Le conseil de ville de Trois-Rivières a voté, lundi soir, en faveur de la constitution d'un comité de toponymie.

Le comité de toponymie revivra

Trois-Rivières aura de nouveau un comité de toponymie. Le conseil municipal de Trois-Rivières a voté en faveur, lundi soir, d'une résolution constituant un comité de toponymie, une lacune qui avait été récemment soulevée lors des démarches entreprises pour renommer l'avenue des Draveurs «Avenue Henri-Audet».
Une démarche, rappelons-le, qui avait essuyé bien des critiques avant que la Ville ne fasse marche arrière.
C'est à l'initiative du conseiller municipal Pierre-Luc Fortin que la résolution a été présentée lundi soir. Lui-même enseignant en histoire, M. Fortin indique qu'il se questionnait depuis un certain temps sur le processus mis en place pour la toponymie à Trois-Rivières.
«Ça arrivait à quelques moments que je ressentais un certain malaise sur nos façons de faire. C'est important la toponymie parce que c'est un peu notre patrimoine collectif qu'on affiche, une partie de notre mémoire. C'est important de bien faire les choses et d'encadrer un peu la pratique», indique celui qui dit avoir étudié le fonctionnement de la Commission de toponymie du Québec et de s'être inspiré des meilleures pratiques à travers le Québec pour rédiger la résolution.
Du même coup, le conseil municipal a entériné la constitution de ce comité, qui sera formé de six personnes. Pierre-Luc Fortin en assumera la présidence et l'ancien directeur des communications de la Ville et historien François Roy, la vice-présidence.
S'ajouteront à eux Daniel Massicotte, de la direction de l'aménagement, de la gestion et du développement durable à la Ville, et Valérie Bourgeois, responsable de la diffusion du patrimoine à la Corporation de développement culturel. Finalement, les historiens Yannick Gendron et René Beaudoin viendront compléter le comité.
Le comité de toponymie avait été particulièrement actif en 2003 et 2004, au moment où, après la fusion municipale, le conseil municipal avait dû se prononcer sur le changement de nom de dizaines de rues dans la nouvelle ville pour éviter les doublons.
Un travail monumental avait été effectué, puisque 300 des 1464 rues existantes à l'époque avaient changé de nom pour éliminer les doublons, soit plus de 20 % des rues de Trois-Rivières. Au total, 9555 résidences et commerces avaient changé d'adresse.
Maire
De son côté, le maire Yves Lévesque s'est dit agacé qu'on prétende à la «constitution» d'un comité de toponymie puisque ce comité existait depuis 2002 et n'était, selon lui, qu'en dormance.
Même si la résolution adoptée parlait bien de «constitution», le premier magistrat a souligné que les politiques élaborées dans cette résolution étaient déjà en place et que la Ville avait même déjà remporté des prix et avait été citée en exemple pour ses pratiques en matière de toponymie.
Par ailleurs, une banque de 700 noms serait déjà constituée pour les projets de toponymie à la Ville, et le comité aurait repris du service tôt ou tard, explique le maire Lévesque, étant donné qu'un travail devra être fait afin de déterminer le statut des 350 parcs et 150 cours d'eau de Trois-Rivières, qui devront eux aussi être renommés pour éviter les doublons notamment.
Quant à l'épisode de l'avenue des Draveurs, le maire a laissé entendre que seuls les journalistes faisaient un lien entre cet épisode et la résolution du comité de toponymie. Il a rappelé que si la Ville avait choisi de faire marche arrière, c'était uniquement en raison de la problématique des changements d'adresse pour les résidents de l'avenue des Draveurs. 
Appelé à réagir à ces propos, le conseiller municipal Pierre-Luc Fortin s'est dit déçu de la réaction du maire par rapport à cette initiative.
«C'est dommage. Qu'est-ce que ça lui donne de minimiser le mérite d'avoir ramené ça», se demande-t-il. Pierre-Luc Fortin n'en revenait d'ailleurs pas d'apprendre qu'une liste de 700 noms à honorer au niveau de la toponymie avait été constituée dans les dernières années, mais qu'aucun de ces noms n'avait été utilisé pour la toponymie du nouveau District 55, par exemple. 
«On n'a jamais cherché à honorer qui que ce soit quand on a nommé l'avenue des Vitrines. On a laissé le loisir à un promoteur de décider des noms des rues selon ce qu'il voulait. Ce n'est pas normal qu'on procède ainsi sans aucune autre considération», croit celui qui mentionne que cet exemple illustre bien la nécessité d'un comité de toponymie.
Henri-Audet
En ce qui concerne la mise en valeur du nom du fondateur de Cogeco, Henri Audet, il semble bien que quelque chose se prépare.
Une résolution adoptée lundi soir a retiré aussi l'appellation «rue Henri-Audet» à la voie publique longeant l'autoroute Félix-Leclerc près du boulevard Saint-Jean pour la ramener à «chemin François-Chastelain».
Yves Lévesque n'a pas caché qu'il y aurait bientôt un hommage rendu à Henri Audet, mais n'a pas voulu en dévoiler la teneur.
De son côté, la compagnie Cogeco se dit toujours «ouverte aux discussions avec la Ville de Trois-Rivières» pour rendre hommage à son fondateur, a indiqué sa porte-parole Nancy Bouffard.