La Maison des Trois colombes pourra enfin s'installer chez elle! De gauche à droite: Lise Landry (présidente du conseil d'administration), André Buisson (représentant de la famille Buisson et président de la Société Laurentide), Jean Chrétien (contributeur), Yves Arseneault (directeur général intérimaire) et Pierre Giguère (député de Saint-Maurice).

Le décompte est commencé pour la Maison des Trois colombes

La réalisation de la Maison de Trois colombes a franchi une importante étape vendredi matin, alors que la famille Buisson a officiellement signé l'acte de vente de la résidence familiale qui sera transformée, au cours des prochains mois, en maison de soins palliatifs de huit chambres.
Comme toujours, le conseil d'administration n'a pas lésiné sur les efforts pour marquer dignement ce moment, en remplissant l'ancien salon de la somptueuse demeure de politiciens, de bénévoles et de professionnels associés à cet important projet. 
Pour la famille Buisson, les derniers mois ont été marqués par le déménagement d'effets personnels qui meublaient cette maison depuis une cinquantaine d'années. Les enfants devaient également trouver un nouveau logis à leur mère, Pauline Arseneault, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Ses enfants lui ont finalement acheté une maison bien adaptée pour ses déplacements en fauteuil roulant sur la 117e Rue, où elle est déménagée depuis le 1er septembre. 
La famille a pratiquement terminé de vider la maison mercredi. Les travaux de transformation, qui seront concentrés au rez-de-chaussée, pourront maintenant débuter. Les plans de l'architecte Renée Tremblay viennent d'être approuvés par le conseil d'administration et l'entrepreneur général, Construction Charic, pourrait commencer les manoeuvres dès la semaine prochaine.
En prenant la parole vendredi matin, M. Buisson n'a pu s'empêcher de replonger dans les souvenirs qui ont marqué sa vie dans cette maison, ajoutant ainsi une touche d'humour à cette journée un peu émotive. Il demeure convaincu que cette vente à la Maison des Trois colombes demeurait le meilleur scénario pour l'avenir de ce site exceptionnel, à l'extrémité de la Terrasse de la Cascade, dans le secteur Shawinigan-Sud.
«C'était la bonne chose à faire», réitère-t-il. «On voit le futur de cette organisation qui créera probablement l'une des plus belles maisons de soins palliatifs au Québec. Pour nous, c'est mission accomplie.»
«La Maison des Trois colombes a enfin un toit!», se réjouit Lise Landry, présidente du conseil d'administration. «Nous pourrons procéder aux rénovations dans un décor enchanteur.»
Mme Landry souhaite procéder à l'ouverture de cette nouvelle ressource vers le printemps 2018. Vendredi, elle a annoncé l'embauche d'un directeur général par intérim. Il s'agit d'Yves Arseneault, tout juste retraité du réseau régional de la santé, où il a travaillé pendant près de 27 ans, dont la plus grande partie comme cadre supérieur aux ressources humaines. Il est entré en poste au début août.
Campagne de financement
L'organisme a acquis son nouveau toit au coût de 855 000 $. En considérant un don de 350 000 $ de la famille Buisson pour cette oeuvre, le prix d'achat final se chiffre plutôt à 505 000 $. De plus, la Société Laurentide versera un montant supplémentaire de 200 000 $, échelonné sur une période de cinq ans.
À ces contributions s'ajoute celle de l'ex-premier ministre du Canada, Jean Chrétien, qui a recueilli 845 000 $ auprès de ses proches l'hiver dernier. Il a répondu à l'invitation du conseil d'administration vendredi matin.
«C'est moi qui avais incorporé Gabriel Buisson quand il est parti en affaires», rappelle-t-il au sujet du fondateur de la Société Laurentide. «Il avait un peu, pas mal de caractère! Il était un de mes partisans, mais il n'était pas gêné de me dire quand il n'était pas content. Je venais ici avec Guy Richard, un avocat des Maritimes et on sortait ensemble les trois couples. À cause de ça, je connaissais bien cette maison. Moi, je voulais bien embarquer dans le projet s'il se faisait ici.»
Les responsables estiment à 800 000 $ les coûts de rénovation. Les huit chambres avec salle de bain privée seront aménagées au rez-de-chaussée, où on trouvera aussi un poste de garde et une salle de médicaments. Un petit salon de coiffure est aussi prévu. Les bureaux administratifs et des salles de repos pour les familles seront intégrés au sous-sol, de même qu'un bureau pour les bénévoles de la Maison Albatros, associée au projet.
Jusqu'ici, le comité a amassé 1,69 million $. Guy Lemieux, responsable du comité de financement, souhaite recueillir 600 000 $ auprès de la population au cours de la prochaine année pour assurer la pérennité du service. Rappelons qu'aucuns frais ne seront exigés aux bénéficiaires dont l'espérance de vie ne devra pas dépasser deux mois.
M. Lemieux estime à près de 800 000 $ le coût d'exploitation annuel de cette ressource. Étant donné que le ministère de la Santé et des Services sociaux a déjà confirmé une subvention récurrente de 544 000 $, le solde devra être couvert par les dons de la population. 
La contribution du gouvernement provincial, confirmée au printemps 2016, avait donné un nouvel élan à ce dossier parsemé d'embûches. Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, tenait donc à être sur place pour célébrer cette prise de possession.
«Le financement, c'était la pierre angulaire pour repartir le dossier», rappelle-t-il. «Nous sommes maintenant rendus à une étape importante, la réalisation de la maison. Ce sera un havre de paix, tout près de l'hôpital et moins cher qu'une construction neuve.»