Ci-dessus, Laura-Andréanne Dupont, Marianne Longval, Pénélope Bernier et Amélie Farre, de l'École secondaire Les Pionniers, ont concocté une oeuvre évocatrice pour dénoncer la violence conjugale. Elles entourent ici leur accompagnateur, l'artiste Javier Escamilla.

L'art qui traduit les préoccupations

Le hall du Musée québécois de culture populaire et le petit salon adjacent logent actuellement l'exposition Change le monde, une oeuvre à la fois, qui se détaille en une centaine d'oeuvres réalisées par quelque 600 élèves de niveau secondaire de la région qui ont favorisé la création pour exprimer leurs préoccupations bien actuelles.
<p>Ci-dessus, une oeuvre qui suit une réflexion sur la prévention du suicide, et au mur, une autre qui évoque l'influence de plusieurs facteurs sur nos perceptions. </p>
Jusqu'au 27 avril, l'essence de leurs réflexions est offerte au grand public puisque les visiteurs du musée y ont accès à travers leur art, des pensées qui s'élaborent sur des sujets aussi importants que la prévention du suicide, la corruption, le décrochage, les changements climatiques, la liberté d'expression,la violence conjugale, l'estime de soi, la destruction des forêts, la cruauté envers les animaux, la violence physique dans les cours d'école, la distribution de la richesse dans le monde ou le manque d'eau potable dans certains pays, entre autres.
Ce sont là quelques thèmes visités par les jeunes des écoles secondaires qui, si l'on en juge par le résultat, ont effectué des recherches sur ces problématiques actuelles et ont réfléchi sur leur vision d'un monde meilleur de manière à traduire leurs perceptions en oeuvres diverses.
Voilà trois ans que les jeunes répondent à cette invitation lancée par le Forum jeunesse Mauricie et le Réseau In-Terre-Actif (secteur jeunesse du Comité de solidarité de Trois-Rivières) et qu'ils concrétisent ce projet pédagogique via leurs cours en arts plastiques. Cette année, ils étaient accompagnés par l'artiste Javier Escamilla, qui est devenu leur parrain tout au long du projet.
Pour le directeur du Musée québécois de culture populaire, Yvan Noël, la réalisation de cette exposition est d'autant plus importante qu'elle permet aux jeunes de réaliser qu'ils ont un pouvoir. «Leur travail devient accessible pour la population. Ça donne une voix à des jeunes qui peuvent penser qu'ils n'en ont pas», a-t-il noté mardi, jour du vernissage, ajoutant au passage qu'il était épaté par les oeuvres et les réflexions qui les sous-tendent.
Pour les visiteurs du Musée, il s'agit d'une agréable manière de visiter les sensibilités des élèves, qu'ils posent leur regard sur les sculptures en trois dimensions en pellicule de plastique transparents, créations des élèves du Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières; sur le grand tableau qui affiche 55 petits travaux médiatiques, une oeuvre des élèves de l'École secondaire du Rocher de Grand-Mère; ou sur les constructions en broche métallique qui abritent un univers fait de carton plâtre et de papier mâché, oeuvres des élèves de la polyvalente Jean-Nicolet.
Le Collège Notre-Dame de l'Assomption de Nicolet, le Collège Marie-de-l'Incarnation et le Séminaire Saint-Joseph de Trois-Rivières ont aussi participé à ce projet qui veut sensibiliser les jeunes aux divers enjeux de société et qui favorise le développement de leur esprit critique et leur goût de s'engager.