Martin Levac a ramené les classiques de Phil Collins avec son spectacle Dance Into the Lights.

Le dernier week-end de festivités est lancé

C'est Jimmy Hunt qui a ouvert le bal vendredi soir au Jardin des Ursulines. Le chanteur à la guitare et à la voix aux accents mélancoliques n'avait décidément pas l'auditoire ni la scène pour être apprécié à sa juste valeur hier soir au FestiVoix.
<p>Jimmy Hunt a tenté de séduire le public du Jardin des Ursulines.</p>
Plusieurs spectateurs, qui ne faisaient visiblement pas partie de son public cible, ont quitté dès les premières minutes. Comme dans une réaction d'osmose, ceux-ci on quitté naturellement cette bulle trop inaccessible pour leurs oreilles à leur goût. Peu à peu, les places vides ont laissé la chance aux plus convaincus de s'avancer, rétablissant ainsi l'équilibre. 
«Bon, asteure que la majorité du monde qui aime pas ça sont partis, on va prendre une bière pis on va commencer à avoir du fun», a lancé Hunt à la mi-parcours, probablement conscient du phénomène, ce qui a fait rire le public (restant). C'est que le son de son électro folk contemporain atmosphérique, voire dramatique par moments, invite plutôt à une introspection et se prête difficilement à une écoute de masse festive et familiale. S'adressant peu au public, il l'avait pourtant invité à se lever et à danser, en vain.  
C'est lorsque le chanteur a sorti son harmonica que les spectateurs ont réagi le plus chaleureusement. Hunt aurait tiré profit à sortir plus tôt ses rythmes les plus entraînants, ce qui semblait plaire davantage. 
Originaire de Saint-Nicolas, près de Québec, Jimmy Hunt était accompagné de quatre musiciens pour fouler la scène ceintrée d'arbres matures du Jardin des Ursulines. Ces dernières avaient dû bien faire leurs prières, parce que la température était juste à point. Il faut dire que cette scène invite un public généralement un peu plus âgé en raison de son parterre de places assises, ce qui n'a manifestement pas aidé à la cause de Hunt. Pour être reconnu pleinement, il aurait eu avantage à être présenté dans un endroit plus intime. 
«On a essayé Jimmy Hunt à la scène des Voix Multiples pour le faire découvrir au public», avait annoncé Stéphane Boileau, le directeur du FestiVoix dans l'après-midi.  Il semblerait que plusieurs aient décliné l'offre de Hunt à entrer dans son univers planant. 
Beaucoup d'intéressés étaient venus voir le Trifluvien Frédéric Pellerin, avec son projet They Call Me Rico, à la scène principale. Dans un style plutôt décapant, il a animé les spectateurs de sa voix puissante, les entraînant dans son univers folk blues électrique, en reprenant plusieurs succès. 
Le groupe Jazz Street Boys a parfaitement agrémenté l'heure du souper avec les performances à la trompette, contrebasse, batteries et banjo. Le groupe proposait de les retrouver un peu plus tard au Zénob où ils renouaient avec leurs origines du temps où ils interprétaient des morceaux mythiques dans les rues de Montréal. 
Une édition «avec beaucoup de magie»
Hier après-midi, à l'aube de la dernière fin de semaine de festivités, Stéphane Boileau, le président du Festivoix, se disait très fier de l'édition 2014. «Nous avons reçu beaucoup de commentaires des gens sur la qualité de la programmation et nous avons été très chanceux avec la température», a-t-il lancé avec un Martin Levac en trame de fond qui faisait son test de son du spectacle Dance Into the Light. Bien que l'heure de tombée du Nouvelliste n'ait pas permis la couverture de ce spectacle, ce condensé incluant No I Can't Stop Loving You promettait un spectacle envoûtant aux amoureux de Phil Collins. 
De façon générale, la scène des Voix Multiples aurait bien fonctionné, attirant les foules. Selon Stéphane Boileau, le gros hit du festival cette année aura été cette scène au décor enchanteur, qui a notamment accueilli Pierre Lapointe, Grand Corps Malade, Renée Martel et Michel Rivard. «Ça a été plein, plein, plein, tous les jours». En plus d'être visuellement attrayante et de bénéficier de la magie du coucher de soleil, les 4000 places de la scène située dans le Jardin des Ursulines invitent à un atmosphère plus intime que sur la scène principale. Même que certains soirs, cette scène était plus achalandée que la Scène des Voix Populaires. C'est un phénomène nouveau que d'avoir maintenant deux scènes majeures, soutient avec enthousiasme Stéphane Boileau. 
«Il y a eu beaucoup de magie cette année, dans plusieurs spectacles. Les gens ont découverts plusieurs artistes de grand talent.» Boileau a pu dévoiler en primeur que Marc Dupré avait confirmé que des participants de La Voix allaient l'accompagner sur scène pour le spectacle de fermeture.