Une rencontre est demandée avec le ministre Hébert dans le dossier des services de laboratoire et du travail des médecins spécialistes au CHRTR.

Le CHRTR et l'agence de santé préoccupés

Au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières comme à l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, on se dit «préoccupé» par la décision que vient de prendre le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, et qui touche directement les services de laboratoire ainsi que le travail des médecins spécialistes. Mais surtout, on se demande si le ministre va s'arrêter là, ou si ce n'est qu'une étape.
Quand on connaît la retenue habituelle de ces deux établissements quand vient le temps de faire des commentaires, on prend la mesure de l'importance de ce qui est en train de se passer.
Des échanges ont lieu entre le CHRTR et le cabinet du ministre de la Santé pour obtenir une rencontre mais pour l'instant, seule une rencontre avec le ministre responsable de la région, Yves-François Blanchet, a été confirmée d'ici le début de la semaine prochaine.
«C'est un enjeu majeur pour l'établissement, a admis Serge Boulard, directeur des communications au CHRTR. C'est un volume d'activités qui quitterait Trois-Rivières au profit de Sherbrooke. Environ 28 %.»
Au CHRTR, on ne saisit pas qu'un projet qui repose sur la performance (Optilab) attaque l'un des laboratoires médicaux les plus performants du Québec, à la fine pointe de l'informatique. «Il y a une incompréhension totale. La seule logique est dans la perspective de Sherbrooke», note-t-on, en pesant chaque mot.
M. Boulard rappelle que l'intégration des services du CHRTR se fait à plusieurs niveaux avec les cliniciens de plusieurs spécialités, que des corridors de services sont établis et que le tout est cohérent.
«En fonction de tout cela, un certain nombre de postes de médecins spécialistes nous est attribué. Le jour où, pour une raison X ou Z, on envoie l'activité au sud, à Sherbrooke, ce qu'on envoie comme signal, c'est qu'on n'aura pas la certitude d'être capable d'attirer d'autres médecins spécialistes à l'avenir. Et peut-être qu'on va s'attaquer à d'autres spécialités, on ne le sait pas.»
M. Boulard confirme que le conseil d'administration du CHRTR est au courant de la situation depuis la fin décembre, mais que la nouvelle n'a pas encore fait l'objet de discussions même si un état de la situation est parvenu à tous ses membres. Il semblerait par ailleurs que «des acteurs du milieu» seraient à l'oeuvre pour faire comprendre à l'établissement que la décision est finale.
Agence de santé et des services sociaux
On tient sensiblement le même discours du côté de l'Agence de santé et de services sociaux Mauricie-Centre-du-Québec, où le directeur général adjoint, Gilles Hudon, bien que très mesuré dans ses déclarations, a admis partager l'inquiétude et la surprise exprimées par les autres intervenants de la santé dans ce dossier.
Sans remettre en doute les fondements d'Optilab qui reposent sur le regroupement de volumes d'activités, de masses critiques pour maintenir l'expertise et l'accessibilité des services pour la population, M. Hudon rappelle poliment les investissements qui ont été faits au cours des15 dernières années en Mauricie pour se doter d'une organisation de services en médecine spécialisée, dont des laboratoires qui répondent aux besoins de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
«On a la prétention de pouvoir faire en région le travail qu'exige le projet Optilab, notamment pour les résultats de laboratoire», a-t-il déclaré.
Quant à l'effet domino appréhendé sur les médecins spécialistes et le recrutement, M. Hudon admet qu'il est justifié de s'inquiéter de l'impact sur les effectifs médicaux provoqué par une baisse des volumes au laboratoire du CHRTR. Quant à l'avenir qui attend les autres spécialités «on ne peut que spéculer», répond le DG adjoint.
M. Hudon confirme par ailleurs que le conseil d'administration de l'Agence de santé n'a pas encore discuté de la décision du ministre.