Donald Martel, député sortant de la CAQ, en a lourd sur le coeur au sujet de la façon dont est géré le fonds de diversification économique.

«Le fonds de diversification sert à des fins partisanes»

«Le fonds de diversification économique sert à des fins partisanes. On profite des malheurs de Bécancour pour faire de la propagande politique.»
Manifestement, le député caquiste de Nicolet-Bécancour est dégoûté des agissements de ses adversaires péquistes dans le dossier du fonds de diversification économique créé pour compenser les quelque 800 emplois perdus lors de la fermeture de la centrale Gentilly-2. Et pour cause, seulement 3 des 25 projets confirmés jusqu'à maintenant sont de Bécancour.
Donald Martel n'a pas l'habitude de faire des déclarations à l'emporte-pièce et son «presque demi-mandat» a surtout été marqué par des interventions posées, loin de la langue de bois. Mais c'est en tapant du poing sur la table qu'il donne son point de vue sur l'administration de ce fonds spécial. Et la visite prévue le même jour de la première ministre à Bécancour, précisément sur le thème du fonds de diversification, n'était pas pour lui rendre sa bonne humeur.
Le fonctionnement du conseil d'administration de ce fonds cause problème à son avis, surtout depuis la création du comité stratégique.
«On me dit que ça fait presque six mois que le conseil d'administration ne s'est pas réuni pour donner des orientations, ce qui n'a pas empêché le gouvernement de faire des annonces. C'est un manque de transparence. Le nouveau maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, n'y a même jamais siégé encore!» (Vérifications faites, il est exact que le conseil d'administration ne s'est pas réuni depuis près de 6 mois, comme prévu d'ailleurs, a précisé son coprésident, Jean-Guy Paré. Coïncidence toutefois, il doit le faire aujourd'hui même.)
Mais surtout, Donald Martel n'a jamais digéré la répartition du territoire admissible au fonds de diversification économique.
«C'est inacceptable. On a dit: on réserve 75 % du fonds à la MRC de Bécancour et Trois-Rivières. En faisant ça, ils ont divisé en deux le comté de Nicolet-Bécancour. Ensuite ils ont pris la MRC de Nicolet-Yamaka, Nicolet c'est près d'ici quand même, et ils ont dit, on va traiter Nicolet comme la Ville de La Tuque ou Plessisville ou Victoriaville. Quand on regarde la répartition de la population, la MRC de Bécancour c'est environ 25 000 habitants comparativement à 135 000 pour la ville de Trois-Rivières. Le Parti québécois a brisé en deux le comté mais il n'a pas brisé la ville de Trois-Rivières par contre.»
Le député estime que les territoires des deux MRC du Centre-du-Québec auraient dû être admissibles, au complet. Il ajoute que personne ne lui fera croire non plus que l'argent consenti pour un incubateur à Drummondville (500 000 $), aura un impact sur le territoire touché par la fermeture de la centrale nucléaire.
«C'est ce que je veux dire quand je prétends qu'on utilise le fonds à des fins partisanes.» M. Martel avance même que c'est Bécancour qui a été la plus défavorisée dans l'annonce de projets, bien que ce soit à cet endroit que se trouvait la centrale nucléaire.
Une des raisons à son avis réside aussi dans la disparité qui existe entre les CLD des deux MRC (deux employés chacun) et les gros CLD de Drummondville et Trois-Rivières.
«Si on avait vraiment voulu aider le territoire de Nicolet-Bécancour, on aurait fourni un soutien financier afin d'avoir du personnel pour aller voir les entrepreneurs du coin et leur demander s'ils ont des besoins, soutient M. Martel. Du moins pour la durée du fonds. Et là, on aurait vu plus de projets émerger de cette région, car il y en a des besoins. Mais la triste réalité, c'est qu'on veut garder de l'argent pour Shawinigan et Drummondville», dénonce-t-il.