Parce que l'aide humanitaire apporte beaucoup aux pays en développement, il faut en comprendre mieux les rouages et permettre aux organisations canadiennes d'en faire encore plus.

L'aide internationale... une activité commerciale?

Un récent ouvrage du chercheur et travailleur humanitaire, Paul Cliche, soulève des questions quant aux politiques canadiennes d'aide internationale qui sont désormais clairement liées aux intérêts des grandes entreprises canadiennes.
L'aide internationale : état de situation
Les organisations de coopération internationale non gouvernementales arrivent à entretenir des liens avec les peuples que les États ou les entreprises ne pourront jamais tisser. Le Canada compte plus de 800 organisations actives en développement international qui emploient des milliers de professionnels, sans compter les dizaines de milliers de bénévoles et de stagiaires qu'elles mobilisent, au pays comme à l'étranger, pour apporter du soutien à leurs partenaires de développement.
Ces organisations oeuvrent dans plus de 140 pays en développement, où ils apportent de l'aide humanitaire et mettent en place des programmes de développement à long terme où l'écoute et l'engagement des populations locales s'avèrent primordiaux.
 La situation des organismes de coopération internationale au Québec n'en est pas moins préoccupante, notamment en matière de financement. L'Observatoire canadien des crises et de l'aide humanitaire (OCCAH) soutient que dans le contexte actuel, ces organismes seraient amenés à se détourner des besoins des plus vulnérables de la planète ou pire, pourraient devenir nuisibles à la lutte contre les inégalités.
Selon Paul Cliche, 41 % des organismes de coopération internationale québécois interrogés dans le cadre d'une étude, se retrouvent en mauvaise posture, indiquant ainsi que les nouvelles orientations du gouvernement canadien dans le domaine de l'aide étrangère, désormais axées sur le développement économique et arrimées aux entreprises privées à but lucratif, avaient un effet direct et mettaient en péril le modèle de coopération solidaire développé au particulièrement au Québec.
 Miser sur la réduction de la pauvreté
L'OCCAH s'inquiète que d'ici quelques années, il n'y ait plus de distinction entre les intérêts canadiens et l'aide internationale, alors que cette dernière ne devrait chercher qu'à répondre aux besoins des pays du Sud.
C'est d'ailleurs toujours la mission des organisations canadiennes. Le travail des organisations non gouvernementales dans les pays en développement reflète l'importance qu'a la lutte contre la pauvreté mondiale et les questions qui s'y rattachent. Plusieurs organisations s'entendent pour dire que la réduction de la pauvreté mondiale aurait des répercussions dans d'autres domaines, particulièrement le respect des droits de la personne, le renforcement de la réputation internationale du Canada, la réduction des conflits à l'étranger et la diminution des risques de pandémie.
Pour en savoir plus
 Comité de Solidarité/Trois-Rivières
 Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire
 Nations Unies
 Association québécoise des organismes de coopération internationale
 Paul Cliche, La coopération internationale, plus pertinente que jamais, Presse de l'Université Québec, 2014