Le Drakkar d'Éric Veileux a encore trois matchs à disputer cette saison contre les Cataractes, dont celui de ce soir à Shawnigan.

Le Drakkar a déjà la tête aux séries

Identifiée depuis le jour 1 comme l'équipe favorite, le Drakkar a mis du temps avant de se rendre jusqu'au premier rang du classement général. Malgré une poussée irrésistible de dix victoires d'affilée, les hommes d'Éric Veilleux n'avaient qu'une mince priorité d'un point sur l'Armada de Blainville-Boisbriand, au sommet du circuit Courteau, avant de débarquer hier au Colisée Pepsi pour se mesurer aux Remparts de Québec.
Cette course endiablée à la tête du classement n'est toutefois pas la principale préoccupation de Veilleux, qui a toujours dirigé ses équipes en fonction du printemps à venir.
«On a joué de bons matchs... et d'autres moins bons dernièrement. On se concentre sur notre préparation en vue des séries et on voit bien qu'il nous reste des choses à fignoler», lance le petit général, qui s'encourage avec l'idée que les ajustements n'ont rien à avoir avec sa chimie, même si son directeur-gérant est allé chercher deux vétérans lors de la dernière période de transactions. «On a dû passer quelques cas dans le tordeur mais depuis, la chimie est superbe. Tout le monde comprend son rôle, l'accepte. C'est l'une des forces de notre équipe.»
Veilleux grimace quand on lui rappelle que son nouveau poulain Charles Hudon a dit, avant même de mettre les pieds à Baie-Comeau, qu'il aurait préféré être échangé à Halifax. Il assure que son nouveau joueur vedette et Maxime St-Cyr ont rapidement trouvé leur place au sein de l'équipe.
«On peut leur montrer certaines choses, notamment comment se comporter avec les journalistes. Ça fait partie du métier! J'avais entendu certaines choses à leur sujet mais nous n'avons eu aucun problème avec eux. Ce sont deux jeunes qui sont à l'écoute, qui veulent s'améliorer et qui savent qu'ils ont des trucs à corriger», expose le pilote, en acceptant de commenter un peu plus les premiers pas de l'ex-Estacades St-Cyr avec son équipe.
«Je ne suis pas sûr qu'il était dans une forme physique optimale avant d'arriver. Il avait de la broue dans le toupet au cours des deux premières semaines! Mais depuis, ça va mieux, il a retrouvé ses repères. C'est un petit poison autour du filet ennemi...»
Les acquisitions d'Hudon et de St-Cyr ont complété un puzzle déjà bien garni du côté du Drakkar, qui sera en quête au cours des prochains mois du premier championnat des séries de l'histoire de l'organisation. Veilleux refuse par contre de comparer directement l'édition qu'il a présentement sous la main avec celle finaliste de l'an passé, ou encore avec les éditions de 2008-09 et 2011-12 des Cataractes, qu'il a menés respectivement à la finale de la LHJMQ et jusqu'à la Coupe Memorial.
«C'est dur de faire des comparaisons. La chose la plus importante, c'est toujours d'amener le groupe que tu as en place à compétitionner. À moins d'avoir une équipe qui compte sur un Mikhail Grigorenko, un Alexander Radulov ou un Claude Giroux, des gars qui peuvent gagner des matchs tout seul. C'est collectivement que ça se gagne, des matchs de hockey.»
Chaque année, des équipes bourrées de talent sombrent beaucoup plus rapidement que prévu quand la vraie saison s'installe. Veilleux n'est pas immunisé contre ce genre de mauvaise surprise, il a vécu l'énorme déception de l'élimination des Cataractes en deuxième ronde aux mains des Saguenéens au printemps 2012.
Peut-il se servir de cette expérience pour éviter pareil désastre sur la Côte-Nord? «L'expérience, ça peut toujours être utile. Ceci étant dit, je connais la raison majeure de notre élimination aux mains des Saguenéens et je ne pense pas que ça puisse se reproduire ici, avec le Drakkar. Si jamais on se faisait surprendre, c'est impossible que ça soit pour la même raison», crache Veilleux, en refusant d'élaborer davantage. «Mais tout ça, c'est loin dans mon esprit. Pourquoi penser à des choses semblables? Le focus, il est sur notre préparation pour le jour 1 des séries.»
Cette semaine, ça passe par deux duels face aux Cataractes. Le premier sera disputé ce soir au Centre Gervais Auto, les deux équipes se retrouvant par la suite dès vendredi soir au centre Henry-Léonard. Il restera un dernier match entre les deux clubs d'ici la fin du calendrier régulier.
Veilleux peut donc faire une jambette à son ancien club, qui se bat désespérément pour une place en séries...
«Les Cataractes vont bien, ils livrent déjà des matchs de séries depuis un certain temps. Mais pour nous, ces matchs ne sont pas plus importants que les autres sur notre calendrier», assure-t-il, tout en convenant que ces rendez-vous pourraient servir à préparer une confrontation en première ronde.
«Mais je n'ai même pas besoin d'en parler à mes joueurs, ils sont assez intelligents pour comprendre ce qui se passe. Ça devrait donner du bon hockey. Car les matchs de hockey, ça se joue sur la glace.»