Claude Gauthier du Castel des Prés.

Le Castel des Prés a 60 ans cette année

Fait très rare dans le domaine de la restauration à Trois-Rivières, le Castel des Prés a 60 ans cette année, ce qui en fait, de mémoire d'homme, le doyen en la matière. Son maître d'oeuvre, copropriétaire, Claude Gauthier, donne aussi dans la stabilité puisqu'il est à la tête de cette table reconnue depuis 35 ans.
Durant cette période, M. Gauthier a vécu de grandes pages de l'histoire de cet établissement. Par exemple, en 1993 il a rasé le motel qui était attenant à la salle à manger. «À cette époque, plusieurs hôtels ont été construits. Alors, ou j'investissais plusieurs millions dans une hôtellerie en hauteur - le motel, c'était fini -, ou je me consacrais à la restauration, ce que j'aime faire», se rappelle l'homme d'affaires.
En prenant les rênes de l'entreprise, il a changé son orientation gastronomique, passant d'un style canadien à un cachet plus relevé. C'était avant l'avènement de la cuisine nouvelle. «J'avais étudié à l'Institut de l'hôtellerie et je voulais changer cela.»
En plus d'en être propriétaire, il avait aussi le nez dans les marmites puisqu'il en était le chef. «Ç'a démarré en fou, en partant, et je n'arrivais plus.» Devant la lourdeur de la double tâche, il s'est associé avec un collègue de la restauration, Joël Zaetta, comme chef. Les deux ont été partenaires pendant une trentaine d'années, jusqu'au départ récent du cuisinier pour la retraite.
En 1986, alors que la bière régnait depuis un certain temps déjà, M. Gauthier a créé L'Étiquette qui était, de son aveu, le premier bar à vins au Québec. «Faire un bar à vins à Trois-Rivières en 1986, j'étais perçu comme un extraterrestre. C'était les années de gloire du Gosier. La bière coulait en abondance. Je suis arrivé avec mon vin et j'ai développé une clientèle particulière», raconte-t-il. Aujourd'hui, L'Étiquette compte 28 ans d'existence, ce qui en fait le plus vieux au Québec.
Le spécialiste en vin François Chartier a bien connu le Castel des Prés. M. Gauthier a encore une lithogaphie, qui a été vendue pour financer un voyage de M. Chartier pour conquérir le titre de Meilleur sommelier du monde au Japon. «Et lors d'une soirée-bénéfice, j'avais gagné l'original de la litho et il me l'avait autographiée en écrivant: «Ici j'ai pris mon premier verre de vin», signifiant ainsi que c'était là que le déclic s'était fait dans sa tête.
2005 a marqué une autre page d'histoire du Castel des Prés lorsque M. Gauthier a abandonné le style plus protocolaire de son établissement, avec code vestimentaire, pour une formule plus conviviale. «On a relâché le collet serré. Il n'y a plus de code vestimentaire. C'est très décontracté. C'est notre vocation depuis 2005.»
Que ce soit auprès des familles, des couples ou des célibataires, la cuisine est plus populaire que jamais. «Depuis les années 2000, c'est le règne de la cuisine. Les gens se font faire des cuisines de 100 000 $. Il y a à profusion des émissions de cuisine à la télévision, comme des livres de cuisine», fait remarquer M. Gauthier, dont le chef vedette préféré est le Britannique Jamie Oliver.
La dernière nouvelle du Castel des Prés est l'association de M. Gauthier avec Dominic Lapointe de À la fine pointe, dont l'entreprise devient le traiteur (raffiné) de la salle à manger du boulevard Gene-H.-Kruger. En plus, le nouveau partenaire hérite de la tâche de chef exécutif du Castel et de À la fine pointe, en plus de faire équipe avec Éric Normandin, le chef du Castel. Quant au personnel de À la fine pointe, il sera intégré à celui du Castel. C'est tout chaud et l'entente doit être finalisée incessamment.