Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en compagnie de la députée de Laviolette, Julie Boulet.

Le passage obligé des politiciens

Créé à l'origine pour stimuler l'économie locale, le Festival western de Saint-Tite s'est hissé parmi les événements touristiques majeurs du Québec. Le festival qui célèbre son 50e anniversaire attire chaque année près de 600 000 visiteurs, un exploit colossal pour une ville de moins de 4000 résidents. Afin de souligner cet anniversaire, Le Nouvelliste propose chaque semaine des entrevues qui montrent les nombreux visages de cette aventure western.
Justin Trudeau en 2015 avait été très remarqué. On le voit avec sa fille et François-Philippe Champagne alors candidat pour devenir député.
Jean Charest se rendait souvent à Saint-Tite pour rencontrer des festivaliers. On le voit ici en 2008.
Quel politicien ne rêve pas d'un bain de foule amical dans un esprit de fête et qui peut s'avérer très payant politiquement? Il n'est donc pas du tout surprenant qu'autant de chefs de partis aient revêtu le chapeau de cow-boy pour se rendre au Festival western de Saint-Tite. 
«Il s'agit pour eux d'une occasion incroyable de serrer énormément de mains. Et les gens sont sympathiques et relax durant le festival. Les festivaliers sont fiers de les rencontrer et veulent souvent se faire prendre en photo avec eux», souligne Pascal Lafrenière, le directeur général du festival à qui incombe également la tâche d'accueillir les dignitaires et politiciens. 
Un an avant les élections fédérales de 2015, Justin Trudeau s'est prêté au jeu. En compagnie de sa fille, il est allé à la rencontre des électeurs. La majorité des festivaliers étaient très heureux de serrer la main du jeune politicien habillé en cow-boy. Justin Trudeau était alors accompagné du candidat dans Saint-Maurice-Champlain, François-Philippe Champagne.
«Il était un vrai rock star. J'ai alors été très surpris de sa popularité. Il est allé à la place de la famille avant de faire un bain de foule entre les bureaux du festival et le salon des présidents. Ce n'est pas une longue distance, mais pourtant, ça lui a pris plus d'une heure à faire le trajet», se souvient Pascal Lafrenière. 
«Les gens lui contaient des anecdotes de son père et étaient très respectueux. Certains lui disaient qu'ils étaient contents de le rencontrer, même s'ils disaient qu'ils n'allaient pas voter pour lui.»
Les choses ont bien changé depuis 2015. Justin Trudeau est premier ministre du Canada et François-Philippe Champagne a été nommé ministre du Commerce international. 
Bien sûr, le parti conservateur du Canada s'était lui aussi montré présent cette année pré-électorale, comme il en avait fait une habitude. La tâche revenait au lieutenant politique de Stephen Harper, Denis Lebel, d'aller à la rencontre des festivaliers de Saint-Tite. Il rappelait aussi lors de ses passages le soutien financier de son gouvernement envers l'événement. 
À deux jours des élections fédérales de 2008, le chef du Parti conservateur et premier ministre sortant Stephen Harper a fait un passage remarqué à Saint-Tite. Invité alors par les organisateurs du Festival western à l'occasion d'une rencontre, tenue en dehors de l'événement et portant sur les enjeux socio-économiques de la MRC de Mékinac, il avait notamment affirmé qu'il n'était «pas le diable avec un chapeau de cow-boy». On était alors le 12 octobre, deux jours seulement avant le scrutin qui lui donnera finalement un gouvernement minoritaire.
Les premiers ministres libéraux du Québec Jean Charest et Philippe Couillard se sont souvent rendus au Festival western. Ils peuvent à ce moment prendre part au défilé regardé par près de 100 000 spectateurs de partout au Québec. Les festivaliers aiment toujours les voir ainsi prendre part à la fête. 
Alors qu'elle était chef de l'opposition officielle et du Parti québécois, Pauline Marois est aussi allée à la rencontre des festivaliers. Cette visite a eu lieu en 2011, un an avant qu'elle devienne première ministre du Québec.  
«Je me souviens qu'elle souhaitait vraiment aller voir les festivaliers», précise le directeur général du festival. 
Conscient du caractère séducteur du Festival western, François-Philippe Champagne profite de toutes les occasions pour découvrir cet événement. L'an dernier, il a chapeauté la visite des consuls de France et des États-Unis. «Le consul américain a même voulu rencontrer des compétiteurs de rodéos américains pour discuter avec eux», note Pascal Lafrenière. 
Les organisateurs sont ouverts à accueillir les politiciens de tous partis politiques. Il s'agit pour eux de faire découvrir l'événement et ainsi mieux faire comprendre ses besoins. «C'est du gagnant-gagnant. Ils viennent serrer des mains et on peut leur montrer ce que c'est vraiment. Car c'est très dur décrire le festival et de faire comprendre réellement ce que c'est à une personne qui n'est jamais venue.»