Marie-Andrée Levasseur, présidente du regroupement Médiat-Muse.

L'avenir de Médiat-Muse compromis

La présidente du regroupement Médiat-Muse, Marie-Andrée Levasseur, qualifie de «positive» et «nécessaire» la restructuration proposée par le ministre Kotto pour venir en aide au réseau muséal québécois. Cependant, c'est surtout pour les membres du regroupement qu'elle exprime son enthousiasme, puisque l'avenir de Médiat-Muse, lui, est une fois de plus compromis.
<p>Médiat-Muse</p>
Le regroupement existe depuis 27 ans et réunit une trentaine de musées, centres d'exposition ou d'interprétation et galeries d'art de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Depuis cinq ans, les actions communes étaient financées par le projet-pilote des Cellules régionales d'expertise en muséologie (CREM).
Renouvelé in extremis l'an dernier, le financement des CREM est définitivement abandonné, de sorte que Médiat-Muse ne dispose d'aucune ressource financière gouvernementale provinciale après le 31 mars 2014.
«Pour Médiat-Muse, l'idée est de survivre jusqu'aux consultations régionales», résume Mme Levasseur en faisant allusion à ces «chantiers de concertation régionale» annoncés par le ministre Kotto et qui devraient se déployer ce printemps. On confierait à ces tables régionales le choix d'un musée-ressource qui, en quelque sorte, exercerait un peu le rôle assuré par Médiat-Muse.
«Un organisme-ressource peut être plus neutre qu'un musée-ressource. C'est comme si un grand frère devenait le père de famille qui gérait le budget», image Mme Levasseur en reconnaissant tout de même que le concept de musée-ressource peut s'avérer une bonne solution pour les régions où les réseaux comme Médiat-Muse n'existent pas ou sont plus ou moins structurés.
«Notre préoccupation est de conserver l'expertise développée depuis cinq ans avec la CREM, d'avoir la chance que la structure puisse suivre et s'adapter au nouveau contexte», conclut-elle.
Pour sa part, le directeur du Musée québécois de culture populaire Yvon Noël croit aux vertus de la consultation régionale. «Tout porte sur la démarche de consultation au printemps. Ce sera une occasion de discuter sereinement pour trouver des approches de solutions renouvelées. J'ai grandement confiance que nous pourrons établir des priorités avec rigueur et maturité».