Michel Rousseau expose pour la première fois en Mauricie de manière permanente, sept de ses oeuvres au Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac.

La récupération au service de l'art

Alors que de vieux objets tels une roue de charrette, un plancher de maison ou encore une porte de fournaise peuvent paraître anodins pour le commun des mortels, ce n'est pas le cas pour l'artisan récupérateur Michel Rousseau qui expose pour la première fois en Mauricie de manière permanente, sept de ses oeuvres au Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac.
L'exposition présentée dans la région pour une durée de deux mois propose sept oeuvres uniques, faites de matériaux récupérés. Au menu, les curieux pourront découvrir le parvenu (d'outre-mer), le bureau moulin, le buffet infos, la chaise hippolongue, la commode sage, la table aiguisée ainsi que le 45 (tiroirs), tous des meubles aussi variés les uns que les autres, dans un décor qui se marie à merveille avec les oeuvres de l'artiste. Les intéressés devront cependant faire vite puisque plusieurs clients de Rousseau ont déjà montré leur intérêt envers les oeuvres en vente.
L'exposition aurait très bien pu ne pas voir le jour cette année, puisque l'artiste avoue y avoir songé lorsque la demande est arrivée de la part du Moulin pour une deuxième année consécutive. «Quand on me l'a demandé encore une fois cette année, j'ai dû y penser puisque j'avais déjà beaucoup de commandes, mais je trouvais que je n'avais pas assez exposé en Mauricie, alors c'était le moment», souligne Rousseau. 
Plusieurs heures et six mois de travail acharné plus tard, les oeuvres ont pris place au Moulin à peine 30 minutes avant le début du vernissage. «Moi je fonctionne vraiment sous pression donc le fait d'avoir à exposer ici, ça me donnait une date et une raison de faire d'autres meubles en même temps que mes autres projets», avoue celui qui se passionne pour la récupération depuis son enfance.
Importance de l'histoire
En plus de la beauté des oeuvres, un texte unique et charmant accompagne chacune des créations, rappelant l'histoire de chaque pièce utilisée lors de la création, un élément primordial pour l'artisan. «J'aime mieux choisir des articles qui n'ont pas de valeur, car les antiquités sont déjà des morceaux qui valent cher et ils ont déjà leur propre histoire. Moi je prends des petits bouts de ferrailles et je repère d'où ils viennent pour leur donner mon histoire à moi. Je désire leur créer leur histoire », soutient Michel Rousseau.
La facilité de visualisation de l'artiste est cependant ce qui lui permet de se démarquer des autres récupérateurs «Souvent, en voyant un morceau, je sais déjà quel va être le meuble. Si on prend l'exemple de la chaise, quand j'ai vu la charette il y a six ans, je savais que ça allait être une chaise», précise-t-il.
La demande explose
Celui qu'on a pu voir dans l'émission les récupérateurs au canal Historia au cours des dernières années ne cache pas l'engouement qu'attirent ses créations uniques. «En ce moment, je dirais qu'on ne fournit pas à la demande. Par exemple, j'ai une vingtaine de clients qui ont acheté entre cinq et 15 meubles. J'ai donc beaucoup de clients réguliers et après, ça fonctionne par le bouche-à-oreille», précise-t-il.
L'année en cours ne sera pas de tout repos pour l'artisan récupérateur qui accumule plusieurs contrats depuis quelque temps. Son agenda est d'ailleurs bien rempli et ce, jusqu'au mois de janvier prochain.
L'exposition qui se déroule au Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac se déroulera du 30 juin au 23 août prochain.