Danielle Godbout, professeure, et Johanne Pothier, directrice du Conservatoire de musique de Trois-Rivières.

Le Conservatoire s'implique auprès de la Maison l'Entr'Amis

La directrice du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, Johanne Pothier, souhaitait élargir le volet des partenariats déjà tissés avec diverses organisations de la région. C'est ce qui l'a menée à proposer un projet d'initiation à la musique à la Maison l'Entr'Amis, qui accueille les familles du secteur Jean-Nicolet du district Les Plateaux.
D'abord inauguré comme une maison des jeunes en 1996, l'organisme communautaire a élargi sa mission, au fil des années, pour devenir un lieu d'accueil et d'offre de services d'éducation et de relation d'aide pour toute la famille. Le parc immobilier de HLM (habitations à loyer modique) regroupe notamment plusieurs familles immigrantes. La Maison est associée au Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières depuis quelques années.
«Dans le temps des Fêtes 2012, je pensais à ce que pourrait faire le conservatoire pour agrandir ses partenariats, pour s'impliquer dans la communauté autrement que dans le milieu culturel. Puis j'ai appris que la pédiatrie sociale était rendue à Trois-Rivières, et j'ai appelé pour offrir nos services», raconte Mme Pothier en expliquant comment le conservatoire s'est vu jumelé avec la Maison l'Entr'Amis.
La maison communautaire disposait déjà de quelques instruments de musique, sans vraiment pouvoir les exploiter de façon structurée. Johanne Pothier y a vu une opportunité. Elle a sollicité la collaboration de la professeure Danielle Godbout-Kozlovsky pour élaborer un projet d'animation musicale.
Depuis l'automne dernier, la professeure s'entoure de quatre autres personnes gravitant autour du conservatoire, pour transmettre des notions de musique aux gens qui fréquentent la Maison l'Entr'Amis. Le professeur Michel Kozlovsky enseigne le piano, Denis Croteau, appariteur occasionnel, la guitare, Michel Blais, élève externe en percussion, enseigne la batterie, et Ludovik Lesage-Hinse, élève, le saxophone. Mme Godbout-Kozlovsky, elle, enseigne le piano, le chant et la basse.
À la fin du «trimestre» d'automne, après avoir apprivoisé les rudiments des instruments, le groupe a pu jouer ensemble The Sound of Silence, de Simon & Garfunkel. Pour les intervenants impliqués, il s'agit d'un bel accomplissement pour un groupe assez hétéroclite, dans un contexte loin du formalisme du conservatoire.
Mais évidemment, le but du projet n'est pas de former des musiciens. «L'important est l'intégration. C'est de faire quelque chose ensemble, avoir un groupe d'appartenance», résume Danielle Godbout-Kozlovsky. «L'idée est de permettre à des jeunes de se trouver un groupe d'appartenance autre que par le sport», ajoute la directrice du conservatoire Johanne Pothier.
Mme Godbout-Kozlovsky évoque aussi la notion de rêve, particulièrement pour les jeunes. «Entre 14 et 18 ans, aucun rêve n'est vraiment accessible. Le temps que tu as un rêve, ça t'aide jusqu'à ce que tu trouves ta voie. La musique peut permettre de s'approcher de son rêve, d'atteindre un certain but à court terme», soutient-elle en parlant du projet qui se poursuit cet hiver.