Le directeur général de Culture Mauricie, Éric Lord (à droite), était heureux de retrouver les oeuvres de Jeff Alarie (à gauche) sur les murs de l'entreprise Cogeco, lui qui collectionne déjà les toiles de cet artiste. Avec eux, on retrouve au centre Martin Leclerc, représentant de Cogeco.

L'art entre au bureau

Le printemps favorise actuellement les rapprochements entre les artistes en arts visuels et les gens d'affaires, et ce, grâce à deux entremetteurs de choix, soit Culture Mauricie et la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières (CCITR).
Les deux organismes ont lancé hier l'activité de réseautage L'art entre au bureau, qui tend à favoriser un maillage intéressant entre deux mondes qui ont passablement plus de points en commun qu'ils en ont l'air, observe-t-on.
Ces rapprochements se feront en trois volets, soit une exposition en sept lieux, une publication, et un cocktail qui devait réunir hier quelque 150 personnes provenant du milieu des affaires et de la culture, dans les locaux de Cogeco.
Une exposition se tiendra jusqu'au 30 juin dans des locaux de sept entreprises membres de la CCITR. À ces endroits, les employés, les clients et la population en général pourront apprécier les oeuvres d'une dizaine d'artistes de la Mauricie.
C'est ainsi que cette semaine, les toiles de Jeff Alarie sont apparues sur les murs de Cogeco; que les oeuvres de Jackie L. Poirier ont gagné les locaux de Remax de Francheville et que l'art de Marie-Josée Roy orne les lieux de PMA Assurances. Les oeuvres de Danielle Julien se retrouvent chez Lorne Gaulin Dentisterie; celles de Gilles Roux chez Desjardins entreprises, celles de Martin Cadorette et de Évelyne Boutet chez Régis Côté et associés Architectes, et celles de Catherine Lapointe, Serge Cadorette et Roxane Campeau au Centre hospitalier régional de Trois-Rivières.
Pour sélectionner tous ces artistes, on avait d'abord pris soin de faire un appel à tous les artistes en arts visuels de la région, recueillant une centaine de dossiers. De ce lot, on a sélectionné 44 artistes dont les oeuvres répondaient aux critères que l'on avait établis pour proposer ce type d'art aux entreprises. Les artistes ont finalement fait l'objet d'un tirage au sort pour gagner leur laisser-passer au sein des entreprises.
Catalogue
Dans le même esprit, on a par ailleurs lancé hier une publication qui présente les 44 artistes en arts visuels sélectionnés. À la manière d'un catalogue, on y retrouve leurs oeuvres, leurs coordonnées et une indication sur la gamme de leurs prix.
On y retrouve également plusieurs informations, notamment une liste des avantages pour les gens d'affaires de présenter des oeuvres d'art dans leurs espaces de travail, ce qui peut être perçu comme un gage de prestige.
Cette publication sera distribuée auprès des entreprises membres de la CCITR, et sera disponible en ligne sur le site internet des deux regroupements pour quiconque aimerait aussi agrémenter les aires de son entreprise.
Un mariage heureux
Pour le président du Comité Culture Affaires, Thomas Grégoire, l'objectif est de casser la perception que le monde de la culture et celui des affaires sont deux mondes opposés. Il fait d'ailleurs valoir leurs nombreux points en commun, soit le leadership, la créativité, la nécessité du risque et la valorisation de leur création, le dénominateur commun étant le talent, dit-il.
Le directeur général de Culture Mauricie, Éric Lord, est pour sa part heureux de constater que certaines études font état de bonnes nouvelles pour le milieu culturel. En Mauricie, on observe que le secteur des arts et de la culture connaît effectivement une augmentation de 37 % de sa contribution au PIB régional, note M. Lord, soulignant qu'ailleurs au Québec, cette hausse est de 24 %. Ces chiffres sont issus de l'Institut de recherches sur les PME de l'UQTR.
«À Culture Mauricie, on a procédé à une importante réflexion et on a décidé de développer l'économie de la culture», renchérit-il.
«De plus en plus, on remarque la montée de l'artiste-entrepreneur, qui doit apprendre à se vendre et à se mettre en marché. On veut se doter d'outils concrets pour les aider».