Environ 800 personnes se sont rassemblées à Espace Shawinigan, mardi soir, pour prendre connaissance des derniers détails entourant le projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue.

Lac à la Tortue: 800 citoyens conquis

La Ville de Shawinigan a développé une expertise dans l'organisation des soirées d'information aux citoyens touchés par un enjeu particulier au cours des dernières années. Mardi soir à Espace Shawinigan, pas moins de 800 résidents du secteur Lac-à-la-Tortue et de Hérouxville ont pris connaissance des derniers détails entourant le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc, qui débutera dans environ deux semaines. Les explications, particulièrement en ce qui concerne les coûts, les ont visiblement rassurés.
Le maire, Michel Angers, adore ces exercices et il se sentait comme un poisson dans l'eau tout au long de la soirée. Le principal risque consistait à affronter des critiques sur la volte-face du conseil municipal en ce qui concerne la facture de l'asphaltage.
L'an dernier dans la même salle, le maire avait mentionné que cette facture serait refilée à l'ensemble des contribuables de Shawinigan. La générosité du nouveau Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées, qui réduira la contribution des résidents touchés de 33 % à 17 %, a convaincu les élus de refiler cette facture aux seules unités touchées et de redistribuer cette économie dans d'autres secteurs de la Ville.
M. Angers a pris cette question de front durant la présentation. Avec le FEPTEU, le coût moyen par unité desservie par les égouts s'établira à 6800 $ et à 9400 $ pour ceux qui bénéficieront également de l'aqueduc. Avec une subvention à 66 %, la facture pour les égouts était estimée à 13 600 $ par maison, auquel montant la Ville soustrayait 808 $ si l'asphaltage était assumé par l'ensemble de la Ville. Ce qui aurait produit un coût total de 12 792 $, un montant nettement moins avantageux. Pour une unité dorénavant desservie par l'égout et l'aqueduc, le même calcul produisait un coût moyen de 17 992 $.
Bref, le FEPTEU permet aux riverains d'économiser tout près de 50 % par rapport au scénario dévoilé l'an dernier. En prenant connaissance de ces chiffres, des citoyens ont commencé à quitter la salle, visiblement satisfaits du travail du conseil municipal.
Après 135 minutes de présentation et d'échanges, le maire affichait la mine du devoir accompli. Sur les 27 questions posées, aucune ne portait sur la décision du conseil municipal de laisser la facture de l'asphaltage aux riverains. Au bout du compte, la Ville calcule qu'il s'agit de frais de 27 $ par année pour chaque unité touchée par les travaux, sur une période de 20 ans.
«Une excellente soirée!», rayonne M. Angers. «Nous avons réussi à bien expliquer l'ensemble du projet aux gens. Nous avons fait une bonne démonstration. Le conseil municipal était unanime à vouloir que ce projet se réalise. Nous n'avons eu aucune question sur les coûts, qui sont passablement moindres.»
Le maire demeure conscient qu'une lourde quantité d'information avait été diffusée au cours de cette soirée. D'ailleurs, la majorité des interventions à la période de questions touchait des cas particuliers, des citoyens qui souhaitaient s'y retrouver à travers cette mer de données. La Ville mettra en place divers outils de communication au cours des prochaines semaines pour bien guider les citoyens.
Bonnes nouvelles
Un moment amusant s'est produit à la période de questions lorsque Nadine Dufour s'est présentée au micro. Elle venait d'apprendre que la rue Dostaler serait finalement desservie par le réseau d'égout. Visiblement ravie, elle souhaitait un engagement écrit pour confirmer cette bonne nouvelle!
En début de soirée, M. Angers avait souligné que quelques heures plus tôt, il avait reçu la confirmation du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire que les 67 branchements supplémentaires demandés étaient accordés, ce qui porte le total de résidences desservies à 989 du côté de Shawinigan.
De plus, la Ville a appris que le gouvernement acceptait de prolonger au 31 décembre 2018 la date butoir pour la réalisation des travaux. Lors du dévoilement du FEPTEU l'an dernier, le MAMOT exigeait que tous les chantiers soient complétés le 31 mars 2018, un échéancier irréaliste dans ce cas précis.
«J'avais déjà indiqué au ministère, par écrit, que je ne me conformerais pas à l'obligation de terminer les travaux au 1er avril 2018», souligne le maire. «Mais dans l'appel d'offres, nous indiquions que ce serait le 31 décembre 2018. On ne pouvait pas se permettre de monter les coûts à 50 millions $, il n'en était pas question. Le ministère nous a donné raison. C'est le plus gros projet du Québec. Nous avions besoin d'une prolongation.»
Quelques inquiétudes ont été communiquées au sujet des imprévus et sur ce point, le maire assure que les entrepreneurs ont été bien avertis de s'en tenir loin.
«On va surveiller les travaux», assure-t-il. «Tout le monde est avisé. Des histoires comme celle du boulevard des Hêtres, c'est terminé. On va arriver dans nos coûts.» 
Tous les montants mentionnés mardi concernaient les citoyens de Shawinigan. Pour ceux de Hérouxville, la directrice générale, Denise Cossette, a mentionné qu'une assemblée pourrait aussi être organisée ou qu'à tout le moins, une communication serait envoyée aux citoyens au cours des prochaines semaines.
Pas de piste cyclable
Si les citoyens présents à l'assemblée d'information de mardi soir ont manifesté une déception, elle portait sur l'impossibilité de profiter de ces travaux de 43 millions $ pour aménager une piste cyclable autour du lac à la Tortue. Visiblement, impossible de se permettre cette petite gâterie en raison de la largeur de cette voie.
Le mieux que la Ville puisse faire consistera à prévoir une bande de roulement d'un mètre de largeur dans les deux directions. Grand amateur de vélo - il s'envole d'ailleurs pour une petite balade en groupe dans les Pyrénées au cours des prochaines heures - le maire de Shawinigan avoue qu'il aurait bien aimé répondre positivement à cette demande.
«Que j'aurais apprécié bénéficier de suffisamment d'espace pour une piste cyclable!», soupire Michel Angers. 
«Des terrains sont vraiment collés sur la route. Il fallait tracer une ligne pour que ce soit uniforme. Le premier déçu, c'est moi!»
À tout le moins, le conseil municipal planche sur un projet pour réduire la vitesse des automobilistes autour du lac à 40 kilomètres heure, afin d'améliorer la sécurité des cyclistes et des piétons.