivant.
Le Festival de la galette lui rendra hommage
Jules Baribeau sera le sujet d'un hommage posthume durant le 39e Festival de la galette de sarrasin de Louiseville qui débute vendredi.
M. Baribeau est décédé mercredi soir, soit à quelques heures du coup d'envoi de l'édition 2017. Les administrateurs vont se réunir d'urgence vendredi matin afin de trouver une idée pour souligner l'apport du Père Sarrasin.
«Je n'ai aucune idée à quoi ça va ressembler, mais c'est sûr qu'il y aura quelque chose en son honneur. Jules a personnalisé le Père Sarrasin pendant des années, il était convaincu de l'importance du festival et quand il en parlait, il était convaincant. Il était l'image du festival», commente André Auger, le président de l'événement.
S'il est acquis que le festival saluera le Père Sarrasin, il est bien possible que la Ville de Louiseville honore d'une façon ou d'une autre la mémoire de Jules Baribeau, un homme que le maire Yvon Deshaies porte en haute estime.
«Il aimait sa ville. Il a été le plus grand ambassadeur de Louiseville et va rester le plus grand ambassadeur. Le prochain conseil devra penser à quelque chose pour lui rendre hommage.»
Yvon Deshaies garde de bons souvenirs de Jules Baribeau lorsqu'il prenait les traits du Père Sarrasin. Il se souvient de lui comme étant un homme impliqué entre autres au sein de l'organisation du hockey mineur et de la troupe de théâtre les Compagnons de Saint-Antoine. Mais c'est lorsque Jules Baribeau était membre de la police de Louiseville qu'Yvon Deshaies a davantage fait sa connaissance...
«J'avais 12, 13 ans à l'époque. On était 20, 25 jeunes à se tenir au dépanneur de Paul Sicard, au coin de Saint-Antoine et de Sainte-Élisabeth, à côté du poste de police. On faisait rien de bien grave, mais quand on jouait des tours à du monde ou qu'on volait des pommes chez quelqu'un, M. Baribeau entrait au dépanneur. Il nous embarquait dans le char de police pour nous ramener à la maison et il appelait mon père. Là, c'était moins le fun
Spectacles
Le Festival de la galette de sarrasin prend son envol vendredi soir avec un programme double dans sa grille de spectacles. 
Brigitte Boisjoli sera à l'auditorium Roger-Matteau de l'école secondaire l'Escale, pendant qu'Yves Lambert montera sur la scène de la Place Canadel.
Une exposition de peintures organisée par Francine Laurin est également présentée vendredi à l'église de Louiseville.
Avec la collaboration de Martin Lafrenière