Grand Corps Malade a provoqué une réaction délirante du public qui remplissait le site de la scène des Ursulines avec son slam émouvant.

Le délire pour Grand Corps Malade au FestiVoix

Soirée animée mais sans histoire au FestiVoix mercredi soir. Pas comme la veille alors qu'on a déploré le suicide d'un châssis double qui s'est défenestré depuis un immeuble de la rue des Forges.
<p>Devenu une superstar de la chanson québécoise au cours des dernières années, Paul Daraîche est demeuré le sympathique artiste qu'il a toujours été. Il offrait hier le spectacle principal de la grande scène du FestiVoix.</p>
Probablement pris d'un coup de blues devant la canicule qu'on connaît et qui suggère un réchauffement accéléré de la planète, le malheureux a cru, pendant un moment de détresse qu'on n'aurait peut-être jamais plus besoin de lui.
The show must go on, comme on dit et la fête a battu son plein comme si de rien n'était mercredi soir sur les différents sites du festival estival. Coup d'envoi fort sympathique dans le jardin des Ursulines à 18 h avec Misses Satchmo, une meneuse de jeu passablement rigolote et sa trompette.
On n'a pas lésiné sur les syncopes et les rythmes entraînants poussant même deux couples de spectateurs à danser dans un concours de déshydratation. Le couple numéro un avec la fille aux souliers roses et le garçon à chapeau, ou c'était un couple de filles mais alors, il y en avait une qui était barbue, l'a emporté par arrêt de l'arbitre sur recommandation des soigneurs.
Si vous aviez l'air climatisé à la maison, laissez-moi vous dire que la soirée a débuté sous une chaleur suffisamment accablante pour qu'on ait hâte au spectacle de Groenland, sur la grande scène, vendredi soir.
On a confié à Grand Corps Malade le soin d'accompagner le soleil à son coucher sur la scène des Ursulines. Peut-être le moment fort de l'édition 2014 du FestiVoix, ce spectacle. Je sais bien que je prends de l'avance sur les événements, mais fiez-vous à moi pour une fois.
D'abord, le site était plein comme un boudin et M. Malade a cassé la baraque. Il a fait près de 90 minutes de spectacle alors qu'on en prévoit normalement 60 sur cette scène. Le public, debout, les bras en l'air, n'en finissait plus d'en redemander.
S'il n'avait pas eu d'autres spectacles à présenter au Québec, Grand Corps Malade aurait facilement pu regagner la France dès hier, porté par ses fans. La folie. J'ai vu bien des spectacles sur cette scène ces dernières années, mais jamais ce délire.
Je ne suis pas psychologue mais j'ai l'impression que l'artiste était vraiment ému par la réaction du public. On l'aurait été à moins. Il faut dire que son slam est d'une terrible efficacité. Il manie aussi bien la prouesse que l'émotion. Et pour qui aime les voix chaudes, la sienne repose sur des octaves si bas qu'ils vous chatouillent la plante des pieds en même temps que les mots vous malaxent le coeur. Vraiment, un excellent spectacle qui a eu le mérite de rallier plusieurs générations de spectateurs.
Soyons honnête: l'enthousiasme s'est quelque peu refroidi lors du passage vers la grande scène où les Mountain Daisies présentaient leur spectacle avec, comme invités, Marie-Pier Arthur et Jonathan Painchaud qui était accompagné d'une drôle de coupe de cheveux et de son frère Éloi le temps de quelques succès.
Il s'agissait essentiellement d'un prélude au spectacle de Paul Daraîche et ses invités prévu pour 22 h 50, l'heure précise à laquelle mon chef de pupitre commence à faire de l'urticaire en m'attendant au journal.
Je suis sincèrement désolé d'avoir manqué le spectacle de celui qui est de loin la plus sympathique superstar de la musique québécoise. En solo, il connaît une carrière fantastique. On se souvient que lui et sa voix se sont séparés à l'amiable il y a quelques années ce qui ne l'a pas empêché de se gagner, depuis, une légion de nouveaux fans. Ça doit être ça qu'on appelle le talent.