Le spectacle de danse Ô lit, de la compagnie Bouge de là, sera présenté ce dimanche 19 janvier à 14 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture

Le lit comme inspiration chorégraphique

Les spectacles destinés au public jeunesse sont souvent axés sur le théâtre, les marionnettes et les chansons. La compagnie Bouge de là, dirigée par la Trifluvienne d'origine Hélène Langevin, privilégie plutôt le médium de la danse pour rejoindre les enfants.
Dimanche après-midi à la Maison de la culture, les familles sont invitées au spectacle Ô lit qui, comme son titre l'évoque, tourne autour du meuble qui trône dans toute chambre.
«Je voulais créer un spectacle pour les petits de la maternelle, les cinq, six, sept ans. J'ai pensé au lit, comme le meuble qui change le plus entre l'enfance et l'âge adulte, du berceau au lit capitaine, du lit à barreaux au grand lit. C'est un lieu intéressant à travailler scénographiquement. Le lit est devenu la trame narrative du spectacle», résume Mme Langevin, qui a fondé Bouge de là en 2000 à Montréal.
Quatre tableaux illustreront autant d'étapes dans le développement du jeune, de la naissance à l'adolescence. Le lit du bébé est associé au stade de la découverte, celui du petit enfant représente le lieu de l'émotion, celui de l'enfant fait référence au territoire de l'imaginaire, tandis que le lit de l'adolescent est vu comme un espace de transformation.
«Pour le premier tableau, celui du bébé, la difficulté était de demander à des performeurs hyper bons de devenir... moins bons! Pour le bébé, c'est toute l'exploration de la motricité, de son territoire, de sa voix. J'ai aussi imaginé une sorte de So You Think You Can Dance pour bébés», décrit Mme Langevin, qui a ainsi voulu exploiter ce qu'elle identifie comme le côté «show off» des jeunes enfants.
Le deuxième numéro illustre l'étape où le lit et la chambre du jeune enfant sont entre autres synonymes de punition, de lieu d'isolement. «Dans ce tableau, c'est la petite fille qui va piquer une colère. La danse est utilisée pour magnifier, pour amplifier cette colère-là. Puis elle calme sa colère, son père revient et lui raconte une histoire», partage la conceptrice et directrice chorégraphique du spectacle.
Le troisième volet met en scène un garçon de huit ans qui se sert de son lit comme décor de son imaginaire. «Il s'invente des personnages, des super héros qu'il va manipuler, contrôler. Il vit un film dans sa tête», formule Mme Langevin avant de parler du dernier tableau, dédié à l'adolescence: «La chambre est trop petite, on veut pousser nos frontières. C'est plus rock and roll. On tourne le lit et il devient un instrument de musique, on fait du parcours. Il y a l'effet de gang, la musique est plus rapide. C'est très énergique».
Hélène Langevin a commencé à danser à l'âge de 16 ans avec Claire Mayer, alors à la tête de l'école de danse et de la troupe Nébrak. Elle se souvient aussi avoir dansé auprès de Francine Brunet qui, elle, s'était perfectionnée en danse moderne à Toronto. Mme Langevin a pour sa part étudié la danse contemporaine à l'Université du Québec à Montréal et a cofondé le collectif Brouhaha Danse en 1987.
Celle qui initiait les enfants à la danse créative a conçu un premier spectacle jeunesse en 1996 avec Brouhaha.
En créant la compagnie Bouge de là quatre ans plus tard, elle choisissait de se consacrer exclusivement au jeune public. Ô lit est la sixième production de Bouge de là.
Animé par cinq danseurs, le spectacle a été présenté une première fois à Montréal en septembre dernier, et une tournée d'une cinquantaine de représentations a été amorcée en décembre.
Le spectacle de 55 minutes s'adresse aux enfants de cinq ans et plus, mais Hélène Langevin assure que toute la famille peut s'y retrouver.
La présentation d'Ô lit, dimanche à 14 h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau, s'inscrit dans la programmation de la série Théâtre enfance-jeunesse de la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières.
Une activité de création d'un coussin décoratif précédera le spectacle, de 13 h à 13 h 45 (places limitées).
Trois autres rendez-vous sont proposés cette saison, les 23 février (Les petits chaperons rouges, théâtre de marionnettes), 3 mars (Capitaine Grosnez, objectif île de soie, théâtre) et 16 mars (L'oubliette, théâtre).