Le député péquiste de Roberval, Denis Trottier.

«Le bois a un avenir»

«Ce monde-là a bâti le Québec à force de bras. Il faut reconnaître ça». Si le député de Roberval, Denis Trottier, ne peut cacher ses émotions en parlant du dur labeur des travailleurs forestiers de l'époque, il affiche la même passion pour prédire la pérennité de l'industrie forestière et dénoncer l'ancien gouvernement libéral.
L'adjoint parlementaire à la ministre des Ressources naturelles (volet forêts) était l'invité hier matin de l'Association forestière de la Vallée duSaint-Maurice pour faire le point après la tenue du Rendez-vous de la forêt québécoise en novembre 2013 qui fut, selon lui, une occasion de «redonner confiance au monde et développer la fierté» par rapport à cet «or vert».
«Mon comté est le plus forestier de la région la plus forestière du Québec et le Québec est un immense territoire forestier», s'est-il plu à rappeler d'entrée de jeu pour démontrer à quel point «la forêt est un élément fondamental de notre culture et fait partie de notre identité».
Et celui-ci a souligné le fait que 97 pays dans le monde sont plus petits que le Saguenay-Lac-Saint-Jean. «Et on n'aurait pas la capacité de se faire un pays avec toutes nos ressources?», a lancé le député souverainiste.
Par ailleurs, M. Trottier a admis que «la crise a fait mal» avec la perte de 30 000 emplois. Et pendant que des programmes comme celui de la transformation du bois sont suspendus faute d'étudiants, des institutions financières refusent de prêter.
«Mais ce n'est pas fini. L'industrie forestière, c'est 60 000 emplois dans 200 municipalités avec une balance positive des exportations», a-t-il tenu à énumérer.
Compte tenu que cinq des six milliards de dollars générés proviennent du papier, «il y a l'obligation de trouver des solutions pour maintenir le papier le plus longtemps possible», affirme le conférencier du jour.
Ce dernier n'a toutefois pu s'empêcher de décocher une flèche à l'endroit de l'ancien gouvernement libéral pour qui, dit-il, «le bois n'était pas une priorité».
«Les 176 pages du Plan Nord n'en contenaient que trois sur le monde forestier et la vidéo, une seconde. Quand le premier ministre Jean Charest conseillait aux gens d'aller travailler dans les mines, comment les étudiants, les travailleurs et les institutions financières pouvaient-ils penser qu'il y a de l'avenir dans le bois?», a-t-il demandé.
Déjà responsable de ce dossier en 2008 alors qu'il était dans l'opposition, M. Trottier a finalement vu sa charte du bois faire l'objet d'une annonce l'an dernier par son gouvernement. Entre autres, cette charte, visiblement moins connue que la charte des valeurs, vise à accroître l'utilisation du bois dans la construction au Québec. «Même nos scieries sont en tôle. C'tu normal?», a-t-il déploré.
Mais du même souffle, le député de Roberval se réjouit de l'arrivée de nouveaux produits, lui qui rêve même d'éoliennes en bois. «Et il y a une compagnie finlandaise qui va lancer le 6 mars prochain au Salon international de l'auto de Genève une auto en bois, après 30 000 heures de recherche», a-t-il révélé, imaginant un tel véhicule au Québec avec un moteur à biocarburant forestier ou électrique.
En ce qui concerne les suites du Rendez-vous de la forêt québécoise où des sommes d'argent furent annoncées, trois chantiers devraient produire des rapports en cours d'année sur la production de bois, l'efficacité des mesures en forêt privée et les améliorations à apporter à la mise en oeuvre du régime forestier.
«Le bois a un avenir», soutient celui qui a évoqué une phase 2 au Rendez-vous de la forêt en réponse à une remarque duspécialiste Patrice Mangin déplorant l'absence d'un groupe de travail sur la diversification économique.
Finalement, le député de Saint-Maurice, Luc Trudel, est d'avis que «la Mauricie est prête à se redéployer dans le nouveau monde forestier».