La tension monte dans le comté de Saint-Maurice entre le candidat du Parti libéral, Pierre Giguère et le député sortant du Parti québécois, Luc Trudel.

Le dossier FerroAtlántica en danger, selon Giguère

Le candidat libéral pour le comté de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a conclu sa présentation devant une cinquantaine de membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, jeudi midi, en accusant le député sortant de se faire du «capital politique» avec un dossier industriel qui, selon lui, glisse entre les doigts de la communauté.
L'activité organisée par la CCIS, dans le cadre de la campagne électorale qui s'achève, n'avait pas réservé beaucoup d'émotion jusqu'à ce que M. Giguère prenne la parole pour sa conclusion.
Se définissant comme un futur «député de terrain», il a ajouté que jamais, comme élu, il n'irait «négocier sur la place publique pour se faire du capital politique.»
Invité à préciser à quoi il faisait allusion par cette déclaration, le candidat libéral s'est vidé le coeur.
«Est-ce que des gens travaillent pour FerroAtlántica actuellement à Shawinigan?», demande-t-il. «Non. C'est un dossier qui est enclenché depuis un an. Quand on négocie, il ne faut pas aller sur la place publique, tant que ce n'est pas signé. On voit l'effet que ça donne. Ça a réveillé M. (Jean) Tremblay (maire de Saguenay) et un autre endroit également. Ils ont embarqué encore plus fort dans le dossier.»
«Pourquoi faire cela, à part se faire du capital politique?», questionne-t-il. «Il a encore dit, cette semaine, que ce serait annoncé au cours des prochaines semaines. Ça risque effectivement d'être annoncé, mais ailleurs, pas ici. L'information, malheureusement, que j'ai aujourd'hui, c'est que ça ne va pas bien. J'espère de tout coeur que ça viendra ici. Chose certaine, le 8 avril au matin, je veux m'asseoir avec Monsieur le maire. Je sais qu'il en rame un coup, ces temps-ci, pour récupérer ça.»
Questionné à savoir à quelle déclaration il faisait spécifiquement allusion, M. Giguère répète l'avoir «encore» lu «cette semaine», sans plus de précision.
«Il disait que ça s'en venait, qu'une bonne annonce s'en venait avec cette usine», relate-t-il. «Mais il n'y a rien de signé! S'il y a quelque chose de concret, que FerroAtlántica vienne l'annoncer! Je serai le premier à leur serrer la main. Mais il n'y a rien de signé.»
«Un politicien qui irait dire des choses sur mon entreprise sur la place publique, je n'aimerais pas ça. C'est un lien de confiance. Pourtant, l'entreprise n'a jamais dit qu'elle venait à Shawinigan. Il y a une surenchère et je trouve ça désolant.»
Activité polie
Les commentaires de M. Giguère contrastaient avec le ton de l'activité organisée par la CCIS jeudi midi. Les représentants de six partis qui se font la lutte dans les comtés de Saint-Maurice et Laviolette se sont présentés et ont répondu aux trois questions soumises qui touchaient à la rétention des jeunes, à l'accès à la main-d'oeuvre qualifiée et aux stratégies de diversification économique.
En plus de MM. Giguère et Trudel, Stéphane Mongeau (Coalition avenir Québec), Jonathan Lapointe (Parti conservateur du Québec), Jean Guillemette (Option nationale) et Jean-François Dubois (Québec solidaire, seul représentant de Laviolette), ont présenté leur vision.
Si à peu près tout le monde s'entend sur le diagnostic, les remèdes varient selon les formations politiques. Ainsi, M. Dubois croit que l'accession gratuite à l'éducation aiderait à réduire le décrochage scolaire. Jonathan Lapointe a particulièrement martelé l'importance d'abaisser le fardeau fiscal des contribuables, lui qui se fait un «honneur» de représenter le seul parti à ne pas être progressiste.
De son côté, Jean Guillemette a tourné en dérision les prévisions de créations d'emplois lancées à gauche et à droite, puisque le temps venu, tout le monde se trouvera une raison pour expliquer pourquoi l'objectif n'a pas été rencontré. Comme projet mobilisateur, il propose la création, à Shawinigan, d'un campus de l'Université du Québec à Trois-Rivières.
Les candidats des trois autres formations politiques ont repris les engagements déjà diffusés tout au long de cette campagne. Stéphane Mongeau a invité les électeurs à «changer de recette» le 7 avril, tandis que M. Dubois demande à la population un «grand ménage du printemps».