L'auteur-compositeur-interprète Auguste a lancé un mini-album comprenant six chansons. Il sera au Gambrinus le 18 février.

Le chemin sinueux d'Auguste

Une quinzaine d'années après avoir donné ses premiers spectacles au Gambrinus, Sébastien Pomerleau, alias Auguste, revient à Trois-Rivières à la microbrasserie du boulevard des Forges pour y présenter son mini-album. Entre ces deux époques, ce qui était un groupe anglophone est devenu un projet solo francophone.
Originaire de Magog, Sébastien Pomerleau est arrivé à Trois-Rivières à la fin de ses études collégiales en audio-visuel, pour travailler comme caméraman-monteur à Télé-Québec. «Je suis resté à Trois-Rivières pendant sept ans. C'est en arrivant que j'ai eu l'idée de faire un groupe», raconte-t-il en parlant de la genèse de la formation August and Me, qui réunissait au départ Jean-François Lacasse, Jimmy Malenfant et Pascal L'Heureux.
«On a commencé au Gambrinus, aux Mardis de la relève. C'était un projet sérieux, mais c'était plus formateur qu'autre chose; c'était formateur pour devenir de meilleurs musiciens. On a fait à peu près trois ans de spectacles. On a aussi été sur trois compilations avec Val Salva et Around Joshua», ajoute celui qui composait ses propres chansons en anglais depuis l'adolescence.
Le groupe s'est scindé à la suite d'un conflit, et Sébastien Pomerleau a poursuivi ses recherches musicales avec Jean-François Lacasse, en quête d'une direction à prendre. De retour en Estrie, le caméraman-monteur avoue avoir tout remis en question au tournant de la trentaine. Il parle même de «crise existentielle» pour décrire son tournant de décennie.
«J'ai jeté toutes mes chansons et j'ai décidé de repartir à neuf en français. Ça a été difficile de commencer à composer en français, et d'entendre ma voix chanter en français! Mais j'étais en paix avec moi-même. J'étais toujours en train de me justifier de chanter en français. À 20 ans, tu te vois international, alors qu'à 30 ans, tu te demandes ce que tu veux vraiment faire. Et ce n'est pas nécessairement être international», confie-t-il.
Finalement, Sébastien Pomerleau a réuni un nouveau groupe, en le nommant simplement Auguste, pour interpréter ses nouvelles chansons en français. Le groupe comprenait cinq musiciens, auxquels se greffait un quatuor à cordes. Ce collectif a enregistré un premier mini-album de quatre chansons en 2010. Jouer à neuf sur scène n'était pas évident, techniquement et aussi financièrement.
Le groupe s'est une fois de plus dissout, et Auguste est devenu un trio. «On a fait beaucoup de spectacles. J'ai apprécié ne plus être derrière un groupe de neuf personnes; je pouvais plus mettre de l'avant ma personnalité, jaser avec le monde. C'était plus intimiste. Après un an, j'ai commencé à penser au disque», relate l'artiste.
Mais d'autres changements attendaient encore au détour. «Avec le groupe, il y a eu une autre étape de crise. Alors je me suis dit qu'avec mon expérience, je pouvais maintenant m'assumer comme auteur-compositeur-interprète», formule le musicien qui a gardé le nom d'Auguste pour soutenir ce qui est désormais officiellement son projet solo.
Intitulé La tristesse des autoroutes, le mini-album d'Auguste comprend six pièces à saveur folk. Quelques collaborateurs ont contribué, notamment pour le mixage et le matriçage, mais Sébastien Pomerleau a pratiquement tout fait sur son opus autoproduit, disponible sur diverses plateformes numériques ou en «vrai» lors des spectacles.
«C'est très personnel. C'est composé en métaphores, en images, pour qu'en bout de ligne, il reste un sentiment. Le français est une langue très précise. Le défi est que ça reste flou, mais que ça veuille dire quelque chose quand même. C'est très sentimental. Je voulais garder ça poétique», décrit celui qui s'est inspiré de thèmes comme la vieillesse ou encore «l'idée de sentir que ta vie est ailleurs».
Auguste sera en spectacle au Gambrinus le 18 février avec trois autres musiciens. «C'est un spectacle très chargé, très émotif. Je travaille beaucoup les mélodies, alors ce sont des chansons qui restent dans la tête. La présence des autres musiciens vient amplifier l'émotion», mentionne l'artiste.