La légende du country Johnny Cash lors de son arrivée au Festival western.

Le Nashville du Québec

Créé à l'origine pour stimuler l'économie locale, le Festival western de Saint-Tite s'est hissé parmi les événements touristiques majeurs du Québec. Le festival qui célèbre son 50e anniversaire attire chaque année près de 600 000 visiteurs, un exploit colossal pour une ville de moins de 4000 résidents. Afin de souligner cet anniversaire, Le Nouvelliste propose chaque semaine des entrevues qui montrent les nombreux visages de cette aventure western.
Céline Dion n'était pas encore la star internationale qu'elle est aujourd'hui lors de son passage au Festival western de Saint-Tite.
Depuis sa création, le Festival western n'est pas que chapeau de cow-boy et bottes de cuir. Omniprésente à chaque coin de rue, la musique a fait danser des générations de festivaliers. Et quelques grands spectacles d'artistes comme Johnny Cash, Céline Dion ou encore Kenny Rogers ont contribué à faire naître le mythe de Saint-Tite. 
«Hello, I'm Johnny Cash». C'est avec cette célèbre phrase que la légende du country américain est montée sur la scène des grandes estrades en 1984. Yves-Marie Moreau se souvient de l'entrée en scène de son idole comme si c'était hier. Celui que tout le monde connaît à Saint-Tite sous le nom de Staff était dans la foule pour ce spectacle majeur pour le Festival western. Dans les années qui ont suivi, le Staff s'est occupé de l'organisation des spectacles. Il a poursuivi son engagement auprès du festival jusqu'en 2004.  
Cette soirée de septembre 84, l'éternel homme en noir a présenté ses plus grands succès devant une foule de plusieurs milliers de spectateurs. «Johnny Cash avait une voix unique. Plusieurs ont tenté de l'imiter, mais personne n'y est arrivé», ajoute M. Moreau. 
La première partie de ce spectacle mettait en vedette le duo québécois country Jerry et Jo'Anne. Ce groupe récipiendaire dans les années 80 de deux Félix était qualifié par plusieurs de «meilleur groupe country québécois ». C'est d'ailleurs sous la demande de Johnny Cash lui-même qu'ils ont été invités à prendre part à ce spectacle. La légende du country voulait que ce soit Jerry et Jo'Anne qui mettent la table pour son show. 
«Johnny Cash était un véritable gentleman. Nous le connaissions déjà lorsqu'il nous a invités à faire sa première partie», se souvient Joanne Moreault, la moitié féminine du duo. 
«À l'époque, nous enregistrions nos disques à Nashville. Il n'y avait pas beaucoup de groupes québécois qui enregistraient aux États-Unis. Nous avions alors été invités à la House of Cash où nous avons eu la chance de rencontrer Johnny Cash. Il a été vraiment super gentil avec nous.»
Un reportage du journaliste Paul Toutant au Téléjournal de Radio-Canada animé par Bernard Derome disponible sur YouTube évoque le passage de Johnny Cash à Saint-Tite.
En 1989, le Festival western sort un peu de son créneau habituel et signe Céline Dion. La jeune chanteuse qui connaît un succès avec son album Incognito commence alors à percer la scène internationale. Une foule considérable se déplace pour la voir chanter aux Grandes estrades. Alors responsable des spectacles, Yves-Marie Moreau se souvient que le gérant de la chanteuse, René Angélil, a appris le matin même du spectacle qu'un contrat avait été signé. 
«Son gérant nous a téléphoné pas trop content, car il a su le matin même que Céline faisait le show», précise M. Moreau. 
L'avait-il oublié? Chose certaine, Céline Dion était au rendez-vous.  
L'année précédente, les Grandes estrades ont été remplies comme jamais. «Nous avons le record d'assistance pour le spectacle d'André-Philippe Gagnon, avec le jeune Michel Barrette en première partie», soutient le Staff. 
«Il y avait du monde debout partout. On ne pourrait plus remplir les estrades comme ça aujourd'hui. On a vendu 9995 billets. Et il n'y avait qu'un billet qui n'était pas de la même couleur que les autres... il y en a un qui nous en a passé une petite vite.»
Tenir de grands spectacles comme ceux-ci étaient toujours un pari risqué pour les organisateurs. Avant 1995, les billets étaient mis en vente la journée même. Si les spectateurs pouvaient attendre jusqu'à plusieurs heures pour avoir leurs billets, les organisateurs ne savaient jamais s'ils allaient faire leur frais et ne pouvaient compter sur les sommes engendrées par les préventes. Pour marquer en grand le 40e anniversaire du Festival western, une autre légende s'est rendue à Saint-Tite. Qui d'autre que Kenny Rodgers pouvait marquer en grand l'événement?
Il serait faux de croire que le Festival western se limite qu'à ces grands événements. Depuis sa création, la musique est au coeur de toutes les éditions. Des scènes sous des chapiteaux proposent de la musique en continu les soirs. Et plusieurs spectacles sont présentés à la Countrythèque. Il s'agit d'endroits incontournables où les icônes québécoises du country, comme Renée Martel, Patrick Norman ou encore la famille Daraîche sont passés. 
La programmation de la 50e édition fait honneur à cette longue tradition de spectacles à Saint-Tite. Il y aura, pour ne nommer que ceux-là, des spectacles d'Alabama et de Dean Brody, des Cowboys Fringants ainsi qu'un gros spectacle de clôture mis en scène par Renée Martel mettant en vedette Isabelle Boulay, Paul Daraîche, Julie Daraîche, Cindy Bédard, Guylaine Tanguay, Brigitte Boisjoli, Manon Bédard, Véronique Labbé, Annie Blanchard, Robby Johnson et Irvin Blais.