Le Fonds de solidarité affiche un rendement de 7,4 %

Le Fonds de solidarité de la FTQ présente un rendement respectable de 7,4 % pour l'année 2013, mais l'élimination progressive du crédit d'impôt fédéral de 15 %, à compter de l'année financière 2014, pourrait lui nuire.
La performance a été rendue possible grâce à un bénéfice net de 411 millions $ au deuxième semestre se terminant le 30 novembre 2013, qui a fait passer l'actif du Fonds à 9,7 milliards $.
«C'est un rendement prévisible», indique le directeur général de l'Institut sur la gouvernance des organisations privées et publiques (IGOPP), Michel Nadeau, qui rappelle que la performance du Fonds est liée aux marchés canadiens et ne pouvait donc pas bénéficier de la forte poussée des marchés américains et européens en 2013.
«Malgré les insinuations, malgré les rumeurs, le Fonds de solidarité demeure un organisme bien géré», fait-il valoir à la lumière de ces résultats.
«Dans la décennie 2000 à 2010, le Canada a été le marché le plus rentable. Maintenant, à cause de la baisse de la valeur des matières premières, ç'a été un des marchés les moins payants en 2013.» Le marché des obligations canadiennes, avec un rendement moyen négatif de moins 1 % l'an dernier, a également fait mal, souligne M. Nadeau.
«Un tiers de notre portefeuille est dans les obligations, où ç'a été plus difficile, comme pour tout le monde», a d'ailleurs reconnu le président-directeur général du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, en entrevue avec La Presse Canadienne.
M. Bolduc fait toutefois valoir que le Fonds de solidarité demeure un véhicule de placement fort intéressantmalgré les faiblesses ponctuelles de l'économie canadienne enraison de sa conception particulière.
«Le Fonds est axé sur des entrées de fonds destinés à une mission de développement économique et les actionnaires obtiennent en contrepartie des crédits d'impôt. Avec cetéquilibre, le modèle d'affaires fonctionne bien depuis 30 ans», dit-il.
Le Fonds peut tirer son épingle du jeu même dans des conditions plus précaires car le rendement réel pour l'actionnaire estsupérieur à celui du Fonds lui-même.
«Quand on combine crédit d'impôt, mission et épargne-retraite, c'est là qu'on se rend compte que, sur une période de dix ans, c'est un rendement qui est tout à fait acceptable de10,8 %», affirme M. Bolduc.
Michel Nadeau abonde dans le même sens. «Sur une longue période, le Fonds se compare très, très bien et avec l'avantage fiscal, c'est probablement un des meilleurs placements qu'on puisse avoir», dit-il.
L'ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ajoute toutefois un bémol sur l'avenir, avec la décision du gouvernement fédéral d'éliminer progressivement le crédit d'impôt pour les fonds de travailleurs.
«Il sera moins intéressant parce que le Fonds, évidemment, n'est pas obsédé par le rendement; il a le mandat de maintenir et créer des emplois», dit-il.
Yvon Bolduc en est d'ailleurs fort conscient, lui qui a fait planer le spectre d'un manque à gagner de 4,5 milliards $ d'entrée de fonds sur dix ans si Ottawa persiste dans sa volonté d'éliminer le crédit d'impôt fédéral de 15 % (Québec offre également un crédit d'impôt de 15 % et tous les partis à l'Assemblée nationale ont unanime-ment dénoncé la décision fédérale).