Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Lac à la Tortue: l'asphaltage à la charge des résidents visés

En conférence d'information mardi matin, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a finalement confirmé que la charge des travaux d'asphaltage du projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc au lac à la Tortue serait assumée par les résidents de la zone visée.
Les coûts de cette partie des travaux sont estimés à près de 2,6 millions de dollars à Shawinigan. L'an dernier, dans la perspective d'une aide financière de 66 % du Fonds Chantier Canada-Québec, la Ville s'était engagée à assumer quelque 840 000 $ pour le pavage, afin de diminuer un peu la contribution des citoyens au projet. 
La générosité du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées diminue cette facture à 440 000 $. Plutôt que l'assumer tel qu'annoncé l'an dernier, la Ville la refile aux unités touchées par le projet. Elle profite du fait que le scénario actuel devient beaucoup plus avantageux pour les citoyens, grâce aux contributions bonifiées de Québec et d'Ottawa.
M. Angers précise que sur un millier d'unités, le coût transféré par la Ville aux résidents représente un montant de 440 $ par résidence, ou 22 $ par année pendant 20 ans.
M. Angers reconnaît que le développement résidentiel autour du lac à la Tortue ne représente pas un «nouveau secteur». En conséquence, les frais d'asphaltage devraient normalement être répartis à l'ensemble de la ville.
«Dans le contexte actuel, le choix qui a été fait, c'est de considérer ça comme un nouveau projet financé à 83 %», réplique-t-il. «Je pense que tout le monde fait une bonne affaire. À aucun endroit à Shawinigan on n'aura eu des subventions à cette hauteur.» 
Le maire se braque contre l'interprétation selon laquelle la Ville ne s'impliquera finalement que très peu, financièrement parlant, dans ces travaux tant attendus.
«L'effort que nous avons fait, c'est de choisir ce projet plutôt que les 14,5 millions $ pour les autres», insiste-t-il. «C'est un effort collectif.»
Si ce 440 $ représente un montant dérisoire pour les citoyens, on pourrait en dire autant pour la Ville, surtout dans le contexte où elle s'était engagée publiquement à payer ces coûts. Mais le maire de Shawinigan répète que dans l'état actuel des finances publiques, il n'existe pas de petites économies.
«Je ne vous cache pas que dans une stratégie de réduction de la dette, chaque dollar compte», laisse-t-il tomber.
Enfin, sans pouvoir encore donner d'échéanciers précis, M. Angers avoue qu'il négocie avec Québec et Ottawa pour revoir la date butoir de ces travaux. Le FEPTEU exige que les manoeuvres soient complétées le 31 mars 2018, un calendrier qui apparaît de plus en plus irréaliste.
«On ose espérer que nous aurons la marge de manoeuvre nécessaire», souhaite-t-il. «C'est un projet particulier, parce que c'est pas mal enclavé. Il n'y a pas beaucoup d'accès. Ça devient extrêmement complexe pour planifier comment tout ça va se dérouler.»