Le plan directeur de l'eau au lac des Piles sera finalement adopté par le prochain conseil municipal.

Lac des Piles: objectifs «évolutifs»

Le très long processus menant à l'adoption d'un premier plan directeur de l'eau au lac des Piles ne connaîtra finalement pas son dénouement avant la fin du présent mandat du conseil municipal de Shawinigan.
La conception de ce document germe depuis la confirmation des aides financières de Québec et Ottawa, en février 2014, pour l'approvisionnement en eau potable à Shawinigan. Comme le lac des Piles constitue l'une des deux sources principales, les élus devaient s'attarder aux mesures à prendre pour protéger ce plan d'eau de façon particulière.
L'Association des résidents du lac des Piles a interpellé la Ville pour l'inviter à s'assurer d'un développement résidentiel cohérent après l'aval donné par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.
En avril 2014, le conseil municipal imposait même un moratoire sur les projets résidentiels d'envergure. La revégétalisation des berges et la navigation se sont également retrouvées au centre des débats au cours des derniers mois. 
En novembre dernier, les résidents du lac des Piles étaient invités à un atelier de réflexion sur le développement et la mise en valeur du plan d'eau. Au début de l'année, le conseil municipal interpellait le gouvernement fédéral pour obtenir des outils supplémentaires pour protéger les rives et la qualité de l'eau. En mai, le maire Michel Angers exprimait la volonté d'adopter un plan directeur avant la fin du mandat.
Le 18 juillet, la Ville invitait à nouveau les citoyens pour une mise à jour de l'avancement du projet du plan directeur. Il est maintenant acquis que le travail ne sera pas terminé avant la fin du mandat.
«Il y aura un document qui sera déposé au conseil, qui devra appuyer les orientations», explique François St-Onge, directeur des communications à la Ville. «Ça devrait être déposé après les élections.»
«On ne veut pas quelque chose qui sera figé, mais qui sera évolutif», ajoute-t-il. «On prendra des actions, on s'ajustera, on mesurera, on fera un bilan et on reviendra.»
Pour le moment, on connaît quatre grands enjeux et quelques orientations. Il s'agit de maintenir la qualité de l'eau, de sécuriser l'approvisionnement en eau potable, d'assurer la cohabitation des usages et des différentes activités nautiques et enfin, de conserver les milieux naturels.
Chaque enjeu est accompagné d'orientations, avec des objectifs à rencontrer sur un horizon de cinq ans. Par exemple, pour limiter les impacts des embarcations à moteur sur les usages actuels, le plan doit proposer une «adhésion de la majorité des usagers aux bonnes pratiques du Code d'éthique de la Ville.»
«Nous allons préciser des choses dans le plan d'action», avance M. St-Onge. «Nous sommes en train de le peaufiner, mais des choses sont déjà faites.»
Pour le contrôle des bateaux, la Ville planche notamment sur la mise en place du nettoyage obligatoire de toutes les embarcations de plaisance avant leur arrivée au lac des Piles. 
Autre exemple, la sensibilisation aux bonnes pratiques en milieu riverain qui, selon le porte-parole, donne déjà des résultats encourageants.
«Nous avons poursuivi les efforts de sensibilisation et ça fonctionne assez bien», mentionne-t-il. «C'est toujours préférable à la coercition. On veut que les gens comprennent la nécessité. À la fin de chaque saison, on fait un constat et les gens qui ne collaborent pas, l'étau se resserre autour d'eux. Pour ceux qui auront plus de difficultés à comprendre, on prendra d'autres moyens.»
Joan Hamel, présidente de l'Association des résidents du lac des Piles, souligne qu'une rencontre s'est déroulée avec des représentants municipaux le 15 septembre. 
«On comprend que ce sera encore un peu long, mais des priorités sont déjà établies», observe-t-elle. «Par exemple, la conformité des fosses septiques, la revégétalisation des rives, le lavage des bateaux... Il reste à mettre tout ça en ordre et au conseil municipal d'approuver le plan. Ça ira après les élections.»
Baisse du niveau de l'eau
Par ailleurs, les riverains remarqueront, ces jours-ci, un abaissement du niveau du lac. 
Il s'agit d'une action conforme avec les ententes prises avec le MDDELCC et le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs, également dans le cadre du projet de mise aux normes des infrastructures d'eau potable.
Des poutrelles du barrage seront ainsi enlevées pour abaisser le niveau de l'eau. Cette manoeuvre permettra une meilleure gestion de la période de fraie du touladi. Au début novembre, le niveau sera rehaussé, puis à nouveau en mai.
«Ça change un peu les habitudes», concède M. St-Onge. «Le MDDELCC nous demande une autre façon de faire. Avant, les gens le voyaient moins parce que ça se faisait un peu plus tard. Ce n'est pas un choix, c'est une demande qui nous a été adressée.»
En séance publique le 12 septembre, le conseil municipal avait adopté une résolution pour confirmer les engagements de la Ville. 
Ils impliquent aussi, notamment, de proposer au MDDELCC une entente de gestion du barrage à long terme au plus tard le 1er novembre 2019.