L'auteur-compositeur-interprète d'origine gaspésienne Patrice Michaud présente un deuxième album à saveur folk et pop rock.

L'artisanat des mots

Le jour de la sortie du deuxième album de Patrice Michaud, sa petite fille célébrait son premier mois de vie. «Ça a été deux naissances en un mois. Tout a été fait avec amour!», souriait l'auteur-compositeur-interprète de passage à Trois-Rivières le lendemain du lancement de son disque Le feu de chaque jour.
Originaire de Cap-Chat, en Gaspésie, Patrice Michaud est en quelque sorte entré dans le vestibule du monde de la musique québécoise lors de son passage au Festival en chanson de Petite-Vallée en 2008, où il a mérité trois distinctions. Pour poursuivre l'analogie de la maison, disons que l'année suivante, il s'installait dans le salon en étant couronné grand lauréat du Festival international de la chanson de Granby.
C'est à Granby qu'il a rencontré David Brunet, le réalisateur de son premier album intitulé Le triangle des Bermudes, paru en mai 2011. Après la tournée suivant la sortie de ce premier album, l'artiste s'est consacré à la préparation du second.
«Ça n'a pas été le même processus de création. Je savais que j'avais une période beaucoup plus courte pour le faire. Il y avait plus d'urgence, un désir de brasser un peu plus la cage, d'être un peu plus rock and roll, plus dans l'action», observe Patrice Michaud en décrivant son deuxième opus par rapport au premier.
Réalisé par André Papanicolaou, l'album regroupe douze pièces amalgamant folk et pop rock, sur des textes pour la plupart poétiques et inspirés. Il faut dire que le jeune homme a nourri ses intérêts simultanés pour la littérature et pour la musique avant de les croiser dans une démarche de création artistique.
«J'ai commencé à lire à 15 ans. La lecture m'a amené à l'écriture. J'ai commencé à écrire de petites affaires. Je me suis rendu compte que la forme brève me convenait. Je suis allé à l'université sans savoir ce que je voulais faire dans la vie. J'ai fait des études en littérature et j'ai commencé à écrire mes propres chansons, qui n'étaient pas très bonnes...!», relate celui qui chantait depuis la fin de secondaire au sein de groupes qui reprenaient les succès des autres dans les bars.
Les textes des chansons de Patrice Michaud ne sortent pas d'un moule. «Je n'ai pas de projets de chansons. Ma cellule, c'est la phrase, ou les courts bouts de couplets. Je peux reconnaître un passage qui va être au coeur d'une chanson. Ce sont comme différents chantiers. Le premier jet est chaotique, et après, c'est de l'artisanat», explique-t-il.
Pour donner des exemples de thèmes qui ressortent des chansons de l'artiste, on peut mentionner Des hommes ordinaires, qui expose des réflexions sur le bien et le mal, dans la bouche d'un soldat qui sait qu'il ne reviendra pas, ou encore La faille de San Andreas, qui parle d'une manière énigmatique et imagée d'un couple «pris dans une union où chacun est comme un de deux aimants d'un même pôle» (selon l'explication du chanteur!).
Une autre chanson, Le crash du Concorde, tire davantage son inspiration du style musical que du texte. «C'est un rock and roll de 1958 comme je voulais le faire. On était en session d'enregistrement de l'album, et je l'ai jouée aux musiciens. Ils ont aimé! On a traversé dans le studio et on l'a enregistrée en une prise», indique le guitariste en précisant que tout l'album a été enregistré dans la formule en direct, regroupant tous les musiciens simultanément.
La tournée de spectacles débutera en mars. Le chanteur, qui privilégie l'interaction avec son public, sera de passage dans la région le 26 avril à la Maison de la culture Francis-Brisson de Shawinigan. «Il faut qu'il y ait une connexion avec le public. Je parle, je fais des monologue à travers les chansons. Je me sers de l'humour, mais des cordes sensibles aussi. Je veux que les gens passent une belle soirée, qu'ils puissent décrocher de leur quotidien», indique-t-il.