Alexandre Delisle-Houde

Le mystère Alexandre Delisle-Houde

Les choses sont en constante évolution dans le hockey. À pareille date l'an dernier, Alexandre Delisle-Houde était perçu comme l'espoir le plus prometteur dans les rangs des Cataractes. Il faisait la pluie et le beau temps dans le midget AAA, il avait rayonné au Défi mondial des moins de 17 ans et il avait montré lors des matchs où il fut rappelé par les Cataractes que le rythme du junior ne l'indisposait pas.
Tout ça faisait en sorte que le poste de troisième centre de l'équipe était le sien, sur la table à dessin de Martin Bernard, quand le camp d'entraînement a débuté en août dernier. Un statut qu'il a gardé un bout de temps au début de la saison malgré des performances en dents de scie, tellement il était bien coté par l'organisation. Puis lentement mais sûrement, il a reculé sur l'échiquier offensif.
Même si le directeur-gérant Martin Mondou a liquidé presque tous les vétérans au sein de l'équipe, Delisle-Houde en est rendu à se battre pour simplement garder sa place dans l'alignement. Aujourd'hui face aux Foreurs, il sera à nouveau laissé dans les gradins.
«Trois heures dans les estrades, c'est pas mal plus long que de jouer le match! Je ne dois pas laisser le choix à Martin de m'utiliser. Je travaille là-dessus», raconte l'attaquant, qui ne croit pas jouer du si vilain hockey pour autant.
«J'ai eu de la misère en début de saison, c'est vrai. Mais depuis, ça va beaucoup mieux. Il y a beaucoup de jeunes ici, des fois tu ne joues pas et ce n'est pas nécessairement parce que tu as fait quelque chose de mal...», ajoute celui qui a une fiche de deux buts, quatre passes et un différentiel de -5 en 45 matchs.
Delisle-Houde convient par contre qu'il ne s'attendait pas à avoir autant de mal à noircir la feuille de pointage. «Je suis un peu déçu mais je sais que ça va finir par débloquer si je continue à travailler fort. Ça ne peut pas aller mal pendant quatre ans!», lance-t-il.
«Je me sens de mieux en mieux sur la glace. Je suis peut-être un peu nerveux quand j'ai la rondelle devant le filet ennemi car la confiance n'est pas au plus haut niveau mais avec un ou deux buts, je suis confiant que ça va débouler.»
À lire dans les propos de son pilote, Delisle-Houde devra commencer par augmenter son niveau d'intensité. Bernard l'a utilisé dans toutes les situations possibles pour le relancer ces dernières semaines, avec un succès bien mitigé. Il a guidé Alexis D'Aoust sur le même chemin qui lui, a retrouvé ses marques.
Une méthode, deux athlètes et pour l'instant, deux résultats différents. «Chaque joueur est différent, le déclic n'arrive pas en même temps pour tout le monde. Pour certains ça se produit rapidement. Pour d'autres, c'est un peu plus long et il y a des gars pour qui le déclic n'arrive jamais. Je ne veux pas comparer Alexis et Alex, sauf que je peux dire que le désir d'Alexis de progresser est très, très fort. Et je ne peux pas dire que je sens exactement la même chose d'Alex présentement. C'est un gars intelligent, qui se pose des questions... Il se doit d'être plus constant.»
Selon Bernard, Delisle-Houde est victime d'une deuxième saison trop facile dans les rangs midgets AAA l'an dernier. «Il était prêt pour le junior, il a décidé de rester dans le midget AAA. Le problème, c'est qu'il faisait ce qu'il voulait sur la glace, il n'avait pas besoin de jouer à haute intensité pour connaître du succès. Dans une situation comme ça, il y a des gars qui prennent des mauvais plis... qui ne sont pas faciles à faire disparaître par la suite.»
Même avec le recul, l'ex-vedette du Séminaire Saint-François ne regrette pas sa décision. «Ce fut une décision familiale à la base. Et puis j'ai connu une saison fantastique avec mes coéquipiers, des gars que je côtoyais depuis plusieurs années... Je veux vivre la même chose ici. Nous avons une jeune équipe, notre progression est excellente. À mon avis, on va faire un petit bout de chemin en séries et dès l'an prochain, nous serons prêt à créer de grosses surprises.»