Éric Bédard (deuxième à partir de la gauche) est très heureux de la performance de ses Italiens aux Jeux de Sotchi. L'entraîneur-chef de l'équipe féminine du Canada, Frédéric Blackburn (premier à gauche) a quant à lui connu des moments plus difficiles.

Le marathon est enfin terminé

Le long marathon des Olympiques est enfin terminé pour les patineurs de courte piste... et leurs entraîneurs. Le stress peut enfin tomber et nous pouvons dire mission accomplie.
Les deux dernières semaines ont été épuisantes, puisque nous avions cinq compétitions avec seulement une ou deux journées de repos entre chacune. Non seulement fallait-il préparer les athlètes, mais mon adjoint, Kenan Gouadec, et moi avons aussi dû porter les chapeaux de psychologue et de relationniste. C'est beaucoup d'heures de travail, d'émotions et de stress, mais au final, je suis très content du résultat.
Encore vendredi, nous surfions sur l'adrénaline pour les dernières épreuves des Jeux, une chance puisque les cernes sous mes yeux en disent long. Malheureusement, Arianna Fontana n'a pu se faire justice après un contact avec une adversaire. La décision des officiels n'a pas été en notre faveur.
Quant au relais, en finale B, nous faisions face au Canada et à la Corée du Sud. En terme d'adversaires facile à détrôner, nous avons vu beaucoup, beaucoup mieux. Tout de même, je suis heureux de la performance de mes patineurs parce qu'ils sont parvenus à suivre les deux autres équipes pendant la majorité de l'épreuve.
Une récolte appréciable
Avec deux journées à faire aux Jeux, l'Italie montre maintenant une récolte de huit médailles, dont trois en patinage de vitesse courte piste, ce qui est bien, considérant le financement réduit pour la majorité des athlètes. Je pense que nous avons accompli notre mission.
La médaille d'argent d'Arianna au 500 m pourrait même lui permettre d'avoir l'honneur de transporter le drapeau du pays lors de la cérémonie de clôture, selon ce que les rumeurs affirment. Je ne cacherai pas que j'ai fait un peu de lobbying en sa faveur, et on m'a répondu avec un clin d'oeil. Je ne serais donc pas surpris que le tout tourne en sa faveur.
Dimanche, pour cette première journée de congé, nous allons aller visiter le village des athlètes des sports de glisse. Dans les médias, on parle souvent du village des athlètes, mais en fait, il y en a deux, selon les lieux où se déroulent les compétitions. C'était comme cela lors des Jeux de Vancouver, alors qu'à ceux de Turin, il y avait trois sites pour accueillir les athlètes.
Nous devons être reçu par le Comité olympique italien pour un dîner lors de notre visite. Depuis notre arrivée à Sotchi, la nourriture est correcte, sans plus. Il faut dire que je suis plutôt biaisé, après tout, j'arrive d'Italie, là où ce qu'on nous sert sur la table est une religion.
Un petit mot sur Charlot
La médaille de bronze du Canadien Charle «Charlot» Cournoyer au 500 m chez les hommes me réjouit au plus haut point. Je l'ai eu sous mon aile lorsque j'enseignais au sein d'un programme sport-études à Montréal, de 2003 à 2005. De le voir se tailler une place sur le podium, c'est écoeurant!
Sa finale m'a rappelé des souvenirs de mes premiers Jeux à Nagano. À l'époque, j'avais choisi d'y aller prudemment afin de m'assurer d'être parmi les médaillés, quitte à gagner le bronze. C'est ce que je crois qu'il a fait et c'est très compréhensible.
Propos recueillis par Nicolas Ducharme